#188

  • jeu 08.12 > 18:30

    Quelles formes de récits pour hacker les imaginaires ?   [Rencontre]

    Africa Is/In the Future

    Face aux grands récits dominants du néolibéralisme et son cortège de destruction et d’injustices sociales, des artistes et penseur⋅ses expérimentent des formes de narration ou de représentation nouvelles, capables de « hacker » les esprits et les imaginaires sociétaux porteurs de futurs vivables. Cette rencontre fera dialoguer le thème du festival Africa is/in the Future, « Adventures in speculative fiction », avec celui du Journal de Culture & Démocratie n°55 − Récits.
    La soirée rassemblera des personnes qui expérimentent ou réfléchissent à des formes de narration hybrides, qui mobilisent ou suscitent d’autres imaginaires sur nos sociétés et ses grands récits, à travers un travail nourri par les cultures des Afriques et de leurs diasporas.
    Avec la participation de : Eli Mathieu-Bustos (danseur, interprète et chorégraphe), Toma Muteba Luntumbue (historien de l’art, artiste-plasticien et commissaire d’exposition), Peggy Pierrot (travailleuse intellectuelle) et Imis Kill (rappeuse et illustratrice).
    Performance live de l’artiste contemporaine pluridisciplinaire Lázara Rosell Albear.
    Modération : Renaud-Selim Sanli (Librairie Météore et membre de Culture & Démocratie).
    Dessin : Joanna Lorho

  • jeu 08.12 > 21:00

    Neptune Frost   [Film]

    Africa Is/In the Future
    Saul Williams & Anisia Uzeyman, 2022, RW, DCP, vo rw st ang, 105'

    Neptune Frost est l’histoire d’amour musicale entre un.e hacker africain.e et un mineur de coltan en fuite. Ayant fui la mine de coltan où il était exploité, Matalusa rencontre Neptune, hacker intersexe. Ils sont réfugiés dans une zone pirate où sont entreposés et recyclés des déchets électroniques dans lesquels vit une communauté qui espère de renverser le régime autoritaire qui contrôle la région. De cette union naît une déflagration cosmique, virtuelle et surpuissante. Saul Williams est surtout connu pour ses activités de poète, slammeur et musicien. On a pu le voir sur grand écran notamment dans "Slam" de Marc Levin ou "Aujourd’hui" d’Alain Gomis. La co-réalisatrice du film, la Franco-Rwandaise Anisia Uzeyman, est une actrice et autrice polymorphe. Elle a déjà réalisé en 2016 un premier film, "Dreamstates", dans lequel Saul Williams a joué à ses côtés.

  • ven 09.12 > 20:00

    The Last Angel of History   [Film]

    Africa Is/In the Future
    John Akomfrah, 1996, GB-GB, video, vo ang , 45'

    Dans les années 1930, Robert Johnson a vendu son âme au diable afin de pouvoir jouer du blues. En échange, il reçut une technologie qui allait produire l’histoire de la musique noire. 200 ans plus tard, un autre personnage itinérant, le voleur de données, vend son âme pour connaître son avenir. On lui a demandé d’aller dans le passé (notre présent) et de déterrer les spéculations de la culture noire sur l’avenir. Assemblez ces spéculations et vous trouverez le secret de la technologie noire qui débloquera votre avenir..... Un voyage retro futuriste 90’s à souhait, qui explore les marges de la culture noire, trace une nouvelle interface, hybride, de son époque, établissant des connexions et une esthétique particulière qui inspire l’Afrofuturisme d’aujourd’hui tout en convoquant Sun Ra, Nichelle Nichols (l’Uhura de Star Trek)‘, George Clinton à Lee Perry, A Guy Called Gerald, Goldie et Underground Resistance. John Akomfrah est né à Accra au Ghana en 1957, et vit et travaille à Londres. Ses œuvres portent essentiellement sur la mémoire, le postcolonialisme, la temporalité et l’esthétique. Il a cofondé l’influent Black Audio Film Collective en 1982.

