• mer 04.03.2015
  • 20:00 Ouverture

    En duva satt på en gren och funderade på tillvaron
    Roy Andersson, 2014, SE, HD, vo st fr & nl, 101'
    Deux représentants de commerce déprimés et déprimants vendent des cotillons. Sans laisser transparaître aucune émotion, ils vantent l’amusement sans fin que peuvent procurer leurs articles de fantaisie, dents de vampires en plastique "extra longues" ou sac à rire. Ces personnages sont le fil rouge de ce récit kaléidoscopique en 39 tableaux, qui les confronte à des situations absurdes avec des marins ivres, des familles obsédées par l’argent, des barmaids qui poussent la chanson ou encore le roi Charles XII, débarqué du XVIIIe siècle sur son cheval. Roy Andersson ("Songs from the Second Floor", "You, the Living") injecte de l’insolite dans la vie quotidienne pour mieux en souligner la beauté et la tragédie, et contempler la condition humaine avec cynisme, mélancolie et humour caustique. Nous vous proposons la première belge de cette brillante comédie douce-amère qui a remporté le Lion d’or du festival de Venise en septembre.
  • jeu 05.03.2015
  • 20:00

    Leigh Janiak, 2014, US, HD, vo, 87'
    Deux jeunes mariés vont passer leur lune de miel dans une maison au milieu de la forêt. Ils se connaissent depuis peu et profitent de cette maison appartenant aux parents de madame pour approfondir leurs liens et bâtir leur relation maritale. Une nuit, la jeune femme disparaît et le mari la retrouve dévêtue au milieu des bois, comme pétrifiée. Elle change petit à petit de comportement, ce qui inquiète le jeune marié qui, après tout, se retrouve dans une situation difficile alors qu’il est sur son terrain à elle... Jouant bien des codes sans donner l’impression de les réinventer et sans être banal, “Honeymoon” s’appuie sur son duo séduisant, soit Rose Leslie (la sauvage Ygritte de “Game of Thrones”) et Harry Treadaway (la moitié de “Brothers of the Head”). Du cinéma “fantastique” au sens littéraire du terme, qui exploite pertinemment les angoisses du couple et l’image de la femme comme créature insaisissable.
    + Rabbitland
    Ana Nedeljkovic & Nikola Majdak Jr. , 2013, RS, HD, vo ang , 7'
  • 22:00

    George P. Cosmatos, 1986, US, 35mm, vo st fr & nl, 87'
    "Cobra", c’est une équation indiscutable : méchant + gros flingues + Stallone = succès. C’est aussi une équipe qui gagne : repêchés de leur succès dans tout le système solaire avec “Rambo II”, George P. Cosmatos et Sly semblent faire un bon combo. À cela s’ajoute Brigitte Nielsen, qui vit une amourette avec l’étalon italien depuis “Rocky IV”. Le résultat est l’un des plus gros succès du film de justicier de la décennie, qui se paye le luxe de ne pas s’embarrasser d’un discours critique. Dans une dystopie déchirée entre le crime et les procédures bien-pensantes des démocrates, la légende vivante Marion Cobretti, dit “Cobra”, s’est fait un devoir de rétablir l’ordre, entre deux gorgées de Pepsi, avec un degré de subtilité qui frise le zéro absolu dans ce nanard d’action jouissif, décomplexé et nihiliste.
  • ven 06.03.2015
  • 20:00

    Peter Strickland, 2014, GB, HD, vo st fr & nl, 101'
    Un couple d’entomologistes lesbiennes entretient une relation sadomasochiste houleuse. L’allure rétro du magnifique générique de début donne le ton de ce film dont l’ambiance rappelle le giallo des années 70. Le spectateur reste suspendu dans le temps, flottant entre fantaisie et réalité, amour et désir, pouvoir et impuissance. Le réalisateur Peter Strickland (“Berberian Sound Studio”) crée une atmosphère comico-absurde, tout en cristallisant avec justesse l’équilibre dans un couple. Il réussit un coup de maître, soutenu notamment par le talent de Sidse Babett Knudsen (“Borgen”) et un caméo de Monica Swinn, habituée des films de Jess Franco. Ce film marque aussi par sa mise en scène épurée et sa photographie majestueuse. Un pur moment de plaisir.
  • 22:00

