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Pierre Carles

Ancienne "tête brûlée" des télévisions françaises auxquelles il ne participe plus que rarement, Pierre Carles est devenu praticien d’un cinéma documentaire bricolé à peu de moyens, tourné vers la critique des médias, indépendant, autofinancé et diffusé principalement dans les salles de cinéma. Déjà venu à plusieurs reprises au Nova où il a présenté notamment "Pas vu pas pris", "Enfin pris" et "La sociologie est un sport de combat", il est de retour avec deux nouveaux films, dont le très attendu "Volem rien foutre al pais", chacun réalisé en collaboration avec d’autres documentaristes.


Volem rien foutre al pais

A l’origine, il y a le projet de trois réalisateurs de se lancer dans la réalisation d’un film sur le refus du travail. Un long processus qui donnera lieu à un premier film en guise d’apéritif : c’était "Danger travail", pamphlet jubilatoire sur les déserteurs du salariat, sorti il y a déjà trois ans. Aujourd’hui, voilà enfin "Volem rien foutre al pais", dont la sortie française est prévue en mars prochain.
Dans une approche très éloignée de "Pas vu pas pris" ou "Enfin pris", les réalisateurs ne se contentent pas d’un discours critique à l’adresse du salariat ou de l’idéologie travailliste. Si un portrait caustique du patronat et du monde politique est bien présent dans le film, c’est surtout à des hommes et des femmes bien décidés à ne plus accepter les règles du "marché" que s’attache "Volem rien foutre al pais". Loin de l’image du chômeur accablé ou déprimé, ces "sans-emploi qui n’en demandent pas pour autant", ces "déserteurs de la guerre économique" expliquent ouvertement pourquoi ils cherchent à s’épanouir en dehors du monde du travail, avec peu de ressources mais en disposant de leur temps. Plus que briser des tabous, le film mène un questionnement rarement porté à l’écran : s’il y a bien des motifs de refuser le travail aliéné et que certains y parviennent à titre individuel, est-il permis d’envisager son dépassement sur un mode collectif ?
Pierre Carles, Christophe Coello et Stéphane Goxe sont allés à la rencontre de groupes, en zones urbaines ou rurales, qui cherchent collectivement des manières de vivre autrement, de s’autonomiser, de vivre hors du consumérisme ? Ce qu’ils expriment à la caméra, c’est leur volonté de reprendre leur vie en main sans plus attendre les lendemains qui chantent ou se contenter de coller des affiches le proclamant.

11.01 > 20:00
Ni vieux ni traîtres

Dans les années 70, des anarchistes français luttèrent avec leurs camarades catalans contre l’Espagne franquiste finissante. Pour financer leurs actions subversives, ils multiplièrent hold-up et braquages de banques. Au milieu des années 80, certains de ces "libertaires" passèrent à l’action "directe" anti-capitaliste en revendiquant l’assassinat de patrons comme celui de Renault. D’autres refusèrent catégoriquement de recourir à ce type de violence, sans toujours se désolidariser de leurs anciens compagnons de lutte. A l’heure où tant d’ex-soixante-huitards ont accèdé au pouvoir en reniant leurs engagements passés, ces rebelles prétendent avoir mis en conformité leurs convictions et leurs actes, et quelquefois le payent, comme Jean-Marc Rouillan, de longues années de prison.
A l’époque du tout-à-l’antiterrorisme, ce film ouvre le débat sur la légitimité de la violence et la fidélité des choix politiques. Voilà l’intention des cinéastes, qui sont ainsi allés à la rencontre d’anciens partisans de la lutte anti-franquiste anarchiste des années ’70 : Joëlle Aubron, Annie Desseaux, Jacques Garcin, Jean Halfen, Gilbert Roth, Jean-Marc Rouillan ?
Présenté à Paris en 2004 dans sa première version, le film provoqua un débat passionné, poussant Pierre Carles & Georges Minangoy à se questionner et à intégrer de nouveaux éléments au montage. Le résultat est à cent lieues des effets et du style d’un "Pas vu pas pris", se concentrant plus sur le sens que sur la forme et chemine doucement des petites histoires racontées par les protagonnistes, à la grande histoire qui fait ce film.

En présence de Pierre Carles.

13.01 > 20:00
Do you Remember Revolution ?

Vers la moitié des années ’70 Adriana, Barbara, Nadia et Susanna avaient à peine plus de vingt ans quand elles déciderent de tout quitter, la famille, les amis, leur vie sociale, pour adopter la lutte armée. Elles rejoignirent les Brigades Rouges, considérées le plus grand groupe terroriste italien de l’après-guerre, et toutes en devinrent des figures centrales. Susanna s’associera plus tard à Prima Linea, autre groupe terroriste. Après plusieurs années de lutte et de clandestinité elles furent arrêtées et condamnées à 67 ans de prison ou à la perpétuité.
Des années plus tard, devant la caméra de Loredana Bianconi, elles acceptent de raconter les raisons qui les amenèrent à faire ce choix radical qui bouleversera leur vie ainsi que celle d’un pays. Elles évoquent le début des années ’70 en Italie, une période marquée par d’importantes contestations sociales et par une volonté de rébellion. Ces années-là il y avait aussi l’IRA, l’ETA, l’Angola, le Vietnam, le Chili, le Che et Mao ?Elles expliquent pourquoi le choix de faire usage de la violence, tout en osant aussi raconter les erreurs, les crises au sein du groupe, les déchirures qui s’ensuivirent.
Loredana Bianconi réussi le difficile pari de nous mettre à l’écoute de ces femmes dont les récits et les réflexions sont captivantes. Elle ne les juge pas. Elle leur donne juste le statut de témoins d’une période de l’histoire qui ne peut être mise aux oubliettes.

En présence de la réalisatrice.

13.01 > 22:00
Guy Maddin

Guy Maddin, voici un nom qui résonne encore aux oreilles des spectateurs qui ont découvert les premiers films de cet autodidacte canadien sur l’écran du Nova il y a près de dix ans. Guy Maddin est devenu un habitué de la maison, qu’il a visité plusieurs fois. Quasi tous ses films, longs et courts, les plus inspirés comme les plus produits, y ont été montrés. Mais cela faisait longtemps que ses trois premiers longs métrages, à l’univers si particulier, n’avaient été projetés à Bruxelles. On se fait donc plaisir en les reprogrammant, même si Sir Guy n’a pas pu nous rejoindre pour l’occasion : il met actuellement la dernière main à son tout nouveau film ? sans doute très prochainement sur cet écran.


Tales from the Gimli Hospital

Le premier long métrage de Guy Maddin révèle d’emblée un metteur en scène hors du commun. Des premiers films de David Lynch à ceux de Bunuel, de Sternberg à Cocteau, les références n’ont pas manqué pour tenter de cerner ce film qui, s’il nous ramène à sa manière aux origines du cinéma, relève d’une grande originalité, nous éblouis et nous étonne. Repéré aux Etats-Unis par Ben Barenholtz, le découvreur de Jodorowsky, Lynch, Romero ou des Frères Coen, ce film poétique et bizarre explore la folie et la jalousie qui s’installent entre deux hommes qui ont, chacun à leur manière, aimé la même femme.

12.01 > 20:00
Archangel

1917, Arkhangelsk : la cité russe ensevelie sous le givre pendant la Grande Guerre. Les gaz moutarde ont endormi la mémoire des soldats qui oublient d’arrêter de combattre, oublient de dormir, oublient qu’ils sont morts. Ils ne se souviennent que d’une chose : aimer. Sans jamais se rappeler qui.
Dans un style situé par certains entre l’expressionnisme allemand et "Eraserhead", Guy Maddin signe un second long métrage aussi intense, halluciné et mélancolique que son prédécesseur. "Archangel" est un film baroque où tragédie et comédie se mêlent d’une façon étonnante.

19.01 > 20:00
Careful

Sur les flancs abrupts de massifs montagneux dignes des Carpates, vivent les habitants de Tolzbad. Pourquoi le vol migratoire des oies sauvages est-il attendu chaque année avec tant d’appréhension ? Quelle est cette prudence excessive qui les pousse à calfeutrer leurs fenêtres ? Qui sont ces gens, où sommes-nous et quand ?
Pour son troisième film, Guy Maddin continue à bricoler la pellicule avec génie et introduit pour la première fois la couleur, dont il fait une utilisation fascinante, contrastant à merveille avec l’atmosphère somme toute schyzophrénique et incestueuse de son récit.

26.01 > 20:00
In girum imus nocte et consumimur igni

Cela faisait longtemps que le Nova n’avait plus montré des films de Guy Debord. Surtout que durant des années, seul de rares VHS étaient disponibles. Cependant, grâce à l’acharnement de quelques uns - dont Jacques Le Glou, complice de feu Debord et invité du Nova - tous les films de l’auteur de la "Société du Spectacle" ont enfin été restaurés et édités en coffret DVD (fort peu diffusé en Belgique). Mais aussi en copies 35mm dont "In Girum...", peut-être le plus poignant de l’oeuvre cinématographique d’un des penseurs les plus lucides de la seconde moitié du XXème siècle. Essai pamphletaire et autobiographique, ce film personnel touche autant l’intellect que l’émotion du spectateur. Fabriqué à partir de détournements de classiques du cinéma, mais aussi d’images fixes ou filmées d’un Paris sublimé par la voix limpide de Guy Debord au sommet de sa maturité, "In Girum..." fait partie de ces films dont on ressort transfiguré, pleinement conscient de la falsification de la vraie vie par le spectaculaire intégré de notre société. Un chef d’oeuvre précieux, un brin nostalgique mais toujours aussi remuant, que l’on ne se lasse de revoir...

En présence de Jacques Le Glou, ami et distributeur de Guy Debord.

20.01 > 20:00
Riget The Kingdom

La série du dimanche après-midi. Deux weekends de suite, vous pourrez suivre en pellicule et sur grand écran la totalité de la série disjonctée de Lars Von Trier, déjà montrée au Nova lors d’une nuit mémorable. La totalité, oui, mais des épisodes existants... soit près de 10 heures de projection. La troisième et dernière partie de "Kingdom" n’a en effet jamais été tournée, certains des acteurs principaux étant malheureusement décédés et jugés irremplaçables par Lars Von trier. Pourtant, avec une histoire aussi frapée que celle qui nous est contée ici, on aurait pu imaginer qu’une volte-face scénaristique eut permis de tourner la fin de ce trépidant suspense hospitalier tourné au Rigs Hospitalet de Copenhague (Riget voulant dire Royaume). Par métonymie, cet hôpital représentera aussi le Royaume du Danemark qui est pourri de toute façon, tout le monde sachant cela depuis Hamlet...
La séquence d’ouverture est digne des films de la Hammer productions : sur des images de femmes lavant du linge dans un marais envahi par un brouillard cuivré, une voix caverneuse nous explique que de nos jours un hôpital y a été construit, mais vu l’arrogance des scientifiques envers l’irrationnel et la supertition, "les portes du Royaume se sont ouvertes". Mais ce ne sera pas au film conventionnel que l’on assistera, mais bien à une véritable explosion des genres, mélange du soap-opera au film d’épouvante, le film passant du registre du rire le plus grossier à une horreur indicible ou d’une poésie véritable à une critique socio-politique satyrique. Hallucinant !
Et oh ! surprise, The Kingdom II surenchérit sur tout : les esprits maléfiques envahissent pour de bon l’hôpital, les actions parallèles proliphèrent, les personnages s’accumulent, plus nuancés mais gagnant aussi en fantaisie. C’est donc à une véritable "chirurgie psychanalitique" auquel on assiste, qui déverse toutes les angoisses du réalisateur et où spiritisme, occultisme, scientisme, horreur, satyre, humour potache s’amalgament en un vertigineux délire exponentiel où le plaisir est roi... de rire et de se faire peur ! Depuis que Lars von Trier a pris sa "caméra-stylo" de la main gauche, il n’aura pas fini de nous étonner...

