• jeu 05.10.2006
  • 20:00

    Chantal Briet, 2005, FR, video, vo st ang, 84'
    Epinay-sur-Seine, à la périphérie de Paris. Dans le centre commercial de la Cité de la Source, complètement à l’abandon, l’épicerie d’Ali est le seul lieu où les habitants du quartier peuvent encore se rencontrer. C’est ici que la réalisatrice installe sa caméra et y filme une étonnante galerie de portraits, reflet de la grande mixité de la population du coin mais aussi de sa condition sociale et économique. Sans jamais tomber dans le compassionnel, et avec des pointes d’humour ici et là, Chantal Briet réussi le pari de nous faire découvrir la grande humanité de ces personnes, de tout âge et de tout bord, qui pour la plupart vivent dans des conditions de misère. Tourné sur une période de quatre ans "Alimentation générale" se présente comme une sorte de journal filmé sur la vie de ce quartier. C’est un film qui a aussi sa face politique en témoignant des incongruités qu’il peut y avoir dans l’aménagement d’une cité "dortoir". + concert de Ali Zebboudj
  • 22:00

    Ali, c’est lui qui tient l’épicerie dans le documentaire "Alimentation générale". Un jour, lors d’une conversation téléphonique, on découvre qu’il est aussi un mélomane et un musicien qui a joué avec les plus grands auteurs et interprètes Kabyles. On apprend qu’il est choriste pour Aït Menguellet, qu’il a fait la première partie pour des concerts de Idir, pour n’en citer que deux. Il chante depuis plus de vingt ans et cependant il n’a jamais cherché à ce que la musique soit sa profession. Il préfère que la musique reste une passion, qu’il aime partager lors d’un mariage ou dans son épicerie, où du matin au soir on y vient faire une causette, acheter quelques bonbons ou jouer une partie de cartes. Un lieu dans la plus pure tradition de convivialité orientale. Sacrée personnalité que ce Ali ! Il nous offre un concert, peut-être accompagné par d’autres musiciens. Un baptême pour cette nouvelle programmation !
  • ven 06.10.2006
  • 19:30

    Composé de cinq parties, "Across the border" est une incursion polyglotte dans ces pays récemment intégrés à l’Union Européenne. Cinq réalisateurs (de Pologne, République Tchèque, Slovaquie, Hongrie et Slovénie) s’intérrogent sur l’idée des frontières en ce début de nouveau millénaire, ainsi que sur les questions de "nation", "identité" et sur le concept "d’Europe". Ils nous embarquent dans un voyage où nous traversons des paysages et des mentalités différents, où nous rencontrons plein de personnages de "la porte d’à côté" qui nous racontent, à leur manière, la façon dont ils vivent le chamboulement des frontières et l’intégration à l’Europe. "Au-delà de la frontière", de la vieille à la nouvelle Europe, le film démontre que, contrairement à ce qu’on pourrait penser, les différences entre les cultures et les styles de vie restent bel et bien visibles. Chaque film révèle un style et un ton propres (sérieux, absurde, comique, poétique ou encore enchanté), mais le tout, assurément, est un cours en cinq leçons dans la mentalité la plus enfouie de nos nouveaux voisins.
  • 22:00

    Ruth Mader, 2006, AT, 35mm, vo st ang, 74'
    Ewa, une jeune femme polonaise, débarque en Autriche avec sa fille pour y faire la cueillette des fraises. Une fois le travail saisonnier terminé un bus doit la ramener en Pologne. Mais....profitant d’une halte, Ewa s’enfuit. L’espoir d’une vie meilleure la pousse ainsi à vivre en quasi clandestinité, acceptant toutes sortes de petits boulots de survie. Un jour elle rencontre Marold, un agent immobilier, qui lui souffre d’autres malheurs. Une nouvelle vie démarre pour elle, que difficilement on pourrait lui envier... Premier long métrage de Ruth Mader, "Struggle" se situe dans la lignée de ce nouveau cinéma autrichien qui avec austérité, et sans faire de concessions, décortique les phénomènes d’aliénation de notre société. Faisant recours à très peu de dialogues, et adoptant le parti pris de cadrages quasi cliniques, la réalisatrice nous livre un film extrêmement dense au niveau des atmosphères. Un film qui dénonce de façon frontale l’homogénéisation et l’effacement des identités.
    + Wilder Western
    Marion Geyer-Grois, 2006, AT, video, vo st ang, 5'
  • 24:00