    Attack of the Mushroom People
    Ishirô Honda, 1963, JP, 35mm, vo st ang, 89'
    Week-end de voile au Japon au début des années soixante. Habits d’époque, bonne humeur, rires, accrochages, et chanson légère (lalalala) sont de mise sur le bateau, avant que ne se déclare un orage qui conduira au naufrage sur une étrange île. Nos naufragés découvrent ensuite un vieux navire échoué, recouvert d’une étrange mousse et de champignons bizarres. La question de savoir s’il faut en manger va fortement diviser le groupe. Sous couvert d’un film d’aventure basé sur une histoire de William Hope Hodgson, Honda se réapproprie la trame et insuffle au récit une surprenante poésie mélancolique qui tranche avec l’apparente légèreté du genre. Cerise sur le champignon, cet excellent film est proposé dans une copie 35mm en VO, une version probablement jamais montrée en dehors du Japon ! Sans aucun doute l’un des films inratables d’Offscreen 2015...
  • 24:00

    Mark Buntzman, 1984, US, 35mm, vo st fr & nl, 89'
    Un milicien solitaire ("vigilante" en VO) endossant un masque de soudeur, élimine au lance-flammes de dangereux délinquants. Conduisant fièrement un camion poubelle, il livre une guerre sans merci aux loubards très méchants. Il faut dire qu’ils sont sans foi ni loi et sans morale, ces trafiquants, et qu’ils finissent par blesser la petite amie si gentille du héros, sans raison. Mauvaise pioche ! Là encore, démonstration parfaite d’une droite décomplexée et raciste, ahurissante. Une extrême violence eighties qui choque aujourd’hui et dans laquelle on est surpris de retrouver Mario Van Peebles en chef des bad guys. Bien entendu, le parti pris du film fait sourire et même souvent rire aux éclats tant les choix de réalisation tombent inlassablement dans le cliché. Produit de son époque et d’une certaine idéologie, "Exterminator 2" est sans conteste l’un des plus édifiants titre de la firme.
  • sam 07.03.2015
  • 18:00 Ouverture

    En duva satt på en gren och funderade på tillvaron
    Roy Andersson, 2014, SE, HD, vo st fr & nl, 101'
    Deux représentants de commerce déprimés et déprimants vendent des cotillons. Sans laisser transparaître aucune émotion, ils vantent l’amusement sans fin que peuvent procurer leurs articles de fantaisie, dents de vampires en plastique "extra longues" ou sac à rire. Ces personnages sont le fil rouge de ce récit kaléidoscopique en 39 tableaux, qui les confronte à des situations absurdes avec des marins ivres, des familles obsédées par l’argent, des barmaids qui poussent la chanson ou encore le roi Charles XII, débarqué du XVIIIe siècle sur son cheval. Roy Andersson ("Songs from the Second Floor", "You, the Living") injecte de l’insolite dans la vie quotidienne pour mieux en souligner la beauté et la tragédie, et contempler la condition humaine avec cynisme, mélancolie et humour caustique. Nous vous proposons la première belge de cette brillante comédie douce-amère qui a remporté le Lion d’or du festival de Venise en septembre.
  • 20:00

    Tobe Hooper, 1969, US, HD, vo st fr, 89'
    À Austin, dans une zone résidentielle, une bande de jeunes, étudiants et/ou glandouilleurs, squattent une maison. Ambiance sixties assurée, on y discute politique, prend des substances, pratique l’amour libre, joue de la musique, fait la fête, oui mais voilà, le sous sol est habité par des forces étranges... Plus que le sujet, ce premier long métrage de Tobe Hooper est fascinant par le monde qu’il décrit, un monde peu documenté : les années hippies au Texas. Mais aussi et surtout il fascine par l’incroyable liberté que prend Hooper pour tourner ce film où nombre de séquences expérimentales ne manquent pas d’étonner. Dans un faux rythme d’époque qui deviendra l’une des marques de fabrique du réalisateur, "Eggshells" propose un grand nombre d’éléments formels fort excitants, un vivier pour la suite de sa carrière.
    + The Heisters
    Tobe Hooper, 1964, US, DCP, sans dial, 10'
    + Down Friday Street
    Tobe Hooper, 1966, US, DCP, sans dial, 10'
  • 22:30

    Tobe Hooper, 1985, US-GB, 35mm, vo st fr & nl, 116'
    Sorti fraîchement du succès de “Poltergeist”, Tobe Hooper signe un pacte avec la Cannon et réalise trois films bis mythiques. Pour “Lifeforce”, les cousins Golan/Globus mettent les petits plats dans les grands et signent un chef-d’œuvre de science-fiction et d’épouvante qu’Ed Wood lui-même n’aurait pas renié. Des effets spéciaux flashy aux animatroniques loufoques en caoutchouc en passant par le cabotinage de rigueur, on vous le dit d’avance, rien ne vous sera épargné ! Une équipe d’astronautes ramène sur notre planète des vampires intersidéraux se nourrissant de la force vitale de leurs victimes. L’humanité sera-t-elle prête à survivre à cette menace venue des confins de l’univers ? À noter la présence d’un pontife du genre, Patrick Stewart, et la ravissante Mathilda May qui deviendra grâce à ce film un nouveau sex-symbol de la culture geek.
  • dim 08.03.2015
  • 14:00 Matinee screening