14.01 > 18:00 + 21.01 > 18:00
Intolerance

Prenez l’absurde des Shadoks multiplié par l’humour noir de Topor et vous n’obtiendrez qu’une faible approximation des travaux féroces de ce réalisateur anglais très peu tasse-de-thé. Les "Mondo Mulloy", ces courts métrages à la fois violents et très drôles où Phil Mulloy passe à la moulinette les moeurs sociales, politiques et culturelles, avaient déjà été montrés au Nova. Voici maintenant une trilogie irrésistible peuplée de bonshommes bizarres dans un style propre à Mulloy, toujours digne de l’art brut. Un régal.

+ Intolerance I

Phil Mulloy, 2000, GB, 35mm, vo st fr, 11'

Une bobine de film est retrouvée, montrant la vie d’extra-terrestres : les Zogs. Ceux-ci sont en de nombreux points semblables aux humains, si ce n’est que la tête et les organes sexuels sont inversés. L’assistance qui découvre le film est outrée par l’existence d’êtres aussi scandaleux et demande l’extermination des habitants de la planète Zog.

+ Intolerance II - The Invasion

Phil Mulloy, 2001, GB, 35mm, vo st fr, 15'

Seul Dwight Hokum sait que les Zogs ont déjà colonisé la terre. Seul lui peut donc sauver la planète. Mais les Zogs existent-ils vraiment ?

+ Intolerance III - The Final Solution

Phil Mulloy, 2004, GB, 35mm, vo st fr, 24'

Dans 2000 ans : la flotte de vaisseaux spatiaux qui a quitté la terre parcourt l’univers à la recherche de la planète Zog. L’équipage est partagé entre ceux qui croient à l’existence de Zog et ceux qui la rejettent. Dans cette lutte acharnée entre les deux camps, Adam et Eva Hokum sont résolus à trouver le bonheur l’un avec l’autre. La planète Zog sera-t-elle un paradis pour eux ?

18.01 > 22:00 + 03.02 > 20:00
Intolerance I

Une bobine de film est retrouvée, montrant la vie d’extra-terrestres : les Zogs. Ceux-ci sont en de nombreux points semblables aux humains, si ce n’est que la tête et les organes sexuels sont inversés. L’assistance qui découvre le film est outrée par l’existence d’êtres aussi scandaleux et demande l’extermination des habitants de la planète Zog.


Intolerance II - The Invasion

Seul Dwight Hokum sait que les Zogs ont déjà colonisé la terre. Seul lui peut donc sauver la planète. Mais les Zogs existent-ils vraiment ?


Intolerance III - The Final Solution

Dans 2000 ans : la flotte de vaisseaux spatiaux qui a quitté la terre parcourt l’univers à la recherche de la planète Zog. L’équipage est partagé entre ceux qui croient à l’existence de Zog et ceux qui la rejettent. Dans cette lutte acharnée entre les deux camps, Adam et Eva Hokum sont résolus à trouver le bonheur l’un avec l’autre. La planète Zog sera-t-elle un paradis pour eux ?


Songs from the Second Floor Chansons du deuxième étage

A partir d’une accumulation de longs tableaux stylisés, Roy Andersson nous conte une histoire grinçante où notre société est pointée du doigt. Le début donne le ton : un vieil employé se cramponne à la jambe de son patron qui vient de le licencier. Un immigré est tabassé en rue dans l’indifférence générale. Un magicien rate son numéro de l’homme coupé en deux... Autant de séquences incongrues aussi drôles qu’un Christ se balançant sur sa croix ! S’y détache Karl, père ruiné dont un fils est alcoolique et l’autre rendu fou par sa poésie. Cheminant dans une ville en proie au chaos, Karl cristallisera toute la culpabilité individuelle et collective dont peut-être seul le Jugement dernier nous délivrera ! Curieux mélange de Buñuel, Kaurismäki, Tati, voire Chaplin, "Chansons du deuxième étage" fait partie de ces films fulgurants qui auront fait date dans l’histoire du cinéma, et qui passera malheureusement inaperçu chez nous car incompréhensiblement non distribué à l’époque. Présenté pour la première fois dans la salle polyvalente de la Cité Administrative lors du mémorable PleinOPENair 2004, un grand film à (re)découvrir absolument sur grand écran, et cette fois enfin au Nova !

27.01 > 20:00 + 03.02 > 22:00
Yes Sir ! Madame...

Comme son titre l’indique, ce film parle de langues et même deux langues, en alternance : le français et l’anglais. Il est question ici d’un problème d’identité, d’une schyzophrénie linguistique et cutlurelle : celle que peut ressentir un canadien du Québec, comme ce pourrait être d’ailleurs aussi le cas en Belgique.
"Yes Sir ! Madame..." débute au moment où les forces policières retrouvent 19 bobines de film super8 ayant appartenu à un ancien ministre du Parti Conservateur, porté disparu : Earl Tremblay. 19 bobines de trois minutes chacune que ce dernier nous présente en voix off à la fois en anglais et en français. Mais quelque chose cloche entre les deux traductions qui ne se complètent aucunement. Entre caméra subjective et ambiguïté permanente entre réalité et fiction, Robert Morin nous laisse devant deux langues, deux manières de penser qui, à mesure que la pellicule défile, se dédoublent jusqu’à ne plus appréhender les événements de la même façon.

+ Le temps des bouffons

Pierre Falardeau, 1993, CA, 16mm, vo fr 15'

Un pamphlet jubilatoire contre le colonialisme britannique et canadien. Un film choquant sur de la bourgeoisie coloniale qui fête ses 200 ans de colonisation. Pendant que la voix-off passe en revue les désastres du moment, on peut admirer une tablée festive, des visages qui ne disent rien sinon la satisfaction d’être bien lavés, bien pomponnés, bien blanchis. Les maîtres jouent le rôle des maîtres et les esclaves jouent le rôle des esclaves ?

+ Ilha das flores [L’île aux fleurs]

Jorge Furtado, 1989, BR, 35mm, vt fr st nl, 13'

Qui n’a encore jamais vu ce petit film dense et incisif, où l’on suit notamment une tomate, un porc et le pouce préhenseur de Mme Annette ? L’ambition du réalisateur ? "Montrer à un visiteur inter-planétaire comment est la Terre". Avec un humour implacable, ces 13 minutes suffisent à mettre en branle les rouages indéfectibles du commerce mondial. Nous, on ne s’en lasse pas.

Trois films déjà montrés au Nova : "L’île aux fleurs", à de multiples reprises et dès le premier soir d’ouverture, tout comme "Yes Sir ! Madame...". Mais trois films toujours aussi contemporains. A voir, à revoir... et à écouter.

28.01 > 20:00 + 01.02 > 22:00
Le temps des bouffons

Un pamphlet jubilatoire contre le colonialisme britannique et canadien. Un film choquant sur de la bourgeoisie coloniale qui fête ses 200 ans de colonisation. Pendant que la voix-off passe en revue les désastres du moment, on peut admirer une tablée festive, des visages qui ne disent rien sinon la satisfaction d’être bien lavés, bien pomponnés, bien blanchis. Les maîtres jouent le rôle des maîtres et les esclaves jouent le rôle des esclaves ?


Ilha das flores L’île aux fleurs

Qui n’a encore jamais vu ce petit film dense et incisif, où l’on suit notamment une tomate, un porc et le pouce préhenseur de Mme Annette ? L’ambition du réalisateur ? "Montrer à un visiteur inter-planétaire comment est la Terre". Avec un humour implacable, ces 13 minutes suffisent à mettre en branle les rouages indéfectibles du commerce mondial. Nous, on ne s’en lasse pas.


Andrew Kötting

Andrew Kotting est un des auteurs de cinéma les plus intrigants et originaux de la scène anglaise actuelle. Depuis toujours, ce réalisateur a affiché une farouche resistance à toute forme de langage standardisé, sa capacité à inventer et jouer avec les codes du cinéma devenant un trait distinctif de ses films. Mais Kotting a une curiosité insatiable, et c’est pourquoi ses recherches l’ont aussi amené à réaliser des installations vidéo ou des ?uvres sonores. Beaucoup le qualifient de visionnaire excentrique et cela se révèle pleinement dans ses deux longs métrages, "Gallivant" (1996) et "This filthy earth" (2001), que le Nova a programmés dans le passé. La maîtrise qu’il affiche avec ces deux films n’aurait certainement pas été la même sans la floppée de courts réalisés auparavant. Les voici, pour la toute première fois au Nova en version sous-titrée.

+ Klipperty Klopp

Andrew Kötting, 1984, GB, super8 > video, vo st fr, 12'

Une ?uvre "post-punk" de sensibilité païenne, mêlant bestialité et sodomie à une énergie débordante de vitalité.

+ Kingdom Protista

Andrew Kötting, 2000, GB, super8 > video, vo st fr, 6'

L’odyssée monstrueuse et flexible d’une bactérie.

+ Hoi Polloi

Andrew Kötting, 1990, GB, super8 > video, vo st fr, 5'

Mi-home-movie, mi-journal intime, "Hoi Polloi" (en grecque "gens ordinaires") est un film de famille décalé, tourné dans les Pyrénées.

+ Gallivant [The Pilot]

Andrew Kötting, 1994, GB, super8 > video, vo st fr, 6'

C’est le court métrage "pilote" que Kotting réalisa en préparation du long métrage homonyme. "C’est dans les endroits les plus improbables qu’il est le plus probable de trouver son bonheur."

+ Nucleous Ambiguous

Andrew Kötting, 2002, GB, video, vo st fr, 2'

Quelque part, entre la normalité et l’anormalité, se situe la réalité ?

