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Art & Essai ?

En Belgique, « la notion de subsides accordés aux salles « art et essai » n’est apparue qu’au début des années ’90 », explique « La tribune de Bruxelles ». « Avant, le secteur public préférait ne pas intervenir dans les rapports de concurrence » entre les cinémas, constitués sous formes d’entreprises privées. C’est la disparition progressive des salles, à mesure de l’apparition des multiplexes, qui a doucement renversé la vapeur. Mais malgré le remue-ménage initié cet été par le cinéma Arenberg-Galeries, on est encore loin d’une véritable politique culturelle en ce domaine...

Cet été, le cinéma Arenberg-Galeries a fait parler de lui. Perdant la possibilité immobilière de s’élargir à trois salles supplémentaires, "seule véritable solution structurelle" à sa situation, il estimait que son avenir était compromis. Une pétition fut lancée et la presse francophone répercuta largement l’information.
Dans la foulée, une carte blanche (1) publiée par une vingtaine de réalisateurs, exploitants et distributeurs, affichait comme solution la création d’un réseau : "Sans vouloir critiquer tel ou tel exploitant des salles d’art et essai à Bruxelles, nous pensons qu’ils doivent sortir de leur isolement et se concerter pour mettre en place un réseau commun des salles".

Un article du "Soir", quelques jours plus tard, annonçait que "Daniel Ducarme, fraîchement émoulu ministre des Arts, des Lettres et de l’Audiovisuel (Communauté française), a saisi la balle au bond. Et la fait rebondir sur le grand écran, tel un ballon d’essai de sa "méthode". (Š) "Le ministre à la double casquette ­ "Je préfère parler d’un chapeau, parce que ces deux postes sont très complémentaires" - semble en tout cas bien décidé à faire du 7e art une des cartes maîtresses de sa ville-région-capitale".
Il y déclare que sa volonté est de "mettre en réseau l’art et essai bruxellois", précisant : "En mettant en commun les cinémas art et essai de la capitale, on pourra réaliser des économies d’échelle". Et les journalistes d’ajouter : "En suggérant pareil scénario, le ministre entend également redistribuer les subsides. A l’heure actuelle, la Communauté française octroie une aide (variable) à certains exploitants seulement."

Parmi les annonces faites par le Ministre (la création d’un fonds bruxellois pour la production, un "festival de cinéma en 2004 pour fêter l’élargissement de l’Union européenne"Š), celle d’un groupe de travail, réunissant plusieurs salles bruxelloises "d’art et essai" (2) et convié à lui soumettre des propositions.
Animé par les représentants du cinéma Parc-Churchill (Liège), le groupe était conscient qu’il s’agissait "d"une mission délicate dans la mesure où chaque salle a son identité propre, un parcours extrêmement différent, des types de sociétés différentes, des personnalités juridiques différentes, et reçoit des aides différenciées voire pas d"aide des pouvoir publics belges. Tout doit donc être inventé pour trouver un dénominateur commun et des fonctionnements complémentaires".

Bruxelles : un cas à part

Il est à noter que cette réflexion, initiée autour de la survie des salles bruxelloises, n’a été menée que dans le cadre de la Communauté française, sans concertation avec la Communauté flamande.

Ainsi, quand on parle "critères" ou "définition", on lorgne souvent vers la France, où de nombreux dispositifs publics (notamment sous la houlette du Centre National de la Cinématographie) fonctionnent depuis longtemps. L’art et essai est d’ailleurs un concept français (en Flandre, on parle de "Arthouses").

Mais il ne faut pas aller plus loinŠ qu’en Communauté flamande, pour trouver un exemple qui pourrait alimenter judicieusement cette réflexion. Du côté flamand, récemment encore, toute les compétences audiovisuelles étaient aux mains du ministère de l’économie. Désormais, c’est au niveau de la culture qu’a été conçu un projet de décret sur "les initiatives culturelles dans le champ de l’audiovisuel".

Ce nouveau dispositif s’adresse aux distributeurs, exploitants, ciné-clubs, festivals petits et grands, projets itinérants, multimédia, initiatives pédagogiques, etc. Il met en avant le contenu des initiatives. Il établit une distinction entre les projets à petite ou grande échelle, les associations organisant des activités multiples (hors distribution commerciale) et enfin les festivals (généralistes, thématiques ou de genres, y compris dans le domaine des nouveaux média). Des critères généraux sont appliqués à toutes les initiatives, et des critères différenciés définis selon les catégories (par exemple : l’interaction avec d’autres domaines, les liens de collaboration, la complémentarité avec le circuit commercial, la diversité des expressions audiovisuelles, etc.).