    Frank Oz, 1986, US, HD, vo st fr & nl, 102'
    Un fleuriste nigaud voit le succès et l’amour lui tomber dessus grâce à une plante carnivore. Mais cette créature, qu’il appelle Audrey II, est exigeante et ne fait que répéter avec insistance : "Nourris-moi !". Le film original de Roger Corman, réalisé en 1960, a généré son culte et a été repris sur les planches au début des années 1980 dans une adaptation musicale à succès. Cette version inspire à nouveau le cinéma et revoilà Audrey II prendre possession du grand écran – et comment ! Avec Frank Oz ("The Muppet Show") dans la chaise du réalisateur, la célèbre "Mean Green Mother from Outer Space" prend vie comme jamais auparavant : la plante intergalactique à l’appétit insatiable est campée par Levi Stubbs, chanteur des Four Tops, qui lui donne une voix et un flot de paroles bien swinguant. Les décors sont éclatants et l’humour ravageur. Le tableau est complété par le snul Rick Moranis, parfait dans le rôle principal, et un Steve Martin hilarant en dentiste sadique et rock and roll. Un grand classique du divertissement 80’s, à voir en séance "matinée" dans la récente version director’s cut !
  • 17:00

    Miroslav Slaboshpitsky, 2014, UA, HD, vo st non sous-titré, 130'
    Sergey, un adolescent sourd et muet, entre dans un internat spécialisé. Il y découvre un monde violent et sans pitié où une bande d’élèves gère un réseau de prostitution. Sergey parvient à s’intégrer au groupe grâce à ses talents de bagarreur. À bord d’une camionnette, il conduit deux filles de son école sur une aire d’autoroute, pour qu’elles puissent y vendre leurs charmes aux routiers. Sergey finit par tomber amoureux d’une d’entre elles. Dans ce film ukrainien, les images l’emportent sur la parole, vu que tous les dialogues sont en langue des signes, sans sous-titre. Contre toute attente, le spectateur s’habitue rapidement à ce procédé, qui n’entrave en rien la compréhension de l’histoire. Celle-ci est portée par un rythme assuré, de longs plans séquences et un récit captivant. Lauréat du grand prix de la Semaine de la critique du festival de Cannes, ce film bluffant laisse véritablement sans voix.
  • 20:00

    Tim Grabham & Jasper Sharp, 2014, GB, HD, vo, 81'
    Les myxomycètes : malgré leur discrétion, ils sont massivement présents dans la nature. Longtemps classés dans la famille des champignons, ces organismes fongoïdes présentent pourtant des affinités avec le règne animal. Les myxomycètes (en anglais, slime mold) tiennent le rôle principal dans ce documentaire hallucinant qui dissèque leur mode de vie, notamment au moyen de la photographie accélérée. Cette moisissure visqueuse hors du commun tisse des réseaux complexes et gigantesques et fait ainsi preuve d’une intelligence insoupçonnée. Le documentaire s’apparente à de la science-fiction et donne l’impression de se trouver en plein dans “Invasion of the Body Snatchers”. Ces images intrigantes sont accompagnées d’une bande originale hypnotisante signée Jim O’Rourke.
  • 22:00

    Steve Sekely, 1963, GB, 16mm, vo, 93'
    Première adaptation du roman de John Wyndham ("Trouble with Lychen"), le spécialiste de la science-fiction biologico-métaphysique. Une pluie de météorites rend aveugle la population de la Terre, à l’exception de William Massen, qui constate avec effroi que les Triffids, plantes ambulantes se nourrissant de chair animale et humaine, envahissent les villes et la campagne. Il décide de fuir vers le sud de l’Europe avec Susan, une petite fille qu’il a sauvé d’un accident de train. Steve Sekely s’éloigne du roman foisonnant et complexe où l’on sait se moquer de l’Angleterre d’après guerre, et prend ses aises. Il en tire un film étonnant, visuellement stimulant, sous forme de fable cataclysmique. Unique en son genre, très rare sur grand écran, une sorte de pendant britannique au magnifique "Matango" de Honda, réalisé la même année.
  • mer 11.03.2015
  • 20:00