+ Hub-Bub in the Baobabs

Andrew Kötting, 1989, GB, 16mm > video, vo st fr, 30'

Situé dans la contrée mythique des arbres "mangeurs d’hommes", à Madagascar, ce film nous montre l’auteur errant à travers la forêt.

20.01 > 22:00 + 02.02 > 20:00
Klipperty Klopp

Une ?uvre "post-punk" de sensibilité païenne, mêlant bestialité et sodomie à une énergie débordante de vitalité.


Kingdom Protista

L’odyssée monstrueuse et flexible d’une bactérie.


Hoi Polloi

Mi-home-movie, mi-journal intime, "Hoi Polloi" (en grecque "gens ordinaires") est un film de famille décalé, tourné dans les Pyrénées.


Gallivant The Pilot

C’est le court métrage "pilote" que Kotting réalisa en préparation du long métrage homonyme. "C’est dans les endroits les plus improbables qu’il est le plus probable de trouver son bonheur."


Nucleous Ambiguous

Quelque part, entre la normalité et l’anormalité, se situe la réalité ?


Hub-Bub in the Baobabs

Situé dans la contrée mythique des arbres "mangeurs d’hommes", à Madagascar, ce film nous montre l’auteur errant à travers la forêt.


Une aventure de Billy le Kid

"Après avoir réussi seul le hold-up de la diligence de la Wells Fargo, Billy a bien du mal à transporter son butin. Il rencontre Ann qui a fui devant l’attaque des Cherokee".
Voici donc un western, mais un western français. Dans le rôle principal, Jean-Pierre Léaud, un Billy the Kid halluciné et d’une indocilité absolue. A ses côtés : Rachel Kesterber, Jean Valmont, Bruno Kresoja ? Pour décor, les Roubines, massifs désertiques des Alpes-de-haute-Provence, région d’origine du réalisateur qu’il filme rudement bien. Un hommage, "irrévérencieux et pas du tout sérieux", aux westerns sur lesquels Moullet a beaucoup écrit (critique aux "Cahiers du cinéma" de 1956 a 1965) ? Cinéaste marginal, inclassable, Moullet parle dans ses films de l’absurdité de la société ("La comédie du travail", 1987, "Genèse d’un repas", 1978, qui démonte les industries alimentaires, etc ?). Ses films sont rares ; il tourne peu et il tourne des Ovni. Rares aussi sont ceux qui ont pu les voir ("Les Naufrages de la D17", 2001, le dernier n’est pas sorti en Belgique). Le Nova en a montré à plusieurs reprises. "Une aventure de Billy the Kid", est passé lors du premier programme du Nova ; n’attendez pas la prochaine décennie pour découvrir ce western ubuesque.

28.01 > 22:00 + 04.02 > 20:00
Sharunas Bartas, Pedro Costa, Nicolas Klotz, Sergeï Loznitsa, Straub & Huillet...

*Depuis sa création, le Nova n’a eu de cesse d’explorer les multiples et différentes facettes que nous propose la production cinématographique belge et internationale. Devenant l’une des principales raisons motivant l’ouverture de ce lieu.
Au cours de ces dernières années, vous avez pu y découvrir les films des réalisateurs Pedro Costa ("Ossos", "No Quarto da Vanda"), Sharunas Bartas ("Trois Jours", "Few of Us", "Corridor", "The House"...), Jean-Marie Straub et Danièle Huillet ("Sicilia !", "En rachâchant"), Sergeï Loznitsa ("Today We are Going to Build a House") et Nicolas Klotz ("Paria", "La blessure").
La vision de ces films, programmés en sortie ou de façon thématique, nous dévoile leurs points communs, les liens qui se tissent entre eux et leur concepteurs.
Que ces points et liens, portant sur l’aspect formel, le choix du mode de production, la thématique abordée et son traitement, nous paraissaient tellement pertinents, qu’à germer en nous, pour cette programmation anniversaire, l’idée de consacrer un long week-end à ces réalisateurs "jumeaux".
En associant le documentaire de Pedro Costa sur les Straub & Huillet à la projection de leur "Ouvriers, Paysans". En jumelant celle de "La blessure" de Nicolas Klotz à "En avant, Jeunesse !" de Costa et celle des courts métrage de Loznitsa à "Seven Invisble Men" de Bartas, nous espérons rendre plus visibles ces démarches, parfois hors normes, qui accompagnent la création de ces œuvres et dévoilent la personnalité de leurs auteurs.
En s’assurant de la présence au Nova de Pedro Costa, Nicolas Klotz, Sharunas Bartas et Sergeï Loznitsa, nous tenterons ensemble de découvrir et apprécier les connections unissant leurs films.
Pourquoi Costa filme-t-il les Straub & Huillet lors du montage de "Sicilia" !? Pourquoi, à l’origine, "La blessure" de Klotz devait être le pendant de "En avant, jeunesse !" de Costa, et vice-versa ? Pourquoi Bartas et Loznitsa collaborent-ils au scénario du prochain film de Bartas ? Pourquoi beaucoup de ces réalisateurs avaient-ils, au début, le même producteur ?
Autant de questions que nous nous poserons et, surtout, leur poseront.
Pour que la boucle soit bouclée.*


Sharunas Bartas

*"Le cinéma de Sarunas Bartas a toujours existé, depuis que le monde est monde. Mais nous, où étions-nous ?" - Leos Carax, extrait de "De quoi sommes-nous la somme ?" (1995).
Déja lu ?
"Au rythme d’une production par an, Bartas, travailleur sans relâche a, à lui seul, produit les deux tiers de la production cinématographique lituanienne de ces dernières années. Ses films, du premier au plus récent, dévoilent le potentiel, la maîtrise et la maturité croissante de ce jeune cinéaste instinctif" - Nova - programme #21 (décembre 1998). Extrait.
"Le dénominateur commun des films de Sarunas Bartas est la fuite. (...) Cette fuite est invariablement liée à une quête, déterminée et déterminante, obstinément vouée à l’échec : la recherche, souvent désabusée, d’un peu de chaleur humaine et de compréhension dans un monde n’y laissant, finalement, que peu de place." - Nova - programme #21 (décembre 1998). Extrait.
"Le regard porté par beaucoup de cinéastes sur les événements de la fin des années 80 (chute du bloc soviétique) se reflète âprement dans leur films : constat revendicateur et pugiliste d’une société vacillante et mutilée au sortir de sa léthargie, (...). Pour d’autres, par contre, le regard questionne les conséquences personnelles de ce chamboulement. Ainsi, à la vue des films de Sarunas Bartas, cette constatation est indéniable. Cet impact émotionnel est bien présent mais trouve son expression plongée dans un tourbillon d’affect (...). - Nova - programme #30 (novembre-décembre 1999). Extrait.

En collaboration avec la Cinémathèque Royale de Belgique.*


Seven Invisible Men

Déjà vu ?
Bartas et son équipe chargent camionnettes et camions de tout le matériel nécessaire au tournage du film. Et quittent Vilnius. Tout comme pour "Few of Us" (Sibérie) et "Freedom" (désert marocain), Bartas met en place une véritable expédition pour rejoindre son lieu de prises de vue. Pas d’avion ni confort première classe. Tout le monde, techniciens, acteurs, producteurs se retrouvent dans la caravane, à bord de vieux véhicules russes et d’une ou deux jeeps. Pendant des jours.
La destination cette fois : la Crimée, au Sud de l’ancien empire soviétique.
En Crimée où, une communauté de gens, unifiée par cette commune volonté de vivre une autre société, quitte la ville et rejoignent la campagne pour établir leurs quartiers dans un petit village.
Que résultera de cette fuite ? Est-elle seulement possible ? Quand on sait que ce que l’on veut fuir est probablement le tout ?
Autant de réponses pour laquelle, la dernière séquence du film, est ?

En présence du réalisateur.

+ The Train Stop

Sergei Loznitsa, 2000, RU, 35mm, sans dial, 25'

Dans cette salle d’attente d’une gare russe, les gens dorment. Entre deux trains. La caméra de Loznitsa caresse leur visage et épie leurs moindres gestes, avant qu’ils ne se réveillent. Avant qu’ils ne prennent le train. Un film qui berce. A regarder tête reposée.

En collaboration avec la Cinémathèque Royale de Belgique.

09.02 > 20:00
The Train Stop

Dans cette salle d’attente d’une gare russe, les gens dorment. Entre deux trains. La caméra de Loznitsa caresse leur visage et épie leurs moindres gestes, avant qu’ils ne se réveillent. Avant qu’ils ne prennent le train. Un film qui berce. A regarder tête reposée.


Vulkanovka - After the Grand Cinema

"On nous avait prévénu qu’ils allaient arriver. Alors quand je les ai vus devant l’épicerie, j’ai été voir. Ils étaient quelques-uns à installer de grandes lumières. Je m’attendais à ce que tout aille vite ? comme on voit dans les films. Mais, non ! Ils tournaient et puis ils bougeaient la caméra et toutes les lumières. Après deux, trois heures, je suis rentré. Je ne savais pas que le cinéma était comme ça." ? Un habitant.
Vulkanovka (Lat. : 45°8’N - Long. : 35°57’OE), une petite ville de Crimée, oubliée des dieux et même des gens, selon les dires de ses habitants. Mais pas oubliée de tous, puisque c’est dans ce village que Sharunas Bartas tourna, pendant deux ans, son film "Seven Invisible Men".
Geidre Beinoriuté, quelques neuf mois plus tard, retrouve ces habitants pour recueillir impressions, réactions et autres billets d’humeur. Ces deux années de "cohabitation" ont permis à chacun de mettre la main à la pâte : assurer la cantine, prêter main forte à l’équipe, découvrir, partager, apprendre ?
Mais une fois le tournage terminé, que reste-t-il ? Des souvenirs, bien sûr, des bons. Mais aussi de la mélancolie. Et des espoirs, que ce bref passage a pu éveiller chez quelques-uns. Là où la caravane de Bartas passe ?

11.02 > 16:00
Sergei Loznitsa

*Né en 1964, Loznitsa suit les traces de ses parents mathématiciens et obtient son diplôme d’ingénieur en 1987. Il travaille ensuite dans un institut de cybernétique, à Kiev, jusqu’en 1991. Année pendant laquelle il change complètement de cap en s’inscrivant au VGIK (Institut russe de cinéma). Il conclut ses études avec le documentaire "Today We are going to Build a House". Il poursuit sur sa lancée en réalisant d’autres court et moyen métrages.
En 2001, il s’installe en Allemagne et partage sa vie entre son pays adoptif et St-Pétersbourg, où il travaille au Studio du Film Documentaire.
De puis quelques années, Sergeï Loznitsa, construit une oeuvre où se tisse, tangiblement, des liens de film à film. Il fait tourner sa caméra et son enregistreur pour dévoiler un lieu et les personnes y évoluant. Que ce soit des ouvriers ("Today We are..."), des passagers en attente ("The Train Stop"), des paysans ("The Settlements", "Portraits") ou des pêcheurs ("Artel"), Loznitsa encadre leur quotidien et, grâce à un subtil travail sonore, y fait ressortir de purs moments de poésie, des instants d’une autre dimension semblerait-il.*

+ Artel

Sergei Loznitsa, 2006, RU, 35mm, sans dial, 30'

Ces pêcheurs déroulent leurs filets et préparent la pêche. Ils marchent sur l’eau. En-dessous d’eux, les poissons. Et entre les deux, la glace qu’il faudra briser pour espérer en récolter quelques-uns entre les mailles.