Tout est bien qui finit bien ?

Les conclusions du groupe de travail furent remises en septembre. Elles répondaient favorablement au voeu du Ministre de voir se créer un réseau entre les "salles indépendantes d"art & essai". "Tout en étant différencié ce réseau se caractérisera par une image, un label commun, et ses membres partageront une série d"actions communes", annonce le document.

Mais il y était aussi souligné le besoin de donner une définition à "l’art et essai" et d’élaborer un cadre légal, ce travail étant "indispensable afin de pouvoir cerner les salles qui peuvent prétendre à une aide publique en fonction de la nature de leur activité".
En effet, un refinancement ne suffit pasŠ Il existe des différences importantes entre l’action des salles "art et essai". C’est pourquoi le groupe appelait de ses voeux l’instauration de "critères sélectifs qui permettraient par exemple de distinguer le travail des salles qui se limitent à la diffusion des films de qualité à celui des salles impliquées dans un projet pédagogique à destination du jeune public ou dans d"autres activités liées à l"animation d’un lieu".

Un mois plus tard, un nouvel article du "Soir" annonçait les décisions qui avaient été tirées par le Ministre. En quoi consistent-elles ? D’une part, à financer un réseau entre les salles de Bruxelles. De l’autre, en une augmentation des subventions accordées à l’ensemble des salles subventionnées par la Communauté française (4). L’enveloppe globale serait doublée. Quant à l’Arenberg-Galeries, il "voit en outre ses dettes épongées".

Culture pour les uns, bizness pour tout le monde ?

Commentant les décisions du Ministre de l’Audiovisuel, l’exploitant d’une salle bruxelloise déclare à "The Bulletin" : "Nous sommes des businessmen. Depuis des années, nous nous battons entre nous pour les mêmes films. On ne va pas miraculeusement se réinventer sous forme d’une quelconque coopérative, ce serait logistiquement impossible. Bien sûr, nous allons collaborer davantage mais l’idée d’un réseau est plébiscitée bien plus par le ministre que par tout distributeur ou gérant de salle".

Même organisées en réseau (que Daniel Ducarme souhaite appeler "Salamandre", en référence au film d’Alain Tanner !), les relations entre la plupart de ces salles seront conditionnées par la relation de concurrence qui existe entre elles. Et c’est précisément "lors d"une table ronde des exploitants indépendants réunis" cet été, que cette triste réalité est venue se confirmerŠ Plusieurs salles bruxelloises (Actor’s, Vendôme) avaient alors émis le souhait d’accueillir l’activité scolaire "Ecran large sur tableau noir" organisée depuis 1985 par les Grignoux (5), l’association qui gère les cinémas Parc et Churchill à Liège. A la "grande surprise" de ces derniers, "l"Arenberg a opposé un veto violent" à cette demande pourtant émise au sein d’un groupe censé imaginer les modalités d’un travail en réseau.

Le 10 novembre, un article du "Soir" (intitulé "La sale guerre des salles") revient sur les suites de l’incident : "De retour à Liège, les Grignoux font quelques recherches sur le web. Et là, c"est la stupéfaction : Cinédit, une ASBL liée à l"Arenberg, a enregistré depuis 2002 le logo "Ecran large sur tableau noir" au bureau des marques pour le Benelux de La Haye". Les Grignoux, s’estimant volés, "envisagent une action judiciaire pour faire radier la marque. La polémique risque donc de durer et de laisser des traces entre des salles déjà éprouvées par la crise du secteur."La lutte fratricide des salles d"art et essai est insensée", poursuit l’article. "C"est qu"au-delà de la polémique sur un logo, les enjeux économiques des activités pédagogiques sont énormes. Les matinées scolaires sont devenues une part essentielle de la fréquentation des salles. (Š) Et de ce jeune public, sensibilisé très tôt au cinéma de qualité, sortiront les futurs spectateurs qui fréquenteront les salles d"art et essai".
En réponse, le patron de l’Arenberg se déclare "prêt à étendre le concept à d"autres salles, mais en utilisant notre équipe". Mal barré, le réseau bruxellois ?

Un secteur sans règles et sans exceptions ?