  • ven 09.12 > 21:30

    Black Narratives Composing Alternatives   [Performance]

    Africa Is/In the Future
    Fallon Mayanja, Jhaya Caupenne, Eli Mathieu-Bustos,

    Comment la diaspora noire peut-elle créer et partager ses propres récits ? Comment imaginer le passé et se souvenir de l’avenir ? Fallon Mayanja s’intéresse à la pratique de l’écoute sous ses différents angles, qu’ils soient physiologiques, politiques ou sociaux. Ses recherches sur les textures sonores mêlant synthétiseurs analogiques, logiciels de programmation, enregistrements et archives vocales tirées d’internet, génèrent des compositions organiques qui interrogent les relations entre les êtres (qu’elles soient privées, sociales ou environnementales) et travaillent les identités par la mise en scène de corps et de voix hybrides, ou souvent considérés comme « autres ». Sa production artistique conduit à une analyse de l’audible et de l’inaudible, du visible et de l’invisible, du mutisme et de l’indicible des sujets et objets sonores.

  • ven 09.12 > 22:30

    DJ Set NMSS

    Africa Is/In the Future

    Membre d’"Underground Feelings collective", Strasbourg et résident sur Kiosk Radio.

  • sam 10.12 > 20:00

    Journey into sound : from world music to hybrid music   [Table Ronde]

    Africa Is/In the Future

    Pour un regard critique sur la notion de musique du monde et une exploration des nouvelles formes de musique hybride. La distinction entre musique et "musique du monde" maintient une séparation coloniale entre "l’Occident et le reste", tout en générant un outil marketing efficace. Nous avons le canon occidental d’un côté, et le reste de l’"autre", c’est-à-dire tout ce qui n’est pas de la musique européenne ou américaine. En fin de compte, le terme fait référence de manière irréfléchie et pseudo-affirmative à la culture de "l’autre", ce qui inclut également les idées de "primitif" ou d’exotique. Et bien qu’il s’agisse d’une diversité musicale très différenciée, tout est mis dans le même sac. Avec la définition de "musique hybride", nous faisons référence à une musique transculturelle, à un échange approfondi d’approches et d’idées, réalisé sur un pied d’égalité. La musique électronique, berceau musical et créatif du XXIe siècle, est en quelque sorte l’enfant terrible de l’hybridation culturelle. Cette nouveauté dans notre paysage musical ne rencontre aucune barrière, et se répand sur l’ensemble du globe. On peut alors s’interroger : l’hybridation culturelle est-elle synonyme d’appropriation ? Peut-on s’estimer légitime à produire un genre musical appartenant à une culture différente de la nôtre ? Comment la musique électronique utilise-t-elle le métissage culturel ? N’est-ce pas là sa valeur première ? Pour en discuter, nous aurons le plaisir d’accueillir tous les DJs qui animeront la soirée : Pete Buckenham (On the Corner Records), Alai K, Guedra Guedra, Sylvia Iweanya, et Ehua.
    Modération : Priscilla Kristy Lowe (Bona Léa).

  • sam 10.12 > 21:30

    Concert Alai K   [Concert]

    Africa Is/In the Future
    Alai K,

    Alai K est un DJ, producteur, musicien et auteur-compositeur originaire du Kenya et basé à Berlin, créateur du collectif de hip-hop Ukoo Flani. Il est sorti sur des labels célèbres comme Nyege Nyege Tapes, Hakuna Kulala, Byrdout music et sur On the Corner records. Il combine la musique électronique, les instruments live rythmes mijikenda, la musique chakacha et benga, et de donner aux artistes africains une place dans la culture de la musique de danse.