    Theu Boermans, 1994, NL, 35mm, vo st ang, 103'
    Dans une petite ville industrielle morose des Pays-Bas, toute l’économie tourne autour de l’usine locale qui fabrique du fil d’acier pour grillages. Au bord de la faillite, celle-ci est sauvée in extremis par des investisseurs américains. Leur arrivée déclenche une impulsion vers la modernité. Alors que certains villageois se laissent prendre au jeu, d’autres s’opposent fermement à ce nouveau mode de vie. Entre-temps, des pousses de roses sauvages apparaissent dans les endroits les plus inhabituels. Une allégorie atypique et percutante où l’appât du gain rapide se solde par le chaos et la déchéance. Ce premier long métrage du metteur en scène Theu Boermans s’inspire d’une pièce de théâtre de Gustav Ernst. Le film est devenu un ovni de l’histoire du cinéma néerlandais et a été récompensé à sa sortie lors du Festival du cinéma néerlandais par un Veau d’or dans les catégories Meilleur long métrage, Meilleur acteur et Meilleure actrice.
  • jeu 12.03.2015
  • 20:00

    L’Invasion des profanateurs de sépultures
    Don Siegel, 1956, US, HD, vo st fr, 80'
    Un médecin de famille est interpellé par des patients qui s’inquiètent du comportement étrange de leur entourage. Ils ne s’expliquent pas pourquoi certains des membres de leur famille ou de leurs amis ne sont plus eux-mêmes et paraissent distants. Dans un premier temps, le docteur soupçonne une hystérie collective mais finit par découvrir que cette épidémie fulgurante est causée par des plantes extra-terrestres. Des cosses géantes produisent des clones humains qui ressemblent trait pour trait aux personnes qu’ils vont remplacer. Plus personne ne sait à qui faire confiance, la peur et la paranoïa prennent le dessus. Il y a toutefois une chose que les clones sont incapables d’imiter : les émotions. Celles-ci ne forment d’ailleurs qu’un obstacle à leur aspiration à une société rationalisée et ultra-performante. Ce classique de la SF intelligent et hautement captivant, marqué par la paranoïa de la guerre froide, n’a rien perdu de sa classe.
  • 22:00

    Roger Corman, 1960, US, HD, vo, 72'
    Seymour est un doux idiot. Il travaille comme assistant chez un fleuriste et vit dans un appartement minable avec sa mère au caractère bien trempé. Mais Seymour est un rêveur. Il est secrètement amoureux de sa collègue Audrey, qui rivalise de niaiserie avec lui. Quand il découvre une plante exotique très spéciale chez un importateur à Chinatown, il la nomme "Audrey II" et s’empresse de la mettre en vitrine du magasin. Les chalands sont intrigués par cette plante étrange et le commerce devient fleurissant. Mais Audrey II se montre difficile à entretenir, la seule chose qui la revigore est le sang humain ! Il ne fallut pas plus de deux jours au légendaire Roger Corman pour tourner cette petite comédie d’horreur, qui allait bientôt devenir un phénomène culte. Avec ses dialogues pleins d’esprit et son humour noir, ce petit film original peut encore rivaliser avec ses adaptations musicales plus récentes. "La petite boutique des horreurs" est aussi connu pour compter l’une des premières apparitions du jeune Jack Nicholson, en patient masochiste chez le dentiste.
    + Treevenge
    Jason Eisener, 2008, US, HD, vo, 16'
  • ven 13.03.2015
  • 20:00

    The Wild, Untold Story of Cannon Films
    Mark Hartley, 2014, AU, HD, vo, 107'
    “Si vous voulez tuer l’ours, assurez-vous d’avoir d’abord vendu sa peau”. Voilà un proverbe qui aurait pu convenir à Menahem Golan et Yoram Globus, fondateurs de la boîte de production Cannon. Les deux cousins israéliens auront su marquer de leur empreinte explosive le bon goût des eighties et le cinéma reaganien avec leurs innombrables productions low-cost et leurs stratégies économiques innovantes pour l’époque. Ce documentaire de Mark Hartley (“Not Quite Hollywood”), un habitué du festival, permet de (re)découvrir le parcours acharné et improbable de la Cannon, qui avait pour ambition de se hisser au rang des majors hollywoodiennes de l’époque, de toucher le plus large public possible et d’atteindre le très convoité panthéon des producteurs oscarisés. Mais plus on monte vite et haut, plus la chute peut s’avérer douloureuse.
  • 22:00

    Joseph Zito, 1985, US, 35mm, vo st fr & nl, 107'
    Le manichéisme est une chose simple : d’un côté il y a les méchants, de l’autre Chuck Norris. Mikhail Rostov, ennemi numéro un, décide de s’en prendre aux États-Unis d’Amérique en les démantelant de l’intérieur, armé d’un bazooka. Animé d’une soif insatiable de vengeance, il lui faudra pourtant faire face à sa plus grande crainte pour voir ses désirs se réaliser : un affrontement en duel avec le garant de la liberté et du grand capital : Mike Hunter (Norris). S’en suivra une course contre la montre pour le salut de l’humanité, où Chuck devra user de la finesse d’un hippopotame en rut sous ecstasy afin de déjouer les tours du diabolique Rostov. Véritable manifeste du héros reaganien, rien ne vous sera épargné : répliques cultes, uppercut et incohérences gargantuesques seront au rendez-vous pour une bataille finale qui restera dans les annales du film Z.
  • 24:00