Bien entendu, on ne peut qu’approuver le principe d’une augmentation budgétaire, nécessaire depuis longtemps pour ce secteur. Néanmoins, ces dispositions ont été prises en l’absence de critères. Dès lors, il semble que ce soit la taille des salles qui ait été la principale clé de la nouvelle répartition financièreŠ

Prenons le cas du Nova : son action culturelle, conçue autour de la découverte d’¦uvres inédites en provenance de tous les continents, s’écarte certes de l’exploitation cinématographique traditionnelle.
Mais alors que ce travail implique justement une préparation et des coûts financiers sensiblement plus élevés que ceux d’une programmation déterminée par le marché local de la distribution, le Nova reste le cinéma le moins fortement soutenu par la Communauté française (avec le Studio 5). Ses activités touchent pourtant quelques 40.000 personnes par an et bénéficient d’un rayonnement qui s’étend bien au-delà de Bruxelles.

Des subventions octroyées au prorata du nombre d’écrans ou de sièges par salle, ne peuvent évidemment pas tenir compte d’un travail de recherche, d’animation, avec des implications sociales ou des extensions vers d’autres disciplines. N’est-ce pas là pourtant le propre de l’intervention publique ?

Le Nova connaît bien ce discours politique qui veut que l’audiovisuel soit avant tout vecteur d’économie, d’emploi, de rentabilité. En 1999, la Communauté française voulait lui décerner le "Prix Coq" de la meilleure salle de cinéma. Devant les 750 convives du gala, l’équipe du Nova refusa le prix, soulignant le manque crucial de soutien à l’égard de son projet. Cet "incident diplomatique" suscita dans la presse cette réaction significative du ministère de l’Audiovisuel : "Il est mensonger de la part du Nova d’accréditer la thèse selon laquelle nous ne les soutenons pas. Il faut savoir que, par décret, il a été décidé que nos budgets seraient prioritairement affectés à la production. Il était dès lors prévu d’aider facultativement le secteur associatif au cas où il resterait de l’argent en fin d’exercice. (Š) La réaction du Nova nous embête. Leur attitude donne la regrettable impression de systématiquement développer une idée négative de l’institution. La Communauté française n’est pas une machine à billets". (4)

Certes, bien plus que dans d’autres secteurs, les réalités de l’exploitation cinématographique sont conditionnées par les lois de l’industrie. Mais un projet comme le Nova, organisé sur la base d’une action participative et bénévole, dont la programmation s’élabore le plus souvent de manière thématique ou dans le cadre de partenariats associatifs, n’est pas concerné de la même manière par ces problématiques, ni par la concurrence qu’elles engendrent.

"Nous sommes des businessmen". Les auteurs de la carte blanche ayant lancé l’idée d’un réseau, ne disaient pas autre chose. Analysant ce qui constitue les principaux enjeux liés à la survie des salles "d’art et essai", ils écrivaient :
"1. L’exploitation de salles pour films à forte valeur artistique ajoutée doit reposer essentiellement sur une très petite équipe, sur son dynamisme, sur son crédit professionnel, ses relations, sur son savoir-faire, son savoir-programmer.
2. Une salle d’art et essai, comme on les appelle souvent, n’est jamais qu’une des facettes de la commercialisation du cinéma en général, elle s’inscrit dans un contexte très complexe de la distribution et de l’exploitation des films (Š).
3. Une salle de cinéma est aussi une PME, avec ses frais fixes, ses différentes contraintes, ses risques et ses aléas. Si le marché du cinéma a été en croissance ces dernières années, il connaît une baisse de fréquentation qui met d’autant plus en péril les salles à faible marge bénéficiaire".

Sans vouloir se prévaloir d’une vertu exceptionnelle dans ce monde-là, le Nova ne peut pourtant se reconnaître dans les prescrits énoncés ci-dessus. Il ne correspond pas à la définition (française) de "l’art et essai" et n’est pas "une PME". Son équipe est large, fluctuante et n’est pas constituée de businessmenŠMais comment faire comprendre, accepter et reconnaître cette différence ? Une question à laquelle le Nova n’a toujours pas trouvé de réponseŠ