+ Today We are Going to Build a House

Sergei Loznitsa & Marat Magambetova, 1996, RU, 35mm, sans dial, 30'

Le temps d’une journée, sur un chantier, Loznitsa et Magambetova nous donne à voir le patient, minutieux et parfois pharaonique travail de ces ouvriers de la construction.

+ The Train Stop

Sergei Loznitsa, 2000, RU, 35mm, sans dial, 25'

Ce court métrage est projeté avant "Seven Invisible Men", car ces deux réalisateurs jumeaux se sont retrouvés et collaborent sur le scénario du prochain film de Bartas.

En présence du réalisateur.

10.02 > 18:00
Artel

Ces pêcheurs déroulent leurs filets et préparent la pêche. Ils marchent sur l’eau. En-dessous d’eux, les poissons. Et entre les deux, la glace qu’il faudra briser pour espérer en récolter quelques-uns entre les mailles.


Today We are Going to Build a House

Le temps d’une journée, sur un chantier, Loznitsa et Magambetova nous donne à voir le patient, minutieux et parfois pharaonique travail de ces ouvriers de la construction.


The Train Stop

Ce court métrage est projeté avant "Seven Invisible Men", car ces deux réalisateurs jumeaux se sont retrouvés et collaborent sur le scénario du prochain film de Bartas.


Pedro Costa

*Comment expliquer qu’un cinéaste venu du long-métrage, du 35mm, des festivals-pingouins, puisse un beau jour laisser tomber tout ça pour en revenir à l’extrême simplicité : filmer seul et en DV un personnage à la dérive, dans un geste cinématographiquement épuré.
Que s’est-il passé pour expliquer cette métamorphose ? Lors de son passage à Bruxelles, Costa a utilisé le mot de "mysticisme" pour parler de son rapport aux personnages du film. Et c’est peut-être ça le mot clé. Costa nous donne l’impression de se retrouver devant ses personnages comme devant un mystère, comme devant une révélation ? Mais laquelle ? La révélation de l’insoupconnable beauté des déshérités ? ou celle de sa condition de cinéaste maudit ?
Au Nova, nous avons un faible pour les films de Costa et pour le bonhomme. Nous nous sommes battus à ses côtés, une année durant, peut-être plus, pour obtenir une copie de son avant-dernier film "Dans la chambre de Wanda". Ca finit par tisser des liens. Não è ? Pedro passait au récent "Filmer à tout prix" pour présenter son dernier film. Alors, vous pensez bien que nous y étions. Mais cette fois, c’est lui qui vient au Nova.*


Juventude, em marcha ! En avant, jeunesse !

"En avant, jeunesse !" présente une étonnante continuité avec le précédent ; il pourrait en être la suite avec la même recherche stylistique. Mais, différence de taille, il apporte une lueur d’espoir dans le sombre tableau du précédent. On y retrouve Wanda, qui entretemps a eu un enfant et a entrepris une cure de désintoxication. Au centre du film, il y a surtout Ventura, le père, d’origine Cap-Verdienne. Depuis sa séparation tumultueuse avec sa femme, il psalmodie une émouvante lettre d’amour qu’il ne peut lui adresser, faute de posséder l’écriture. Mais il s’accroche à l’avenir et retisse patiemment la toîle d’une famille disloquée. Expulsé du quartier Fontainhas, il réclame à l’administration un logement aux dimensions d’une arche de Noé qui puisse contenir tous les membres de sa famille et la sauver du déluge.

En présence du réalisateur.

10.02 > 20:00
Tout refleurit

Aurélien Gerbault rejoint Pedro Costa à Lisbonne, sur le tournage de son dernier film : "Juventude, em marcha !". On y retrouve Pedro préparant minutieusement un plan, dirigeant subtilement son protagoniste, Ventura, tout en esquissant l’histoire de ce cap-verdien, père de Vanda Duarte (que l’on retrouve dans "Ossos", "No quarto da Vanda"). Pedro nous accompagne ensuite sur les lieux de vie et de reminiscences de Ventura, nous laisse assister, silencieux, à ses prises sonores délicates avant de nous mener dans "son" quartier. Ce quartier, c’est celui de ses films passés et peut-être à venir. Mais de ce quartier, loin de tout afflût touristique, il ne reste que des briques. Au sol. Et Pedro de redessiner le quartier : "ici, de là à là c’était la chambre de Vanda, où je venais tout les matins poser ma caméra ? et là, il y avait cette rue où Vanda frappait de porte à porte pour vendre ses légumes ? et là cette maison où mainteant se trouve ce camion ? à moins que ? non, non, c’était bien là !".
Et Pedro de discourir jusqu’à la tombée de la nuit sur ce quartier qui fut. Sur ce quartier qu’il a arpenté insatiablement pendant des années, caméra à la main. Et de se remémorer ce qu’il a vu, vécu et filmé. Tout refleurit ? A voir et entendre Pedro au milieu de ce terrain en ruine, l’on n’en doute pas. Il est toujours là.

04.02 > 22:00
Où gît ton sourire enfoui

"La difficulté était là, de faire un film à la hauteur de Jean-Marie (Straub) et Danièle (Huillet). Et finalement on a trouvé ce moment de montage de la troisième version de Sicilia ! J’ai proposé à Jean-Marie et Danièle de filmer le montage, de couvrir intégralement ce travail, mais comme un document. Je crois qu’ils m’ont dit à ce moment : "bizarre, comment tu vas faire ça". Ils ne voyaient pas très bien cette histoire de vidéo. Mais en même temps je crois qu’ils étaient intéressés après avoir vu ce que j’avais fait avec Vanda, un travail un peu de sociologue, d’anthropologue, quelque chose d’un type qui est là tout le temps, qui cherche. C’était ça la proposition : un document sur un travail qu’ils allaient faire pendant environ un mois. Après j’ai commencé à voir des choses sur le montage, à voir comment faire le film, quel plan faire, demander à Jean-Marie et Danièle de faire ceci ou cela. Et puis après, tout a été plus compliqué que simple à faire. Surtout parce qu’ils sont très généreux avec ce qu’ils savent, ce qu’ils sentent. Ils passent très bien ces sentiments. Et je sens ce que Jean-Marie et Danièle ressentent ? au même moment"... Pedro Costa, extrait de "Tout refleurit".

En présence du réalisateur.

08.02 > 22:00
Ouvriers, paysans Operai, Contadini

En juin 2001, le Nova sortait en Belgique un film dont aucun distributeur et aucune salle du pays ne voulaient, malgré la prime substantielle d’aide à la distribution que lui avait octroyé le jury de la manifestation "Cinédécouvertes" onze mois auparavant. Il s’agissait de "Sicilia !", soixante-six minutes de colère calme et d’écoute sensible, de politique et de quotidien sensuel d’après un texte de l’écrivain communiste Elio Vittorini. La même année, le couple de cinéastes présentait "Ouvriers, paysans", nouvelle adaptation ("personnages, constellations et textes") de l’écrivain, cette fois d’après son roman documentaire "Les Femmes de Messine". Le noir et blanc de "Sicilia !" laisse la place à la couleur, les espaces construits (port, train, maison, place du village ? ) à un sous-bois dont les cadrages et le son direct du film captent le frétillement des feuilles et les rais changeants de la lumière du soleil ? Toujours avec les corps et les voix vraies (ce que certains s’évertuent à débilement appeler des "acteurs non-professionnels") du Teatro Comunale de Buti, il s’agit cette fois, au fil des saisons, du quotidien - souvent difficile et contradictoire mais toujours fécond - d’une communauté d’ouvriers et de paysans, de femmes et d’hommes, en train de construire leur "vivre ensemble" en même temps qu’ils reconstruisent leur village détruit par un tremblement de terre. En 2002, dans "Humiliés", troisième film d’après Vittorini, une communauté s’étant appropriée une terre en friche est menacée d’expulsion par ses propriétaires qui tout d’un coup entendent la récupérer ? Comme il y a quelques années les nouveaux propriétaires du 3 rue d’Arenberg tentèrent de récupérer une salle qu’un collectif, lui-aussi à la fois fort et fragile, avait entrepris de faire revivre, de re-cultiver. Les films des Straub ne nous touchent pas juste parce que leur intransigeance fait souvent contre-poids ou garde-fou à certaines de nos lâchetés, mais aussi parce qu’ils mettent en voix et en images des situations qui nous touchent profondément.

11.02 > 18:00
Nicolas Klotz

Auteur de plusieurs long-métrages documentaires et de fiction, Nicolas Klotz fait partie de cette frange de cinéastes qui ne cessent de revendiquer la nécessité d’une morale dans le cinéma, que ce soit par rapport aux choix d’un sujet ou à une manière de mettre en scène et de filmer. Cela se révèle de façon frappante dans l’approche qu’il a des acteurs, peu importe qu’ils soient professionnels ou amateurs. Car dans ses films chaque visage, chaque regard, chaque corps est filmé pour en révéler une spécificité qui lui est propre, unique et intime. Il est probablement bon à savoir que Nicolas Klotz est aussi metteur en scène de théâtre, et l’on comprend alors que c’est probablement de là qu’il puise une aisance à explorer non seulement le jeu d’un acteur, mais aussi la force que peuvent avoir les mots. Et puis on oubliera pas non plus cette incroyable complicité qu’il a avec Elisabeth Perceval, sa scénariste et compagne. A deux ils représentent un de ces couples de cinéma qu’on pourrait croire n’existent que dans un film.


La blessure

Depuis des mois Papi, réfugié politique en France, attend que sa femme Blandine vienne le rejoindre de Kinshasa. Finalement un jour il reçoit son coup de téléphone qui lui annonce qu’elle vient de débarquer à Paris. Mais à l’aéroport de Roissy Blandine se fait renfermer dans une cellule d’isolement avec des dizaines d’autres personnes et la police nie que son nom soit repris dans la liste des passagers provenant du Congo. Entre insultes et humiliations, ce qui devait être le début d’une "nouvelle vie" démarre ainsi bien différemment de ce qu’elle avait imaginé. Jusqu’à ce que n’arrive l’incident, la blessure ?

En présence de Nicolas Klotz et Elisabeth Perceval.