    Edward D. Wood Jr., 1958, US, 35mm, vo st fr, 79'
    Ed Wood est devenu, aujourd’hui, une sorte de saint-patron des mauvais réalisateurs oubliés. L’histoire a retenu son nom, mais ce n’est qu’un hasard. A coups de diffusions et de rediffusions à la TV américaine dans les 70’s, ses films, aussi mauvais que peu chers à diffuser, ont marqué une génération de téléphages, si bien qu’Ed Wood finira par être proclamé "plus mauvais réalisateur de tous les temps" en 1980, 2 ans après sa mort. Le culte qui naîtra autour de lui aidera à faire ressortir de l’ombre d’autres réalisateurs, qui mériteraient d’ailleurs tout autant le titre ! "Plan 9 From Outer Space", c’est l’histoire incohérente (mais véridique parait-il) d’extra-terrestres réssuscitant nos morts pour nous transmettre un message d’une importance cruciale, mais peu importe. Le film est un enchaînement d’incohérences scénaristiques et d’effets ratés, créant une atmosphère surréaliste de nonsense poétique presque burlesque. Pour ce qui restera son film le plus connu, Wood arrive à réunir de "grands" noms de l’époque au casting : Criswell (fameux voyant qui fait ici le narrateur), Bela Lugosi (mort avant le tournage !...), Vampira et le catcheur Tor Johnson.
  • sam 07.10.2006
  • 13:00

    Tu es un "vrai bruxellois", tu viens à peine de débarquer ou tu habites ici depuis déjà longtemps mais tu te sens encore comme un étranger...? Alors sois le bienvenu à cet atelier de Cineketje : durant deux après-midis ce que nous allons penser, éprouver et imaginer à partir du thème de "l’immigration" va prendre la forme d’un film. Laurent Van Lancker qui va accompagner cet atelier a réalisé plusieurs films sur différentes cultures de Belgique et même d’autres continents. Dire ce que l’on pense, ouvrir son imagination à travers des dessins et lier le tout grâce à un ordinateur, voilà ce que l’on fera ensemble ! Ainsi, nous sortirons à la fin du weekend avec un court-métrage mêlant aussi bien documentaire que fiction. A partir de 9 ans Prix :2,5 euro Réservation obligatoire cineketjes@nova-cinema.org 0474/532247 (Hilde)
  • 18:00

    Ulrike Westermann, 2004, DE, video, vo st ang, 52'
    Solomon Mforbi Fusi n’avait que quinze ans quand il mourût d’une terrible façon : en tombant du train d’atterrissage d’un avion où il s’était caché. On le retrouva enfoncé à 20 cm du sol en plein milieu d’une campagne dans le sud de l’Allemagne. A partir d’une série d’infos trouvées dans les journaux, Ulrike Westermann décide d’enquêter sur qui était Solomon et sur pourquoi il avait décider de quitter le Cameroune. Réalisé en trois parties, le film démarre en exposant le "fait divers", en Allemagne. Ayant découvert que c’était la deuxième fois que Solomon s’était enfui de cette façon, la réalisatrice se rend alors en France où auparavant il avait réussi à débarquer ; sain et sauf cette fois-là... Le documentaire se termine au Cameroune où les proches de Solomon nous dévoilent sa vraie personnalité. Sans vouloir porter de jugement, Ulrike Westermann nous met malgré tout face à face à une série de questions.Quel est le sens à donner à la mort quand celle-ci survient d’une façon aussi absurde ? Et quelle mesure trouver pour des rêves qui peuvent déraper ? Nous n’en citons que deux...
  • 20:00

    Domenico Distilo, 2006, IT, 16mm > video, vo st ang, 50'
    "Qui cherche l’asile politique en Italie doit craindre pour sa propre survie. Car il y a des années à attendre sans pouvoir ni travailler ni recevoir aucune forme d’assistance de la part de l’Etat. Difficile de trouver un hébergement, de quoi se nourrir, des informations. Les demandeurs d’asile se réunissent en communautés, construisent des refuges, occupent des bâtiments abandonnés près des lieux agricoles où ils trouvent du travail, souvent saisonniers. Ils survivent grâce aux réseaux de solidarité, aux associations bénévoles et au travail "au noir". A partir de Rome, où une large communauté a occupé les ex-dépôts des Chemins de Fer Italiens, le film retrace les étapes du voyage d’une population nomade, de demandeurs d’asile qui passent d’un boulot saisonnier à l’autre, pour pouvoir survivre. Un voyage dans la géographie des exilés, déserteurs et réfugiés provenant des guerres post-coloniales d’Afrique, nouveaux migrants en Europe." (Berlinale 2006) + *Zakaria Gianluca & Massimiliano De Serio, It, 35mm, vo st ang/ov eng ond, 13’* "Je suis Zakaria". - Moi aussi je suis Zakaria. ­ "Seigneur ", dit Zakaria, "donne-moi un signe". ­"Ton signe", (...)
  • 22:00