(1) "Pour que vive le cinéma d’art et essai", "La Libre Belgique", 22/06/2003.
(2) Actor’s Studio, Arenberg-Galeries, Nova, Studio 5, Vendôme.
(3) Pour Bruxelles, les chiffres cités sont : Arenberg (2 écrans, 120.000 euros), Vendôme (5 écrans, 50.000 euros) Actor’s Studio (3 écrans, 37.500 euros), Studio 5 et Nova (1écran et 25.000 euros chacun). Dans un autre registre, les dernières salles de quartier à Bruxelles (Movy Club, Styx) sont moins bien loties puisqu’elles risquent de ne recevoir aucune aide.
(4) "Le chant du coq, le cri du cygne", Philippe Ledent, in "Le Matin", 01/02/1999.
(5) Les Grignoux en assurent "la programmation, éditent les dossiers, fournis aux cinémas partenaires au prix coûtant. Outre l"Arenberg, à Bruxelles, de nombreuses villes wallonnes travaillent en partenariat avec les Grignoux, de Verviers à Tournai en passant par Libramont".



A propos de quelques termes ou notions évoqués dans cet article

ART & ESSAI

"Les cinémas d"art et d"essai sont des salles de spectacle cinématographique dont les programmes sont composés (dans des proportions définies ci-après) d"¦uvres présentant les caractéristiques suivantes :
… films possédant d"incontestables qualités mais n"ayant pas obtenu l"audience qu"ils méritaient ;
… films Recherche et Découverte, c"est-à-dire ayant un caractère de recherche ou de nouveauté dans le domaine cinématographique ;
… films reflétant la vie de pays dont la production cinématographique est assez peu diffusée en France ;
… films de reprise présentant un intérêt artistique ou historique, et notamment considérés comme des "classiques de l"écran " ;
… films de courte durée, tendant à renouveler l"art cinématographique.
Peuvent également être compris dans les programmes cinématographiques d"art et d"essai ;
… des films récents ayant concilié les exigences de la critique et la faveur du public et pouvant être considérés comme apportant une contribution notable à l"art cinématographique ;
… des films d"amateurs présentant un caractère exceptionnel".
(Définition des salles classées art et essai, Centre National de la Cinématographie, France)

"Un film d’art et essai est indépendant sur un plan esthétique lorsqu’il s’affranchit des contraintes et paramètres relatifs à un modèle filmique préétabli (au niveau de la forme et du fond). Un cinéma d’art et essai (sa structure de diffusion) peut requérir le qualificatif d’indépendant quand il a le libre arbitre en ce qui concerne le contenu de sa programmation".
("Le cinéma d’art et d’essai", Agnès Villette)

INDEPENDANT

"Se dit d’un artiste qui ¦uvre à l’écart des courants esthétiques majoritaires".
(Larousse)

"Notion qualitative traduisant la situation d’une unité économique qui a pu se défaire ou se préserver de l’empire de structure ou des effets de domination d’une ou des autres unités".
(Lexique économique)

DISTRIBUTION

"Aujourd’hui, il n’est plus possible de se consacrer à la diffusion spécialisée et exclusive des films "art et essai" car les marges bénéficiaires générées par ceux-ci ne suffisent plus à entretenir une structure capable d’assurer un travail de distribution de qualité. En d’autres termes, il me semble qu’il ne sera dorénavant possible de diffuser ces films que si ceux-ci ne constituent qu’une part, marginale ou non, de l’activité générale d’une société. Ceci d’autant plus que par la concurrence effrénée de la part des sociétés plus importantes qui ont pour objectif de couvrir l’éventail complet des genres de films, les prix de ces films « art et essai » ont grimpé loin au-delà de leur valeur marchande, la valeur de prestige en tenant lieu. (Š)
Pour compenser la faiblesse de la fréquentation en salles de certains films, les ventes à la télévision ont toujours joué un rôle important. Cependant, depuis quelque temps, les programmateurs de nos chaînes publiques et payantes nous on lancé des avertissements de plus en plus insistants sur le changement de politique de leurs programmations. Là aussi, et malgré des exceptions, la règle est la même : il faut viser plus large. (Š)
On peut se poser des questions sur l’avenir, car le phénomène qui nous frappe n’est pas national mais européen. Si les petites structures spécialisées sont appelées à disparaître, qui remplira à l’avenir la fonction de « découvreurs », qui acceptera de mettre sa structure au service de films pas rentables ou déficitaires ? (Š) Et presque tous les auteurs naissent petits. Le risque est réel d’assécher le renouvellement des talents et la diversité".
("La fin de Progrès Films", Grace Winter, juillet 2002)