    The Domination
    Sam Firstenberg, 1984, US, 35mm, vo st fr & nl, 92'
    Qu’on se comprenne bien, les deux premiers opus sont hilarants. Franco Nero en Ninja, c’était déjà bien joué. Mais ce troisième volet, où l’esprit du Ninja (Shô Kosugi) possède une jeune femme, dépasse l’entendement ! Lucinda Dickey (vue dans les "Breakin’" !) est ici engagée pour incarner à la fois l’esprit de "Flashdance", de "l’Exorciste" et du Ninja. Un tour de force impossible et donc raté qui inspire le respect. On rêverait d’assister aux réunions de production de ce film. Une pépite nanardesque 80’s comme seule la Cannon pouvait en accoucher. Qui d’autre aurait pu imaginer Lucinda Dickey en train de démonter le voisin de Alf, Trevor Ochmonek ? Absolument personne. Un ébahissement de chaque instant, une absence totale de... tout, du n’importe quoi décomplexé et des crampes aux abdominaux garanties.
    + Ninja Eliminator IV
    Mathieu Berthon, 2014, FR, HD, vo ang st fr, 8'
  • sam 14.03.2015
  • 13:00 Symposium

    Le symposium au Cinéma Nova et la conférence au Cinéma Rits (le lundi 16 mars) visent à placer la production extraordinaire de la firme Cannon Films dans un contexte culturel et historique plus large. Le cinéma sous l’ère Ronald Reagan (“Reaganite Cinema”) a sonné le glas du cinéma d’auteur des années ’70 et marqué l’avènement irréversible des films d’action à grand spectacle. Le corps “bodybuildé” se trouve au cœur de cette nouvelle perspective, qui rompt avec le traumatisme du Vietnam et le déclin de l’influence des États-Unis sur la scène internationale pendant les années Carter. Des films de la Cannon comme “Missing In Action”, “The Delta Force” et “Cobra” ou d’autres films à succès des années 80 tels que “Rambo III”, “The Secret of My Success” et “Top Gun” témoignent de la confiance retrouvée de la nouvelle droite. Ce sont, en quelques sortes, des vecteurs du renforcement de l’hégémonie américaine (les États-Unis comme chien de garde du monde) et de la promotion du programme néo-conservateur. Parallèlement, une industrie cinématographique indépendante en pleine expansion, notamment grâce au marché florissant de la vidéo, laisse entendre un (...)
  • 18:00

    Michael Winner, 1985, US, 35mm, vo st fr & nl, 92'
    Troisième entrée de la saga, sixième et dernière collaboration entre Charles Bronson et Michael Winner, et un fleuron du film de "vigilante" ! Rarement scénario parano de droite (voire carrément raciste...) ne se sera déployé avec autant d’aplomb sur grand écran. Ni sur petit d’ailleurs, comme nombre de chaînes commerciales ont rempli sans vergogne leurs secondes parties de soirée avec cette sérié. Film d’exploitation par excellence, ramassis de clichés urbains, "Death Wish III" voit le vieux Bronson accusé du meurtre d’un ami pourtant tué par d’affreux loubards. Mais il est libéré à condition qu’il accepte d’éliminer à lui seul les gangs qui infestent la ville. Tout, on y retrouve tout et bien plus encore. Des voyous improbables, de la violence plus que gratuite et cette bonne vieille croyance que dans ce monde vérolé on ne (se) fait justice que soi-même. "It’s my car !"
  • 20:00

    Sono Sion, 2014, JP, HD, vo st ang, 116'
    Baignée dans un éclat Technicolor, une Tokyo dystopique sert d’arène cartoonesque à des gangs de rue caricaturaux s’affrontant pour défendre leurs territoires... à coups de lignes de rap et de flows hip-hop ! Hé oui, après "Why Don’t You Play in Hell ?", l’enfant terrible du cinéma japonais remet le couvert et nous sort un film de yakuza musical, futuriste et pour le moins excentrique, adapté d’un manga. Une mémé gangsta aux platines, grosses lunettes de soleil sur le front, la caméra décolle et virevolte dans les rues de la métropole japonaise dans un plan-séquence étourdissant. Le film démarre alors que les premiers beats font gronder les haut-parleurs. Se déroule ensuite une histoire détraquée avec des boss yakuza anthropophages, des filles de gangsters adeptes de kick-boxing et des psychopathes en string, gonflés aux stéroïdes. Du pur divertissement, exaltant et complètement arraché : Tokyo Tribe never ever die !
  • 22:30