11.02 > 20:00
Pierre Carles

Pierre Carles, voormalig heethoofd van de Franse televisie waarvoor hij nog slechts zelden werkt, beoefent de filmdocumentaire met rudimentaire middelen. Hij richt zijn pijlen op het audiovisuele medialandschap, dat hij op onafhankelijke wijze en met eigen financiële middelen bekritiseert. Hij is dus een graag geziene gast in Nova. We vertoonden reeds "Pas vu pas pris", "Enfin pris" en "La sociologie est un sport de combat". Nu is hij terug met maar liefst twee nieuwe, langverwachte films, elk gemaakt in samenwerking met andere cineasten.


Volem rien foutre al pais

In den beginne was er een idee van drie regisseurs : ze wilden een film maken over werkweigeraars. Een lang proces wordt ingezet, en een eerste film is het voorproefje op wat moet volgen. "Attention Danger travail" was een enthousiast pamflet over de deserteurs van het salariaat. En vandaag, eindelijk, is er "Volem rien foutre al pais", dat in maart in Frankrijk in de zalen uitgebracht wordt.
De regisseurs stellen zich niet tevreden met enkel een kritisch discours over gesalarieerd werk of werkideologie. Hoewel een brandend portret van het patronaat en de politieke wereld sterk aanwezig is, gaat het bovenal over besluitvaardige mannen en vrouwen die de regels van de "markt" niet meer willen volgen. Neen, hier geen depressieve werklozen die voor de beeldbuis hangen, maar strijders tegen het heersende economische systeem die expliciet uitleggen waarom en hoe ze zich ontplooien buiten de arbeidsmarkt, met weinig middelen maar met veel tijd. Een vraagstelling die je zelden op het scherm ziet : indien de motieven om vervreemdend werk te weigeren individueel zijn, kan je er dan ook een collectieve claim uithalen ?
Pierre Carles, Christophe Coello en Stéphane Goxe ontmoetten mensen die collectief zoeken naar manieren om anders te leven, om zich te autonomiseren, te leven buiten het geijkte consumptiepatroon. Wat ze uitdrukken voor de camera is niets minder dan de wil om hier en nu hun leven in handen te nemen zonder te wachten op een hypothetische toekomst zoals theoretische artikels of straataffiches die verkondigen.

11.01 > 20:00
Ni vieux ni traîtres

In de jaren ’70 strijden Franse anarchisten aan de zijde van hun Catalaanse kameraden in Spanje tegen het regime van Franco. Om hun subversieve acties te financieren plegen ze hold-ups en banovervallen. Midden jaren ’80 gaan enkele van deze libertaire over tot radicale directe actie tegen het kapitalisme en ze eisen de moord op de enkele patroons op, zoals die van Renault. Anderen weigeren over te gaan tot dit soort geweld zonder zich daarom te desolidariseren van hun kameraden. Nu dat vele voormalige “achtenzestigers” zich in hoge politieke en commerciële posten bevinden, beweren deze rebellen integer te zijn met hun overtuigingen, en sommigen, zoals Jean-Marc Rouillan, bekopen dit met jarenlange gevangenisstraffen.
“Ni vieux ni traîtres” lokt polemiek uit over de legitimiteit van geweld en trouw aan idealen, zeker gezien de hedendaagse context van strijd tegen het terrorisme. Na de eerste vertoning van de ruwe versie van deze film in 2004 in Parijs, besloten de regisseurs nieuwe elementen toe te voegen aan hun montage. Het resultaat concentreert zich meer op inhoud dan op vorm (en heeft niets vandoen met "Pas vu pas pris", de film van Carles die we in Nova uitbrachten), en rijgt de verhalen van de protagonisten, voormalige anarchistische anti-falangisten zoals Joëlle Aubron, Annie Desseaux, Jacques Garcin, Jean Halfen en Gilbert Roth, aaneen totdat we het grote verhaal erachter inzien.

13.01 > 20:00
Do you Remember Revolution ?

Midden jaren ’70. Adriana, Barbara, Nadia en Susanna zijn amper 20 jaar wanneer ze besluiten familie, vrienden, sociale leven, op te geven voor de gewapende strijd. Ze vervoegen de Rode Brigades, beschouwd als de grootste naoorlogse terroristische organisatie in Italië. Ze worden er centrale figuren. Na verschillende jaren van strijd en clandestiniteit worden ze gearresteerd en veroordeeld tot 67 jaar opsluiting.
Jaren later vertellen ze over hun beweegredenen die hen tot deze radicale keuze aanzette. Ze hebben het over begin jaren ’70, een periode vol sociale contestatie en rebellie, ook in Italië. In diezelfde periode was er ook het IRA, de ETA, de oorlogen in Angola, Vietnam, Chili, er was Ché en je had Mao… Waarom grepen deze vrouwen naar geweld, wat waren hun fouten, de conflicten, wat dreef de groep uiteen ?
Loredana Bianconi slaagt erin een beklijvend document af te leveren dat geen moreel oordeel velt over deze vrouwen, maar dat hen het statuut geeft waar ze recht op hebben : dat van bevoorrechte getuigen van een decennium vol omwentelingen die de loop van de geschiedenis verder bepaalden.

13.01 > 22:00
Guy Maddin

Guy Maddin is een naam die zeker een belletje doet rinkelen bij de toeschouwers die er bijna tien jaar geleden bijwaren toen de eerste films van deze Canadese autodidact op het Novascherm vertoond werden. Hij werd zowaar een Nova-habitué, al verschillende keren was hij onze gast. Veruit al zijn films, zowel kortfilm als langspeelfilm zijn er vertoond, van de meest originele lowbudget tot de meest prestigieuze productie. Ondertussen is het lang geleden dat zijn eerste drie langspeelfilms, die toch wel een heel bijzonder universum schetsen, voor het publieksoog in Brussel te zien waren. Wij zetten ze met plezier terug op het programma, ook al kan Sir Guy zelf er dit keer niet bij zijn : hij legt momenteel de laatste hand aan zijn allernieuwste film, die u binnenkort ongetwijfeld bij Nova zult kunnen zien.


Tales from the Gimli Hospital

De eerste langspeelfilm van Guy Maddin was meteen een revelatie. Iedereen zocht naar passende referenties om deze film te plaatsen : van de eerste films van David Lynch tot die van Bunuel, van Sternberg tot Cocteau. De film voert ons terug naar de oorsprong van de cinema en getuigt daarmee van een grote originaliteit, waarmee hij verbluft en verbaast. Deze poëtische en bizarre film, die in de Verenigde Staten ontdekt is door Ben Barenholtz, eveneens de ontdekker van Jodorowsky, Lynch, Romero en de Coen-brothers, verkent de waanzin en de jaloezie die zich genesteld heeft in twee mannen die elk op hun manier dezelfde vrouw liefgehad hebben.

12.01 > 20:00
Archangel

1917, Arkhangelsk : de arctische Russische stadstaat ligt bedolven onder de ijskristallen, maar is opgewarmd door de Eerste Wereldoorlog. Door het mosterdgas verloren soldaten hun geheugen en vergeten ze het staakt-het-vuren, vergeten ze te slapen, vergeten ze dat ze dood zijn. Ze herinneren zich slechts één ding : liefhebben. Ook al vergeten ze telkens weer wié.
In een stijl die laveert tussen Duits expressionisme en "Eraserhead", signeert Guy Maddin deze tweede langspeelfilm die even intens, hallucinant en melancholisch is als zijn debuut. "Archangel" is een barokke film waarin humor en tragedie zich op een verbazingwekkende manier vermengen.

19.01 > 20:00
Careful

De inwoners van Tolzbad leven op de steile hellingen van een bergmassief dat aan de Karpaten kan tippen. Waarom kijkt men elk jaar met zo veel vrees uit naar de migratie van de wilde ganzen ? Vanwaar die overdreven voorzichtigheid waarmee de mensen hun ramen dichtstoppen ? Wie zijn deze mensen, waar situeren we ons en in welk tijdperk ?
Voor zijn derde film blijft Guy Maddin het filmmateriaal geniaal bewerken en introduceert hij voor het eerst kleuren waar hij fascinerend gebruik van maakt en uitstekend laat contrasteren met de atmosfeer van zijn schizofrene relaas, vol onderdrukte emoties.

26.01 > 20:00
In girum imus nocte et consumimur igni

Het was al een hele tijd geleden dat Nova de films van Guy Debord vertoonde. Spijtig, zeker omdat deze films moeilijk te vinden zijn. Ondertussen, dankzij de volharding van enkelen waaronder Jacques Leglou - makker van Debord en onze gast ! – werden alle films van de auteur van het beruchte "Société du Spectacle" eindelijk gerestaureerd en uitgegeven in een DVD-koffertje (nauwelijks beschikbaar in België). Zo werd ook de 35mm kopij van "In Girum..." heruitgegeven, ongetwijfeld het meest pertinente audiovisuele werk van Debord, één van de meest lucide denkers over de maatschappij van de twintigste eeuw. "In girum..." is een pamfletair en autobiografisch essay en tegelijkertijd een persoonlijke film die zowel het intellect als de emoties van de toeschouwer bewerkt. Op basis van bewerkte fragmenten van filmklassiekers en gefotografeerde en gefilmde beelden met de heldere commentaar van Debord zelf, is "In Girum..." één van die films die je ten volle confronteert met de vervalsing en de daaruit volgende vervreemding van het ware leven ! Een bijzonder meesterwerk dus, een tikje nostalgisch maar nog steeds even pertinent.

20.01 > 20:00
Riget The Kingdom

Ah, televisieseries op druilerige zondagnamiddagen… Gedurende twee opeenvolgende weekends kan je op het witte doek de filmversie van Lars Von Triers huiveringwekkende serie “The Kingdom” bekijken, vroeger reeds vertoond in Nova gedurende één nacht (gevolgd door de welverdiende croissants). We vertonen de hele reeks opnieuw, goed voor 10 uur in totaal, maar weet dat het derde en het vierde deel uiteindelijk nooit gedraaid werden daar enkele onvervangbare auteurs ondertussen overleden waren…
In het grootste ziekenhuis van Denemarken, Rigs Hospitalet, volgen we het wel en wee van het excentriek personeel en patiëntenbestand van het. Zo is er de hypochondrische mevrouw Druse, de enige die weet van het bestaan van de geesten. Professor Moesgaard probeert enkele bizarre hervormingen door te voeren op zijn departement, maar zijn personeel lijkt meer geïnteresseerd in voodoo rituelen en erotische spelletjes. En vergeten we vooral de arrogante Zweedse en Denen-hatende hersenchirurg Stig Helmer niet, die werkelijk alle middelen gebruikt om een rapport te verdoezelen waarin beschreven staat hoe een fatale fout van hem tijdens een operatie een meisje hersendood maakte. To be continued...
Dit televisiefeuilleton werd in 1994 onmiddellijk beschouwd als een instant cultklassieker. En terecht. Met flair, visuele brutaliteit en liefde voor het cliché, kruist von Trier de basismechanismen van een soap met bovennatuurlijke elementen uit het thriller- en horrorgenre. De kijker wordt in een waanzinnig tempo meegesleept in een fascinerend gevecht tussen de moderne medische wetenschap en de krachten van het occulte. Slapstick komedie, nagelbijtende spanning, lyrische intermezzo’s en bijtend sociaal commentaar : de serie is een ware explosie van genres en van visuele en narratieve codes. De volgehouden parellelmontage, de duizelingwekkende cameravoering, de onvoorspelbare plotwendingen, de absurde en krankzinnige humor en de grensverleggende visuele aanpak, maken van The Kingdom een mijlpaal in het televisiegenre en een sleutelfilm in het oeuvre van von Trier.