  • sam 10.12 > 23:00

    Party   [DJ set]

    Africa Is/In the Future
    + Live Set : Guedra Guedra
    Guedra Guedra,
    + DJ Set : Ehua
    Ehua,
    + DJ Set : Sylvia Iweanya
    Ill Syll,
    + DJ Set : Pete Buckenham
    Pete Buckenham,
  • dim 11.12 > 20:00

    Cobra Films   [Film + rencontre]

    Micro ouvert pour Anne Deligne

    En 1987, lorsque naquit Cobra Films, le paysage de la production audiovisuelle belge était bien différent de celui auquel les cinéastes ont affaire aujourd’hui. Le documentaire étant encore un genre marginal peu produit, chacun construisait sa maison de production pour fabriquer un film. C’est ainsi qu’avec le désir de faire le film Sango Nini, Daniel De Valck et Anne Deligne montèrent leur propre structure. Le CBA, un des premiers ateliers de production soutenant le cinéma documentaire, existait déjà, mais Anne voulait "avoir les mains libres", ne pas être obligée de se conformer au regard d’une institution quand bien même elle favorisait un cinéma du réel. Le film Sango Nini fut réalisé, il entraina la production d’un autre film sur l’Afrique et encore un autre qui se penchait sur le fonctionnement et les imaginaires d’un pays communiste, crédo qui anima les fondateurs de Cobra films tout au long de leur parcours. Voilà comment de film en film, sans stratégie ni ligne éditoriale, avec le sentiment que chaque film sera le dernier, Cobra films se consolida et développa une façon de produire le cinéma autrement, dans un rapport de complicité et d’engagement auprès des cinéastes.

    + Un moment de douceur
    Anne Deligne & Daniel De Valck, 2009, BE, fr st fr, 68'
  • jeu 15.12 > 20:00

    Open Screen   [Courts métrages]

    Varia

    Depuis le début du cinéma Nova, l’Open Screen vous invite à venir montrer librement vos films sur grand écran. Quels que soient leur genre et format, que ce soit votre première œuvre cinématographique ou le fruit de longues années d’expérience, tous les films proposés seront projetés, à la seule condition de ne pas dépasser 15 minutes. Vingt-cinq ans que cette opportunité existe et est accessible gratuitement, pour un public souvent nombreux qu’il ne tient qu’à vous de surprendre ! Alors n’hésitez plus, et envoyez vos films accompagnés d’une fiche technique au moins une semaine à l’avance.

  • ven 16.12 > 20:00

    The Final Scene   [Prima Nova]

    Varia
    Eyas Al Mokdad, 2022, BE, DCP, vo ar st ang, 97'

    Comment donner un sens au conflit ? Lors des dix dernières années, plusieurs films ont essayé, et souvent réussi, à tenter de faire comprendre le conflit que traversent, subissent et vivent certains pays de la région que l’on appelle le Proche-Orient. Souvent documentaires, ces films ont en commun le besoin de témoigner : que se passe-t-il quand le conflit qui était en fait révolution et puis progressivement ne devient plus que "guerre" ? La guerre de Syrie. Toujours en cours, qu’était-elle au stade originel ? Et que sont devenus les élans de liberté et d’émancipation sur ces dix dernières années. Surtout, que sont devenues les personnes y ayant pris part, y ayant cru et s’étant battu pour ? Que sont devenus leurs familles, leurs amis, leurs villes de naissance et leurs métiers ? Lorsque le besoin de raconter devient une condition de survie voire, un besoin de sauvegarder la mémoire. Non seulement familiale, mais à échelle collective. Pour tout le monde.

  • sam 17.12 > 20:00

    Nucléaire solitude   [Conférence gesticulée]

    Varia
    Comité Imbaisable, 2022, FR, 150'

    Sur la ZAD de Bure dans la Meuse les militants ne se limitent pas à lutter contre le projet d’enfouissement des déchets nucléaires, ils y pratiquent aussi le polyamour. Héma et Hétonque toutes deux minées par la solitude et reliées par une quête étouffée d’amour, s’avouent le sentiment que quelque chose ne tourne pas rond dans cette micro-société qui déconstruit l’amour à coup de brochures didactiques et de prise de pouvoir déguisée en relique libertaire. Ensemble elles entament un long parcours qui consiste d’abord à briser la loi du silence, puis à comprendre que les émotions ne sont pas des déchets radioactifs, à les identifier et surtout à les assumer. Cette traversée dans les nymphes de la persistance insidieuse du patriarcat a pris la forme d’une conférence gesticulée, où avec humour et brio, nos deux personnages dissèquent les comportements ataviques qui nous empêchent de dénoncer haut et fort un ordre social fondé sur l’humiliation et la domination des genres et des classes. Une représentation unique d’un spectacle qui participe activement à nous sortir des tabous !