    Massacre à la tronçonneuse 2
    Tobe Hooper, 1986, US, 35mm, vo st fr & nl, 101'
    Rêve ou cauchemar, la Cannon demande à Tobe Hooper de réaliser une suite à "Massacre à la tronçonneuse" ! Au programme : Dennis Hopper qui cabotine presque autant que Bill Moseley, en face ; un début bien trouvé dans une station radio avec une charmante animatrice incarnée par Caroline Williams (habituée des suites, on la retrouve dans Halloween 2 !) ; et surtout, de l’outrance, du gore et de la comédie. Et c’est la bonne idée de cette suite : s’amuser du mythe tout en en reprenant scrupuleusement les codes, sans tomber non plus dans la parodie facile ou la mise en abîme crâneuse. Surtout que comme d’habitude, Hooper prend la peine de rendre aussi intéressants les bourreaux que les victimes, de manière peu conventionnelle. Bien loin du premier opus donc, mais tout à fait réjouissant et régressif.
  • dim 15.03.2015
  • 18:00

    Eskil Vogt, 2014, NO, HD, vo st fr & nl, 91'
    Depuis qu’elle a perdu la vue en raison d’une affection génétique, Ingrid vit cloîtrée dans l’appartement qu’elle partage avec son conjoint. Assise à la fenêtre, elle se raccroche obstinément à ses souvenirs et tente de façonner une empreinte visuelle de son environnement. La mémoire étant volatile, les pensées d’Ingrid s’emballent au point de brouiller la frontière entre fantaisie et réalité. C’est avec ce drame passionnant que le norvégien Eskil Vogt enfile la casquette de réalisateur, après avoir fait ses preuves en tant que scénariste. Son premier long métrage se révèle très prometteur et le jeu avec les différents niveaux de réalité n’est pas sans rappeler, dans un style certes différent, l’œuvre de Charlie Kaufman (“Eternal Sunshine of the Spotless Mind”).
  • 20:00

    Another Love Story Between a Criminal and a Whore
    Khavn, 2014, PH-DE, HD, vo st ang, 73'
    Un gangster fait la loi dans les bas quartiers de Manille. Ses hommes de main sont chargés d’assurer la protection de sa petite amie, dont l’entêtement et l’impulsivité lui valent bien souvent de se retrouver dans des situations fâcheuses. Elle s’éprend d’un de ses gardes et, ensemble, ils décident de s’enfuir. Le cinéaste punk Khavn, repoussant sans cesse les limites du cinéma, associe sa nature rebelle à la photographie élégante de Christopher Doyle, le chef-opérateur attitré de Wong Kar-Wai. Dans l’esprit guérilla, le film a été tourné en cinq jours dans un bidonville. Avec Tananobu Asano (“Ichi the Killer”) dans le rôle principal, "Ruined Heart" est une plongée magnétisante dans les bas-fonds de Manille, mêlant chaos et poésie.
  • 22:00

    L’Invasion des profanateurs
    Philip Kaufman, 1978, US, 35mm, vo st fr & nl, 115'
    Dans cette deuxième adaptation sur grand écran du roman de Jack Finney, le réalisateur Philip Kaufman déplace l’intrigue : au petit village idyllique il préfère le San Francisco des années ’70. Le personnage principal n’est plus incarné par un médecin de famille, mais par un inspecteur du service de santé publique, interprété par Donald Sutherland. L’histoire reste quant à elle fidèle à l’originale : d’étranges plantes apparaissent soudainement dans les quatre coins de la ville et les habitants commencent à agir de façon étrange. Cet excellent remake dénonce l’égoïsme et le cynisme des années ’70 tout en restituant le climat paranoïaque de l’époque. Encore plus que Don Siegel, Philip Kaufman ravive avec brio une de nos peurs primitives : la peur de l’autre. Kevin McCarthey (qui tenait le rôle du docteur dans la version de 1956) et Don Siegel apparaissent tous deux dans un caméo. La graine est semée… l’apocalypse est pour demain !
  • mer 18.03.2015
  • 20:00 Courts métrages