14.01 > 18:00 + 21.01 > 18:00
Intolerance

Neem het absurde van de Shadoks vermenigvuldigd met de zwarte humor van Topor en u benadert nog bij lange na niet de grimmige werken van deze Engelse regisseur, die het niet van kopjes thee moet hebben ! De "Mondo Mulloy", de serie kortfilms die zowel gewelddadig als erg grappig is, waarin Mulloy de sociale, politieke en culturele zeden op de korrel neemt, zijn al eerder in Nova vertoond. Nu een onweerstaanbare trilogie bevolkt door bizarre mannetjes in de eigen stijl van Mulloy, nog altijd de ëart brut’ waardig.

+ Intolerance I

Phil Mulloy, 2000, GB, 35mm, vo st fr, 11'

Een filmband die het leven van buitenaardse wezens vertoond is teruggevonden : de Zogs. Ze hebben veel overeenkomsten met de mens, behalve dat hun hoofd en geslachtsorganen van plaats gewisseld zijn. De mensen die de film ontdekken, zijn buiten zichzelf door het bestaan van zulke scandaleuze wezens en vragen om de uitroeiing van de bewoners van de planeet Zog.

+ Intolerance II - The Invasion

Phil Mulloy, 2001, GB, 35mm, vo st fr, 15'

Alleen Dwight Hokum weet dat de Zogs de aarde al gekoloniseerd hebben. Alleen hij kan dus de planeet redden. Maar bestaan de Zogs wel echt ?

+ Intolerance III - The Final Solution

Phil Mulloy, 2004, GB, 35mm, vo st fr, 24'

Over 2000 jaar : de vloot van ruimtevaartuigen die de aarde verlaten heeft, doorkruist het hele universum op zoek naar de planeet Zog. Het team is verdeeld : je hebt zij die geloven in het bestaan van de Zogs en zij die dat niet doen. In de verwoede strijd tussen de twee kampen, zijn Adam en Eva Hokum vastbesloten met elkaar het geluk te vinden. Zal de planeet Zog het paradijs voor hen zijn ?

18.01 > 22:00 + 03.02 > 20:00
Intolerance I

Een filmband die het leven van buitenaardse wezens vertoond is teruggevonden : de Zogs. Ze hebben veel overeenkomsten met de mens, behalve dat hun hoofd en geslachtsorganen van plaats gewisseld zijn. De mensen die de film ontdekken, zijn buiten zichzelf door het bestaan van zulke scandaleuze wezens en vragen om de uitroeiing van de bewoners van de planeet Zog.


Intolerance II - The Invasion

Alleen Dwight Hokum weet dat de Zogs de aarde al gekoloniseerd hebben. Alleen hij kan dus de planeet redden. Maar bestaan de Zogs wel echt ?


Intolerance III - The Final Solution

Over 2000 jaar : de vloot van ruimtevaartuigen die de aarde verlaten heeft, doorkruist het hele universum op zoek naar de planeet Zog. Het team is verdeeld : je hebt zij die geloven in het bestaan van de Zogs en zij die dat niet doen. In de verwoede strijd tussen de twee kampen, zijn Adam en Eva Hokum vastbesloten met elkaar het geluk te vinden. Zal de planeet Zog het paradijs voor hen zijn ?


Songs from the Second Floor

Vanuit een aaneenschakeling van lange gestileerde beelden, vertelt Roy Anderson ons een grimmige geschiedenis waarin onze maatschappij met de vinger gewezen wordt.
Het begin zet de toon : een oude werknemer klampt zich vast aan het been van zijn baas die hem net heeft ontslagen. Een immigrant wordt onder de voet gelopen in de straat in de algemene onverschilligheid. Een goochelaar slaagt niet in zijn nummer met een man die in tweeën gehakt wordt. Evenzoveel grappige ongerijmde beelden zoals een Christus die aan zijn kruis balanceert. Daar zien we Karl : een geruïneerde vader waarvan de ene zoon alcoholist is en de ander gek geworden door zijn poëzie. Door de stad zwervend ten prooi aan chaos, kristalliseert Karl alle individuele en collectieve schuld, waarvan misschien alleen het laatste oordeel ons zal verlossen. Door de bijzonder mélange van Buñuel, Kaurismäki, Tati en Chaplin van "Songs of the Second Floor”, maakt de film deel uit van de schitterende films die geschiedenis gemaakt zouden moeten hebben en die toch helaas onopgemerkt zijn gebleven bij ons, omdat de film in die tijd niet gedistribueerd werd. Voor de eerste keer gepresenteerd in de polyvalente zaal van het Rijksadminitratief centrum tijdens PleinOPENair 2004, is dit een film die zeker het (her)ontdekken waard is, dit keer eindelijk in de zaal van Nova !

27.01 > 20:00 + 03.02 > 22:00
Yes Sir ! Madame...

Zoal de titel al aangeeft, gaat deze film over talen, en zelfs afwisselend over twee talen : het Frans en het Engels. Er is hier sprake van een identiteitsprobleem, van een linguïstische en culturele schizofrenie, die een Canadees uit Québec kan ervaren, zoals dat trouwens ook in België het geval kan zijn.
"Yes Sir ! Madame..." begint op het moment dat de politiemachten 19 super8 filmrollen terugvinden, die toebehoorden aan een oud-minister van de conservatieve partij : Earl Tremblay. Negentien filmrollen van ieder drie minuten die hijzelf presenteert in voice-over, soms in het Engels, soms in het Frans. Maar iets klopt niet met de vertalingen, die niet helemaal zeggen... Tussen subjectieve camera en permanente ambiguïteit, tussen realiteit en fictie, toont de film ons twee talen, twee manieren van denken, die naarmate de film zich ontrolt, steeds meer uit elkaar gaan totdat ze de gebeurtenissen helemaal niet meer op dezelfde manier vatten.

+ Le temps des bouffons

Pierre Falardeau, 1993, CA, 16mm, vo fr 15'

Een jubileumpamflet tegen het Britse en Canadese kolonialisme. Een shockerende film over de koloniale bourgeoisie die de verjaardag van 200 jaar kolonisatie viert. Terwijl de voice-over de rampen die zich op dat moment afspelen de revue laat passeren, kunnen we een feestelijk beeld bewonderen : gezichten die niets anders uitdrukken dan de bevrediging van schoongewassen en mooi opgedirkt te zijn. De meesters spelen de rol van meesters en de slaven de rol van slaven.

+ Ilha das flores [het bloemeneiland]

Jorge Furtado, 1989, BR, 35mm, vt fr st nl, 13'

Wie heeft deze intense en rake film nog nooit gezien, waar men achtereenvolgens een tomaat, een varken en de duim van Mevrouw Annette volgt ? De ambitie van de regisseur ? "Aan een bewoner van een andere planeet laten zien hoe de aarde is". Met een onnavolgbare humor, zijn deze dertien minuten voldoende om het onfeilbare raderwerk van de wereldhandel in beweging te zetten. Wij raken er nooit door verveeld !

Drie films die al vele malen in Nova vertoond zijn sinds de openingsavond : zoals "Het bloemeneiland" en ook "Yes sir ! Madame...". Maar het gaat om drie onvergetelijke films ! Om te zien, opnieuw te zien en steeds weer opnieuw te zien !

28.01 > 20:00 + 01.02 > 22:00
Le temps des bouffons

Een jubileumpamflet tegen het Britse en Canadese kolonialisme. Een shockerende film over de koloniale bourgeoisie die de verjaardag van 200 jaar kolonisatie viert. Terwijl de voice-over de rampen die zich op dat moment afspelen de revue laat passeren, kunnen we een feestelijk beeld bewonderen : gezichten die niets anders uitdrukken dan de bevrediging van schoongewassen en mooi opgedirkt te zijn. De meesters spelen de rol van meesters en de slaven de rol van slaven.


Ilha das flores het bloemeneiland

Wie heeft deze intense en rake film nog nooit gezien, waar men achtereenvolgens een tomaat, een varken en de duim van Mevrouw Annette volgt ? De ambitie van de regisseur ? "Aan een bewoner van een andere planeet laten zien hoe de aarde is". Met een onnavolgbare humor, zijn deze dertien minuten voldoende om het onfeilbare raderwerk van de wereldhandel in beweging te zetten. Wij raken er nooit door verveeld !


Andrew Kötting

Andrew Kötting is een van de meest intrigerende en originele filmmakers van de huidige Engelse scène. Altijd al heeft deze regisseur een forse weerstand gehad tegen elke vorm van gestandaardiseerde taal. Zijn talent om te spelen met de codes van de cinema en nieuwe codes uit te vinden, werd een onderscheidend kenmerk van zijn films. Kötting heeft een onverzadigbare nieuwsgierigheid, en dat ette hem er toe aan om ook video- en geluidsinstallaties te maken. Velen kwalificeren hem als een excentrieke visionair, en dat is te zien in zijn twee langspeelfilms, Gallivant (1996) en This filthy earth (2001), die Nova vroeger vertoond heeft. Het meesterschap dat hij laat zien met deze films was zeker niet hetzelfde geweest zonder de reeks kortfilms die hij daarvoor maakte. We vertonen ze voor het eerst in Nova, in de ondertitelde versie !

+ Klipperty Klopp

Andrew Kötting, 1984, GB, super8 > video, vo st fr, 12'

Een post-punk oeuvre, van een heidense gevoeligheid, dat dierlijkheid en sodomie met elkaar vermengt, met een energie boordevol levenskracht.

+ Kingdom Protista

Andrew Kötting, 2000, GB, super8 > video, vo st fr, 6'

De grote en flexibele zwerftocht van een bacterie.

+ Hoi Polloi

Andrew Kötting, 1990, GB, super8 > video, vo st fr, 5'

Half- home-movie, half dagboek, is "Hoi Polloi" (in het Grieks "gewone mensen") een familiefilm, gedraaid in de Pyreneeën.

+ Gallivant [The Pilot]

Andrew Kötting, 1994, GB, super8 > video, vo st fr, 6'

Het is de piloot-kortfilm die Kötting heeft gemaakt ter voorbereiding van de langspeelfilm met de dezelfde naam. "Het is op de meest onwaarschijnlijke plaatsen dat het het meest waarschijnlijk is om je geluk te vinden".