  • dim 18.12 > 18:00

    Les Messieurs   [Film]

    Be Brut
    Patric Chiha, 2005, FR, DCP, vo de st fr, 52'

    Sans autres commentaires que les textes ou les mots imaginés par les artistes, avec des plans qui donnent la mesure du temps et de la création artistique, nous entrons dans l’univers singulier de cette institution non moins singulière. À la Maison des Artistes de l’hôpital psychiatrique de Gugging, près de Vienne en Autriche, quatorze peintres et poètes vivent et travaillent. La création s’y fait librement, sans animateur, en toute autonomie. Nous les suivons dans leur pensées, leurs rituels, leur production, dans une grande simplicité. Une organisation assez unique qui fonctionne toujours actuellement, et rappelle que les ateliers ont été surtout mis en place dans le sillage de la psychothérapie institutionnelle.

  • dim 18.12 > 19:00

    World Star   [Film + débat]

    Be Brut
    Natasa von Kopp, 2007, DE-SK-CZ, 16mm > video, vo cs st ang, 72'

    Tout semble paisible dans ce village tchèque, Miroslav Tichý est une figure locale, plutôt hirsute et rustique mais avec une vie sociale simple entre voisins. Il fait des photos de son entourage proche sans regarder dans le viseur car ça lui vient de l’intérieur. Il peint aussi. Pourtant tout cela lui paraît sans intérêt. Ce qui n’est pas de l’avis de galeristes berlinois, qui invitent des artistes à rencontrer Miroslav, puis des journalistes, des historiens… Tous sont enthousiastes. Lui ne veut rien entendre, il ne cesse de leur dire de sortir, qu’il ne veut pas d’exposition. Et pourtant, ses travaux se vendront à prix d’or, encensés par la critique… Ce film magnifique, à la superbe photographie, est généreux en œuvres. Il est aussi une parfaite illustration du manque de scrupules que le marché de l’art peut avoir face à ces artistes vulnérables, déconnectés de la réalité marchande et du star-system.

    - La projection du 3.12 de la version 52’ du film (4€/3€) sera suivie d’un débat ponctué d’extraits de films, avec Tatiana Veress, directrice d’Art et marges musée à Bruxelles ; Éric Gauthier, directeur de la Galerie du moineau écarlate à Paris ; Philippe Lespinasse (cf. la séance précédente) dont le prochain film, "Les Bruts", traitera des marchés de l’art brut.

    - Le 18.12 sera projetée la version longue du film (6€/‘4€)

  •    dim 18.12 > 20:30

    Eternity Has No Door to Escape   [Film + rencontre]

    Be Brut
    Arthur Borgnis, 2017, FR, DCP, vo fr st ang, 80'

    Dans ce documentaire sans cliché, les faits historiques, sociétaux et culturels de chaque époque sont mis en perspective pour donner à comprendre ce qu’est l’art brut depuis ses débuts jusqu’à nos jours. L’aventure démarre au début du XXe siècle dans l’hôpital psychiatrique du Dr Prinzhorn, qui souhaitait repenser l’art et la maladie mentale. Puis les surréalistes s’emparent de cette créativité sans limite, le spiritisme voit certains de ces artistes comme connectés directement aux esprits, la psychothérapie institutionnelle veut "dépasser l’exhibitionnisme pour rencontrer l’autre", alors que les nazis en leur temps les fustigeaient d’art dégénéré. Après-guerre, Jean Dubuffet parle d’"art brut" qu’il déplace sur un autre terrain que celui de l’esthétique conventionnel, convaincu que la folie des marginaux de toutes sortes permet de développer d’autres facultés… Le film montre les filiations et les polémiques au fil du temps. Riche en archives, portraits d’artistes et œuvres, il termine sur l’évocation de deux ateliers belges !

    En présence du réalisateur le 18.12

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