    En collaboration avec Kortfilm.be, nous présenterons, dans le cadre de la sélection annuelle Shortscreen, cinq courts métrages belges – et un néerlandais – qui s’inscrivent dans l’esprit Offscreen : originaux, hors du commun, bizarres et surprenants. En présence des réalisateurs !
    Les pécheresses
    Gerlando Infuso, 2014, BE, HD, vo nl st fr, 17'
    Wien for Life
    Alidor Dolfing, 2014, BE, HD, vo nl st fr, 24'
    Deep Space
    Bruno Tondeur, 2014, BE, HD, sans dial, 7'
    ...
  • jeu 19.03.2015
  • 20:00

    Jean-Jacques Rousseau, l’autoproclamé "cinéaste de l’absurde", est décédé tragiquement en 2014. Nous voulons rendre hommage à cet esprit libre et libérateur et ainsi lancer une section qui deviendra récurrente, autour du cinéma bis belge. Jean-Jacques Rousseau était un cinéaste compulsif. Tout était réuni pour qu’il ne fasse pas de cinéma... Il deviendra pourtant l’un des réalisateurs belges les plus prolifiques ! Entre 1964 et 2014, il tourne plus de 50 films, courts, moyens et longs, bafouant toutes les règles du métier : sans formation, sans argent, sans aide (si ce n’est celle des inconditionnels amateurs qui l’entourent) et presque sans diffusion. Passionné et acharné, il bricole des films radicaux et personnels, toujours surprenants et même souvent consternants ! Du grand spectacle expérimental imprégné autant d’univers surnaturels et fantastiques que des luttes sociales wallonnes ou du traumatisme des grandes guerres. Du cinéma qui va de l’action à l’horreur en passant par la poésie métaphysique, sans oublier le comique volontairement involontaire, l’auto-caricature et l’auto-dérision. Du grand art brut où se croisent cannibales pervers et (...)
  • ven 20.03.2015
  • 20:00

    A Tribute to the ABC Cinema
    La soirée de clôture de l’édition précédente du festival a marqué le lancement de la campagne de sauvetage du Cinéma ABC, l’ancien cinéma porno bruxellois. En un rien de temps, la fondation Cineact, érigée par des membres d’Offscreen, du Cinéma Nova et de La rétine de Plateau, a réussi à collecter 60.000€ pour cette mission. Le décès inopiné du propriétaire a toutefois déclenché une bataille juridique avec les héritiers, qui n’a toujours pas connu son épilogue. La soirée de réouverture de l’ABC, prévue lors de la Nuit Blanche avec le programme "Ciné 70’s", a dû se dérouler devant la porte du cinéma, cadenassée. Qu’à cela ne tienne, les festivités prévues auront finalement lieu pendant Offscreen. Même si la salle n’a pas (encore) pu être sauvée, le cinéma Nova a bien récupéré quantité de films. Une soirée placée sous le signe de l’hommage, avec des films et bandes-annonces vintage, des vidéos de témoignages, des performances surprises "sur scène", des interludes ludiques, le tout couronné par une orgie musicale seventies à partir de minuit ! Les donateurs du projet ABC auront gratuitement accès à l’événement (merci de confirmer votre venue par mail (...)
  • sam 21.03.2015
  • 18:00

    Attack of the Mushroom People
    Ishirô Honda, 1963, JP, 35mm, vo st ang, 89'
    Week-end de voile au Japon au début des années soixante. Habits d’époque, bonne humeur, rires, accrochages, et chanson légère (lalalala) sont de mise sur le bateau, avant que ne se déclare un orage qui conduira au naufrage sur une étrange île. Nos naufragés découvrent ensuite un vieux navire échoué, recouvert d’une étrange mousse et de champignons bizarres. La question de savoir s’il faut en manger va fortement diviser le groupe. Sous couvert d’un film d’aventure basé sur une histoire de William Hope Hodgson, Honda se réapproprie la trame et insuffle au récit une surprenante poésie mélancolique qui tranche avec l’apparente légèreté du genre. Cerise sur le champignon, cet excellent film est proposé dans une copie 35mm en VO, une version probablement jamais montrée en dehors du Japon ! Sans aucun doute l’un des films inratables d’Offscreen 2015...
  • 20:00

    Shinya Tsukamoto, 2014, JP, HD, vo st ang, 87'
    Les derniers jours de la seconde Guerre Mondiale sur une île du Pacifique : les Américains sont à l’offensive et l’armée japonaise perd rapidement du terrain. Entre les corps brûlés et les cadavres en décomposition, un soldat japonais est en quête de salut. Mais il ne semble que pouvoir s’enfoncer plus profond dans cet enfer. Bien que ce film soit une adaptation du roman qui servit également de base au film homonyme réalisé par Kon Ichikawa en 1959, Shinya Tsukamoto se sert du sujet de manière très personnelle, notamment en approfondissant son obsession du corps. Le réalisateur culte ("Tetsuo") pousse l’abomination de la guerre jusqu’à créer une atmosphère de films de zombies, au sens de la créature errante, mi-morte, mi-vivante. La jungle tropicale est un champ de bataille sanglant, où partout résonnent les cris désespérés des soldats en proie à la folie et réduits au cannibalisme. Un film anti-guerre viscéral, immersif et très puissant.
  • 22:00

