En 1952, Anita Conti embarque pour six mois à bord d’un chalutier qui parcourt l’Atlantique Nord à la recherche de morues. Elle partage le quotidien éprouvant des marins lors de cette longue campagne. Munie de ses appareils photo et de sa caméra, elle documente les gestes du travail, la fatigue et la solidarité à bord. Ses carnets et ses images composent un récit sensible qui témoigne de l’immersion de la première femme océanographe française dans un milieu exclusivement masculin, où les corps des hommes sont mis à rude épreuve. Pour Conti, l’océanographie est une discipline ’’totale’’ : comprendre la mer, c’est aussi raconter celles et ceux qui en vivent. Après avoir monté une pièce sur les femmes océanographes, Louise Hemon nous propose un film dont l’approche sensible permet à Anita Conti elle-même de prendre du recul sur ses images.
+ La Boucane
Pour raconter l’économie qui s’est construite autour de la morue, il faut aussi quitter la mer et entrer dans les ateliers. Vingt ans après le voyage d’Anita Conti, un photographe s’immerge dans la fumée et la chaleur des ateliers de la Boucane à Fécamp pour documenter la préparation de la morue. Ce photographe, c’est Jean Gaumy, qui filme les femmes salant et fumant le poisson comme on le fait ici depuis des générations.