+ Nucleous Ambiguous

Andrew Kötting, 2002, GB, video, vo st fr, 2'

Ergens, tussen normaal en abnormaal, plaatst de werkelijkheid zich.

+ Hub-Bub in the Baobabs

Andrew Kötting, 1989, GB, 16mm > video, vo st fr, 30'

Deze film toont ons de auteur zwervend door het bos, gesitueerd in de mythische streek van de "mensenetende bomen" in Madagascar.

20.01 > 22:00 + 02.02 > 20:00
Klipperty Klopp

Een post-punk oeuvre, van een heidense gevoeligheid, dat dierlijkheid en sodomie met elkaar vermengt, met een energie boordevol levenskracht.


Kingdom Protista

De grote en flexibele zwerftocht van een bacterie.


Hoi Polloi

Half- home-movie, half dagboek, is "Hoi Polloi" (in het Grieks "gewone mensen") een familiefilm, gedraaid in de Pyreneeën.


Gallivant The Pilot

Het is de piloot-kortfilm die Kötting heeft gemaakt ter voorbereiding van de langspeelfilm met de dezelfde naam. "Het is op de meest onwaarschijnlijke plaatsen dat het het meest waarschijnlijk is om je geluk te vinden".


Nucleous Ambiguous

Ergens, tussen normaal en abnormaal, plaatst de werkelijkheid zich.


Hub-Bub in the Baobabs

Deze film toont ons de auteur zwervend door het bos, gesitueerd in de mythische streek van de "mensenetende bomen" in Madagascar.


Une aventure de Billy le Kid

Na erin geslaagd te zijn in zijn eentje de delegatie van de Wells Fargo te overvallen, heeft Billy heel wat moeite om zijn buit te vervoeren. Hij ontmoet Ann die is gevlucht voor de aanval van de Cherokee. Hier dus een western, een Franse weliswaar ! In de hoofdrol, Jean-Pierre Léaud, een hallucinante Billy the Kid van een absolute ongehoorzaamheid. Aan zijn zijde : Rachel Kesterber, Jean Valmont, Bruno Kresoja. Als decor de Roubines, een massief in de woestijn van de Alpes-de-haute-Provence, waar de regisseur vandaan komt, dat hij zeer goed filmt. Een eerbetoon, "oneerbiedig en in het geheel niet serieus", aan westerns waarover Moullet veel geschreven heeft (kritieken in de "Cahiers du cinéma" van 1956 tot 1965). Als filmmaker in de marge, niet te klasseren, spreekt Moullet in zijn films van de absurditeit van de samenleving ("De komdie van het werk", 1987, "Oorsprong van een maaltijd", 1978, die de voedingsindustrie aan de kaak stelt, enzovoort.)
Zijn films zijn zeldzaam, hij draait weinig en hij draait buitenissige films. Zeldzaam zijn ook degenen die ze hebben kunnen zien : de laatste, "De ongelukken van de D17" uit 2001, is niet uitgekomen in België. De Nova heeft er wel al enkele vertoond. "Een avontuur van Billy the Kid" was deel van het eerste programma. Wacht niet tot het volgende decennium om deze "ubueske" western te gaan bekijken !

28.01 > 22:00 + 04.02 > 20:00
Sharunas Bartas, Pedro Costa, Nicolas Klotz, Sergeï Loznitsa, Straub & Huillet...

Sedert haar oprichting in 1997 verkent Nova onophoudelijk de vele facetten van de Belgische en internationale cinematografie. Wat meteen ook één van de voornaamste drijfveren was om deze plek te openen.
In Nova kon je films ontdekken van regisseurs als Pedro Costa ("Ossos", "No Quarto da Vanda"), Sharunas Bartas ("Three Days", "Few of Us", "Corridor", "The House"...), Jean-Marie Straub en Danièle Huillet ("Sicilia !", "En rachâchant"), Sergeï Loznitsa ("Today We are Going to Build a House") en Nicolas Klotz ("Paria", "La blessure")... Films met onderlinge raakvlakken, net zoals hun makers. Hun gemeenschappelijke banden, of die nu over formele aspecten, productiewijze of thematiek en de benadering ervan gaan, zetten ons ertoe aan om tijdens Nova’s verjaardagsprogramma een heel weekend te wijden aan deze bloedbroeders-regisseurs.
Door de documentaire van Pedro Costa over Straub & Huillet te linken aan de voorstelling van hun "Ouvriers, Paysans", door "La blessure" van Nicolas Klotz te koppelen aan "Juventude, em marcha !" van Costa en de kortfilms van Loznitsa aan Bartas’ nieuwe film "Seven Invisble Men", willen we hun soms eigengereide uitgangspunten, die deze creatie van deze film vergezellen en de persoonlijkheid van hun acteurs onthullen, belichten. Pedro Costa, Nicolas Klotz, Sharunas Bartas en Sergeï Loznitsa zullen samen aanwezig zijn tijdens de voorstellingen.
Waarom filmt Costa Straub & Huillet tijdens hun montage van "Sicilia" !? Waarom moest "La blessure" van Klotz oorspronkelijk de tegenhanger van "Juventude, em marcha !" van Costa zijn, en vice versa ? Waarom werken Bartas en Loznitsa samen aan het scenario van de volgende film van Bartas ? Hoe komt het dat enkele van hen met hetzelfde productiehuis werkten ?
Vragen die wij ons stellen, die we hen stellen.
Opdat de cirkel rond zou zijn.


Sarunas Bartas

"De cinema van Sarunas Bartas heeft altijd bestaan, sinds de wereld wereld is. Maar wij, waar waren wij ?” Leos Carax, fragment uit "De quoi sommes-nous la somme ?"(1995).
"Op het ritme van een productie per jaar, werkt Bartas onophoudelijk en staat hij, helemaal op z’n eentje in voor twee derde van de Litouwse filmproductie van de laatste jaren. Zijn films, van de eerste tot de meest recente, onthullen het potentieel, het meesterschap en de groeiende rijpheid van deze jonge instinctieve regisseur". Nova, programma #21 (december 1988)
"De gemeenschappelijke noemer van de films van Sarunas Bartas is de vlucht (...) Deze vlucht is onveranderlijk verbonden met een besliste en beslissende zoektocht, koppig bestemd om te mislukken : de zoektocht, vaak ontgoochelend, naar een beetje menselijke warmte en begrip in een wereld die uiteindelijk weinig te bieden heeft." Nova, programma #21 (december 1998).

In samenwerking met het Konijnklijk Belgisch Filmarchief.


Seven Invisible Men

Bartas en zijn ploeg laden bestelwagen en vrachtwagens vol materiaal om een film te draaien. En ze verlaten Vilnius. Net zoals voor "Few of Us" (Siberië) en "Freedom" (woestijn in Marokko), zet Bartas een ware expeditie op poten om de ideale opnameplek te vinden. Vliegtuig noch ander eerste klasse-comfort wordt ingezet. Iedereen, techniekers, acteurs, producers vindt elkaar terug in de caravan, aan boord van oude Russische voertuigen en van één of twee jeeps. Dagenlang. Dit keer is de bestemming de Krim, het Zuiden van het oude Sovjetrijk. In de Krim waar een gemeenschap van mensen, bijeengebracht door de wil om in een andere maatschappij te leven, de stad verlaten om er intrek te nemen in een klein plattelandsdorpje.
Wat is het resultaat van deze vlucht ? Is zoiets wel mogelijk indien je weet dat wat je wilt ontvluchten waarschijnlijk alles is ? Evenzoveel antwoorden in de laatste sequentie van film...

+ The Train Stop

Sergei Loznitsa, 2000, RU, 35mm, sans dial, 25'

In een wachtzaal van een Russisch station slapen mensen. Tussen twee treinen door. De camera van Loznitsa streelt hun gezichten en bespiedt hun minste bewegingen, voordat ze ontwaken. Voordat ze de trein nemen. Een film die wiegt, die je best bekijkt met neergelegd hoofd.

In samenwerking met het Konijnklijk Belgisch Filmarchief.

09.02 > 20:00
The Train Stop

In een wachtzaal van een Russisch station slapen mensen. Tussen twee treinen door. De camera van Loznitsa streelt hun gezichten en bespiedt hun minste bewegingen, voordat ze ontwaken. Voordat ze de trein nemen. Een film die wiegt, die je best bekijkt met neergelegd hoofd.


Vulkanovka - After the Grand Cinéma

"Men had ons gewaarschuwd dat ze eraan kwamen. Dus toen ik ze heb gezien voor de kruidenier, ben ik gaan kijken. Ze waren met enkele om grote lichten te installeren. Ik verwachtte dat alles snel zou gaan, zoals je in de films ziet.
Maar neen ! Ze draaiden en dan bewogen ze de camera en alle lichten. Na twee, drie uur, ben ik naar huis gegaan. Ik wist niet dat film zo was." (een bewoner)
Vulkanovka (hoogtegraad. : 45°8’N - breedtegraad. : 35°57’OE), een klein stadje in de Krim, door goden en mensen vergeten, volgens de bewoners. Maar niet door iedereen, want het is daar dat Sharunas Bartas gedurende twee jaren zijn film "Seven Invisible Men" draait.
Geidre Beinoriuté gaat de bewoners negen maanden later opzoeken om naar hun indrukken, reacties en andere humeuren te peilen. Gedurende die twee jaren dat filmploeg en bewoners samenleefden, deed iedereen wel iets : het eten maken, de ploeg een handje toesteken, ontdekken, delen en leren. Maar wat blijft ervan over, eens dat de opnamen beëindigd zijn ? Herinneringen, natuurlijk, goede dan nog wel. Maar ook melancholie en hoop, opgewekt door dit korte hoofdstuk, daar waar de karavaan van Bartas voorbijkwam.

11.02 > 16:00
Sergei Loznitsa

Loznitsa, geboren in 1964, treedt in de voetsporen van zijn ouders die wiskundigen zijn en behaalt zijn ingenieursdiploma in 1987. In 1991 slaat hij een andere richting in en schrijft zich in aan het VGIK, de bekende Russische filmschool. Zijn eindejaarswerk is "Today We are going to Build a House" en sindsdien volgden verschillende korte en middellange films. Loznitsa bouwt zijn oeuvre met films die onderling sterk verweven zijn. Telkens weer opnieuw laat hij zijn camera draaien om een plaats en de personen die erin evolueren te ontsluieren. Of het nu om arbeiders gaat ("Today We are..."), wachtende passagiers ("The Train Stop"), landbouwers ("The Settlements", "Portraits") of vissers ("Artel"), Loznitsa toont hun dagelijkse leven en dankzij een subtiel werk van geluidsopnamen, toont hij momenten van pure poëzie, momenten uit een andere dimensie, zo lijkt het wel.

