Dans le cinéma pré-Code, il y a de la place pour des rôles de femmes émancipées qui ne craignent pas de jouer avec les tabous et de remettre les hommes à leur place, voire de les utiliser comme eux peuvent utiliser les femmes. Et c’est là qu’elles marquent leur supériorité, en jouant le jeu des hommes, décontenancés face à des femmes fortes qui assument leurs ambitions sociales, leur sexualité etc. Comme les gangsters, au masculin, elles questionnent et bousculent la société, ses lois et son autorité pour y trouver une place. Plutôt que la force, elles utilisent leurs charmes. Ces personnages peuvent être subtils et ambigus, ont leurs raisons et ne sont pas forcément présentés sous un jour négatif, ce qui est évidemment inacceptable !
Ici, Barbara Stanwyck joue Lily Powers (!), qui quitte sa vie sordide pour New York où elle va gravir les échelons de la société, en même temps que les étages du building où elle travaille, en séduisant les hommes, puis en les jetant pour mieux s’intéresser à leur supérieur. L’ambiguïté morale va pousser certains États à refuser le film. Avant 1934, la pression commerciale pouvait déjà se faire sentir. La Warner va le remonter : quatre minutes sont amputées et le discours libérateur est atténué. Ce n’est qu’en 2005 qu’une copie du premier montage est retrouvée. C’est bien sûr celle-ci que nous vous présentons. Elle est suivie d’une petite analyse comparative des deux versions.
Baby Face
Réalisation
Année
1933
Pays
États-Unis
Format
35mm
Version originale
Sous-titrage
fr
Durée
76 min.
Copie
Library of Congress
Droits
Park Circus
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Séances
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06.12.2013
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22.12.2013 > 21:00 |