    Gary Goddard, 1987, US, 35mm, vo st fr & nl, 106'
    Une célèbre marque de jouets en plastique, soucieuse de vendre sa nouvelle gamme, crée une série télé animée à grand succès au début des années ’80. La combinaison jouets/films, popularisée par "Star Wars", s’avère très lucrative. Pas étonnant que les malins de Cannon pensent, en adaptant le tout au cinéma, qu’ils vont créer une saga rivalisant avec la trilogie de Lucas. Mais avec Dolph Lungren en Musclor, Frank Langella en Skeletor, un nain hideux en lieu et place d’Orko (trop compliqué à réaliser...), Courtney Cox et un tigre vert brillant par son absence, on a plutôt affaire à un nanar ambitieux et pathétique. Le budget est impressionnant mais ne suffit pas à ce que le film se passe entièrement au royaume d’Eternia... Trouvaille scénaristique : les héros sont transportés dans la Californie contemporaine et on se retrouve la plupart du temps dans une pauvre rue de Burbank ! Du fast-food visuel grandiloquent, hilarant et incroyable... qui a contribué à la faillite de Cannon.
  • dim 22.03.2015
  • 14:00 Matinee screening

    J. Lee Thompson, 1985, US, 35mm, vo st fr & nl, 100'
    Au vu de la filmographie Cannon, toujours soucieuse de singer les succès du cinéma de divertissement post-Hollywoodien, il apparaissait inévitable qu’Indiana Jones passe à son tour à la moulinette. Richard Chamberlain et Sharon Stone viennent cabotiner dans cette aventure très colorée, adaptée d’un roman (déjà porté à l’écran, notamment en 1950 avec classe, dans la version avec Steward Granger et Deborah Kerr). Cet épisode d’Allan Quatermain se calque beaucoup sur le succès du duo Lucas-Spielberg (réemployant même l’acteur John Rys-Davies). Une vision hollywoodienne de l’Afrique, avec grosse marmite et cannibales, rituels et croyances farfelus. En bref : du tout bon goût ! Aussi limite dans l’exotisme à tendance raciste que les films de Chuck Norris dans le sécuritaire et les tendances fascisantes. Contrairement à son horrible suite, voici un film sautillant et très distrayant, parfait pour une belle "matinée" sous le signe de Cannon.
  • 17:00

    Undercover Agent Reiji
    Takashi Miike, 2013, JP, HD, vo st ang, 130'
    À l’académie de police, Reiji brille par son incompétence et parvient à décrocher les résultats les plus médiocres jamais atteints. Contre toute attente, il réussit à obtenir son diplôme et devient policier. Désespérés, ses supérieurs finissent par lui confier une mission d’infiltration au sein d’un puissant clan de yakuza, dans l’espoir que sa maladresse sans égal le mette au-dessus de tout soupçon. Lorsqu’il se retrouve pris dans une guerre sans merci entre son clan et un gang rival, Reiji peine à sauver les apparences. Après quelques films plus sérieux, l’infatigable Takashi Miike ("Visitor Q", etc) s’attaque de nouveau à l’adaptation de manga. Un exercice qui semble l’amuser au plus haut point à en voir le feu d’artifice d’humour et d’énergie à l’écran !
    + The Planets
    Andy Martin, 2014, GB, HD, vo, 12'
  • 20:00 Clôture

    Ana Lily Amirpour, 2014, US, HD, vo fa st fr & nl, 99'
    “The girl” est une femme vampire en quête de sang et de justice, traquant la vermine qui souille les rues de Bad City, ville imaginaire en Iran. Lorsqu’un dealer succombe à une morsure de l’énigmatique suceuse de sang, le jeune Arash, sorte de James Dean des temps modernes, reprend le business de la victime. Il finit lui aussi par se faire prendre dans les filets de la jeune femme aux canines aiguisées, qui lui réserve toutefois un sort bien moins funeste. De cette romance naîtront alors des questionnements vecteurs d’angoisse. Ana Lily Amirpour signe un véritable hommage au film de genre, du western spaghetti en passant par le film de justicier, agrémenté d’une touche de fantastique. Elle réalise ainsi un premier long métrage à la photographie impeccable et à l’atmosphère mélancolique, désabusée et froide. Un film indépendant qui mise avant tout sur l’ambiance et l’affect des deux protagonistes, pour un résultat sobre mais terriblement envoûtant.