+ Artel

Sergei Loznitsa, 2006, RU, 35mm, sans dial, 30'

Vissers rollen hun netten uit en bereiden de vangst voor. Ze lopen op het water. Onder hen zijn er vissen. En tussen hen in, het ijs dat gebroken moet worden in de hoop dat zo enkele vissen in de mazen van hun netten blijven hangen.

+ Today We are Going to Build a House

Sergei Loznitsa & Marat Magambetova, 1996, RU, 35mm, sans dial, 30'

Een dag lang, op een werf, tonen Loznitsa en Magambetova het geduldige, minutieuze en soms faraonische werk van de bouwarbeiders.

+ The Train Stop

Sergei Loznitsa, 2000, RU, 35mm, sans dial, 25'

Deze kortfilm wordt vertoond voor "Seven Invisible Men", want deze twee zielsverwanten werkten samen op het scenario van de volgende film van Bartas.

10.02 > 18:00
Artel

Vissers rollen hun netten uit en bereiden de vangst voor. Ze lopen op het water. Onder hen zijn er vissen. En tussen hen in, het ijs dat gebroken moet worden in de hoop dat zo enkele vissen in de mazen van hun netten blijven hangen.


Today We are Going to Build a House

Een dag lang, op een werf, tonen Loznitsa en Magambetova het geduldige, minutieuze en soms faraonische werk van de bouwarbeiders.


The Train Stop

Deze kortfilm wordt vertoond voor "Seven Invisible Men", want deze twee zielsverwanten werkten samen op het scenario van de volgende film van Bartas.


Pedro Costa

Wat bezielt een cineast om op een gegeven moment de wereld van de festivals en de 35mm langspeelfilm de rug toe te keren en zich toe te leggen op de uitgepuurde eenvoud door met een digitale camera een verslaafd personage te filmen ?
Welke gebeurtenis kan de ommekeer verklaren ? Tijdens zijn verblijf in Brussel had Costa het over "mysticisme" om zijn verhouding met de personages in de film te beschrijven. Misschien is mysticisme wel het sleutelwoord. Costa geeft de indruk zijn personages te benaderen als een mysterie, zoals bij een openbaring. Maar welke openbaring ? Die van de onverdachte schoonheid van de zelfkant van de maatschappij of die van een verdoemde cineast ? Nova koestert een voorliefde voor deze man en zijn films. Een jaar lang - misschien zelfs meer - hebben we geworsteld om een kopij van zijn voorlaatste film te bemachtigen, "No quarto de Vada". We hebben er een hechte band met hem aan overgehouden. Pedro kwam onlangs zijn laatste film presenteren ter gelegenheid van "Filmer à tout prix". Wij waren uiteraard van de partij.


Juventude, em marcha !

"Juventude, em marcha !" bouwt voort op voorgaande films met eenzelfde stijl in dezelfde buurt en met dezelfde personages. De film duurt langer en in tegenstelling tot de voorgaande films, heerst er nu een schijn van hoop in het sombere tafereel. We vinden er Vanda, die intussen een kind heeft gekregen en een ontwenningspoging achter de rug heeft. Centraal in de film staat Ventura, de arbeider uit Kaapverdië. Na de tumultueuze scheiding met zijn vrouw, draagt hij een ontroerende liefdesbrief voor die echter niet van zijn hand kan zijn. Hij kijkt vooruit en tracht geduldig zijn leven weer op de rails te krijgen. Eens uitgewezen uit de Fontainhas wijk in Lissabon eist hij van de administratie een woning zo groot als de Ark van Noach zodat het alle familieleden kan herbergen en hen kan behoeden voor de zondvloed.

10.02 > 20:00
Tout refleurit

Aurélien Gerbault vervoegt Pedro Costa tijdens het draaien van zijn laatste film in Lissabon : "Juventude, em marcha !". We vinden er Pedro die op minutieuze wijze een shot voorbereid. Hij regisseert daarbij heel subtiel zijn hoofdpersonage, Ventura, de Kaapverdiër en vader van Vanda Duarte (die we o.a. terugvinden in de films "Ossos" en "No quarto da Vanda"). Pedro vergezeld ons vervolgens naar enkele plaatsen waar Ventura heeft geleefd of verbleef. Hij loodst ons door "zijn" wijk in Lissabon (Fontaihnas) die centraal staat in veel van zijn films. Van deze wijk, ver van de stroom toeristen, blijft echter niet veel meer dan wat bakstenen over. Pedro beschrijft de wijk zoals ze eruit zag : "hier, van daar tot daar dat was de kamer van Vanda waar ik elke morgen mijn camera plaatste. En daar was de straat waar Vanda op de deuren klopte om haar groenten te verkopen. En daar, dat huis, waar nu die vrachtwagen staat… tenzij… nee, het was daar !". Pedro gaat maar door tot de nacht valt in de wijk. Hij vertelt over deze wijk die hij gedurende jaren doorkruist heeft met de camera in de hand, over zijn herinneringen aan wat hij er gezien en gefilmd heeft. Bloeit alles weer op ? Kijk en luister naar het verhaal van Pedro te midden van dit terrein in ruïne. Als we hem zo zien, twijfelen wij er niet aan, hij is er nog altijd.

04.02 > 22:00
Où gît ton sourire enfoui

"De moeilijkheid zit ’m erin een film te maken op het niveau van Jean-Marie (Straub) en Danièle (Huillet). Uiteindelijk hebben we een goede gelegenheid gevonden, namelijk de montage van de derde versie van "Sicilia !". Ik heb Jean-Marie en Danièle voorgesteld het proces van de montage integraal te filmen, maar dan als document. Ik geloof dat ze me toen hebben gezegd : "Bizar, hoe ga jij dat doen ?". Ze zagen niet goed hoe dit zou kunnen lukken. Maar tegelijk denk ik dat ze wel geïnteresseerd waren nadat ze zagen wat ik met Vanda heb gedaan : een werk met een beetje sociologie, antropologie, iets over een persoon steeds aanwezig is, steeds op zoek. Het voorstel bestond erin een document te maken over een werk dat ze zouden verwezenlijken gedurende ongeveer één maand. Ik heb de montage bekeken, hoe een film wordt gemaakt, de planning en aan Jean-Marie en Danièle gevraagd iets zus of zo te doen. Het werd er niet eenvoudiger op. Vooral omdat ze heel genereus waren bij het overbrengen van hun kennis en gevoelens. Ze vertalen hun gevoelens zeer goed. En ik voel dat Jean-Maire en Danièle dat ook gewaar werden." (Pedro Costa, een fragmenten uit "Tout refleurit")

08.02 > 22:00
Ouvriers, paysans Operai, Contadini

In juni 2001 bracht Nova een film uit die geen enkele verdeler, geen enkele zaal wilde vertonen, ondanks de prijs van distributiesteun die hij kreeg van de jury van "Filmvondsten", elf maanden eerder. Het ging om "Sicilia !", zesenzestig minuten ingehouden boosheid en gevoelige empatie, over politiek en sensuele alledaagsheid, gebaseerd op een tekst van de communistische schrijver Elio Vittorini.
Datzelfde jaar stelde het regisseurskoppel Huillet & Straub "Operai, Contadini" (Arbeiders, boeren) voor, een verfilming van een documentaire roman van dezelfde schrijver. Het zwart-wit van "Sicilia !" maakte plaats voor kleur, de locaties -haven, trein, huis, dorpsplein- worden vervangen door een bos met vol bladgeritsel en wisselende zonnestralen. Maar nog altijd met de acteurs van Teatro Comunale de Butien, waarvan sommigen gemakshalve beweren dat het amateur-acteurs zijn. "Operai, Contadini" verhaalt gedurende vier seizoenen het dagelijkse leven van een gemeenschap arbeiders en boeren, mannen en vrouwen die trachten, soms moeizaam, samen te leven en hun dorp opnieuw op te bouwen na een aardbeving.
In 2002, in "Humiliés", derde film naar een tekst van Vittorini, wordt een gemeenschap die zich een braakliggend terrein toegeëigend had, bedreigd met uitzetting door de eigenaren die er plots weer gebruik van willen maken... net zoals de nieuwe eigenaren van de Arenbergstraat 3 enkele jaren geleden trachtten de zaal te recupereren, terwijl een collectief de plek liet heropleven. De films van de Straubs bevallen ons niet alleen door hun onverzettelijkheid die vaak tegengewicht biedt aan onze zwakke plekken, maar ook omdat ze beeld en stem geven aan situaties die ons diep raken.

11.02 > 18:00
Nicolas Klotz

Met verschillende lange documentaires en fictiefilms op zijn naam, maakt Nicolas Klotz deel uit van die filmmakers die onophoudelijk de noodzaak opeisen om films met een sterke moraliteit te maken, of dat nu om de keuze van het onderwerp gaat of om de manier van enscenering of in beeld brengen. Dit komt op frappante wijze tot uiting in de benadering die hij heeft tot de auteurs, of die nu professioneel zijn of amateur. Want in zijn films is elk gezicht, elke blik, elk lichaam gefilmd om een bijzonder, uniek en intiem aspect te tonen. Klotz is eveneens theatermaker, wat misschien verklaart waarom hij met gemak niet enkel het auteursspel verkent, maar ook de kracht van woorden en stiltes, en deze tot het uiterste duwt. Bovendien is er die ongelofelijke samenwerking met Elisabeth Perceval, zijn scenariste en levensgezellin. Samen vormen ze één van die koppels waarvan je zou denken dat ze enkel op het witte doek bestaan.


La blessure

Maandenlang al wacht Papi, politiek vluchteling in Frankrijk, op de komst van zijn vrouw Blandine die op dat moment nog in Kinsjasa is. En plotseling het verlossende telefoontje : zij is net in Parijs geland. Maar op de luchthaven van Roissy wordt Blandine opgesloten in een cel samen met tientallen andere personen, en de politie ontkent dat haar naam op de passagierslijst komende van Kongo vermeld staat. Beledigingen en vernederingen kondigen haar nieuwe aan, dat zo anders begint dan dat ze verwachtte. Er worden wonden geslagen die nooit meer helen. De autoriteiten trachten haar uit te wijzen met geweld, waarbij ze juridische regels en ethische codes naast zich neer leggen. Vier jaar na "Paria", die andere film over uitgestotenen (daklozen in parijs), is "La blessure" bovenal een fictie die evenzogoed een documentaire zou kunnen zijn. Minutieus opzoeking- en verkenningswerk, een sterk scenario en een enscenering met acteurs die hun eigen ervaringen vertolken, maken van "La blessure" een film waarin elke scène haast tot in het extreme afgewogen is op de morele betekenis die ze kan inhouden.

In aanwezigheid Nicolas Klotz en Elisabeth Perceval.

11.02 > 20:00
https://www.nova-cinema.org/spip.php?page=print&id_rubrique=919&lang=fr