PRESSE

"Il n’a sans doute échappé à personne que la cinéphilie "régulière" est en recul. Bien sûr, il existe encore quelques exceptions sporadiques, mais en général la curiosité pour ce qui n’est pas encore "reconnu" s’est quelque peu émoussée chez le spectateur et ne revit que par le biais d’événements spéciaux ou de festivals (Š). Il y a à cela de nombreuses causes (parmi lesquelles l’émergence de nouvelles formes audiovisuelles) mais le rôle des médias n’y est pas étranger. Il ne s’agit certainement pas de mettre en cause des journalistes individuels, mais plutôt une politique rédactionnelle qui se contente le plus souvent de n’être qu’un décalque des goûts du plus large public et n’accordant qu’une place et une attention réduites aux films qui sortent des sentiers balisés".
("La fin de Progrès Films", Grace Winter, juillet 2002)

"On essaie de mettre les petits et les grands films sur le même pied, sans créer de ghettos. Mais en l"absence d"une vraie presse de cinéma, les critiques se retrouvent dans les rédactions de journaux populaires qui ont certaines politiques éditoriales. (Š) Ici au "Soir", on n"est que 2 à s"occuper de cinéma. On n"a jamais le temps de voir tous les films, et on agit souvent dans l"urgence. (Š) Les distributeurs américains sont devenus d"une brutalité inouïe avec la presse. (Š) Ils considèrent que parler d"autres films que les leurs, c"est de l"espace volé. (Š) Il y a donc aujourd"hui des "films obligatoires", dont personne ne pourra éviter de parler. Bien sûr, cela me pose un problème d"éthique mais je refuse souvent les concessions... Disons que je résiste à 60%".
(Interview de Luc Honorez, Nova#16, juin 1998)

AIDES EUROPEENNES

"Certains pourraient penser que les aides dispensées par le programme Media pourraient compenser et aider l’activité des distributeurs qui focalisent leur activité sur le secteur culturel, de découverte. (Š)
La logique du plan Media est essentiellement une aide à l’industrie cinématographique européenne, destinée à lui assurer une position concurrentielle plus favorable face à la puissance du cinéma américain. Ses articulations internes ont pour conséquence de renforcer économiquement les distributeurs ayant les films les plus commerciaux et de favoriser de ce fait la concentration de la distribution dans les mains d’un petit nombre d’opérateurs. (Š)
Le plan Media n’a pas de finalité culturelle, il ne vise pas la pérennité d’un réseau d’entreprises plus "artisanales" qui oeuvrent pour un cinéma de recherche. En effet, c’est l’élément quantitatif qui est déterminant aussi bien dans l’aide sélective (priorité aux films qui ont le plus de distributeurs européens - donc les films qui ont le plus de potentiel public) que dans l’aide automatique (subsides attribués selon le nombre de tickets vendus, quelle que soit la qualité artistique des films)".
("La fin de Progrès Films", Grace Winter, juillet 2002)



Coq en stock

en 1999 déjà

"Recevoir ou rejeter ? Le dilemne épineux auquel l’équipe du Nova s’est trouvée confrontée (en 1999), comme lauréate du prix "Coq" de la Communauté française (Š). Après de longues délibérations, la renonciation au prix s’est faite autour d’un consensus de la plupart des membres : accepter le prix reviendrait à reconnaître qu’un projet peut être porté par la seule énergie de ses auteurs et légitimerait une démarche d’autofinancement. Le refus mettait en évidence le manque de soutien de la part de l’Institution".
("A la recherche de la toile pedue", Patricia D’Oreye, in "Vu d’ici", printemps 2003)

"Le jury a eu la délicieuse idée d’honorer le cinéma alternatif Nova (Š). Devant un parterre stylé, 15 peïs et meïs, un chouia trash, ont capté le micro pour toucher la sage assemblée d’une voix étranglée d’émoi : "Nous ressentons une certaine gêne à accepter ce prix d’une institution qui, depuis le début du projet, a si peu cherché à nous soutenir, pour des raisons dont la logique nous échappe. A moins qu’il s’agisse d’une récompense pour avoir réussi à survivre par nos propres moyens ? C’est pourquoi, au prix d’une intégrité que certains trouveront peut-être naïve ou inappropriée, nous préférons refuser ce prix". Deux secondes de silence béat, puis tonnerre d’applaudissements".
("Le Nova plume son coq en toc", Julien Bosseler, in "Le Soir", 31/01/1999)



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