    Marc Isaacs, 2003, GB, video, vo st fr, 58'
    Pour certains touristes britanniques peu fortunés, Calais ca signifie les vacances à bon marché et les produits détaxés. Pour d’autres "voyageurs", venus de pays tourmentés, c’est la dernière étape (Sangatte) avant d’atteindre la terre promise. Le film de Marc Isaacs offre une confrontation saisissante entre ces deux mondes que tout sépare. Perdus au milieu de ces allées-venues, il y a aussi quelques Anglais qui se sont installés à Calais en espérant y faire des affaires et qui finalement se retrouvent endettés. Et tous semblent désemparés, pris au piège de la modernité dans cette ville de transit. L’art documentaire de Marc Isaacs consiste à rendre les personnages de ces films dans toute leur vérité, dans toute leur beauté aussi. Sa caméra sait se faire oublier, pour qu’il ne reste plus que la rencontre entre un documentariste qui cherche à élucider le réel et quelqu’un qui se débat avec ce même réel. La complicité qu’il parvient à créer nous vaut des moments bouleversants ou tragi-comiques.
  • dim 08.10.2006
  • 13:00

    Tu es un "vrai bruxellois", tu viens à peine de débarquer ou tu habites ici depuis déjà longtemps mais tu te sens encore comme un étranger...? Alors sois le bienvenu à cet atelier de Cineketje : durant deux après-midis ce que nous allons penser, éprouver et imaginer à partir du thème de "l’immigration" va prendre la forme d’un film. Laurent Van Lancker qui va accompagner cet atelier a réalisé plusieurs films sur différentes cultures de Belgique et même d’autres continents. Dire ce que l’on pense, ouvrir son imagination à travers des dessins et lier le tout grâce à un ordinateur, voilà ce que l’on fera ensemble ! Ainsi, nous sortirons à la fin du weekend avec un court-métrage mêlant aussi bien documentaire que fiction. A partir de 9 ans Prix :2,5 euro Réservation obligatoire cineketjes@nova-cinema.org 0474/532247 (Hilde)
  • 18:00

    Xavier Koller, 1991, CH, 35mm, vo st fr, 109'
    Un couple de paysans kurdes décide de quitter le village natal en Turquie et de rallier la Suisse clandestinement. Le départ est particulièrement pénible pour Meryem, la mère, qui va devoir laisser ses sept enfants. Haydar, le père, accepte finalement qu’un des garçons les accompagnent, mais cela compliquera beaucoup leur voyage. Refoulés à Milan, abandonnés par des passeurs, ils se retrouvent dans les neiges du col de Splugen... Basé sur une histoire réelle, "Voyage de l’espoir" a été un des premiers films sur la question de l’immigration en Europe à connaître un large succès public, aidé en partie par le fait d’avoir gagné l’Oscar du meilleur film étranger en 1991. Encore aujourd’hui le film est souvent cité pour le jeu fin et incroyablement réaliste des acteurs. C’est d’ailleurs ici que réside la force du film, dans la capacité émotionelle des acteurs d’exprimer ce que peut être un cycle sans fin d’espoir et de désespoir.
  • 20:00

    Felice D'Agostino & Arturo Lavorato, 2005, IT, video, vo st ang, 54'
    "Il canto dei nuovi migranti" c’est un peu comme un voyage dans l’italianité : de la Calabre à Rome, du sud pauvre au nord riche, de l’isolement à la culture. Inspiré de la vie et d’un poème de Franco Costabile, mort il y a quarante ans, grande personnalité littéraire dans la lignée d’un Giovanni Verga ou Carlo Levi, le film raconte les inquiétudes et les ambitions d’un peuple qui a toujours vécu les affres de l’émigration. Encore aujourd’hui, car la Calabre continue à souffrir de sous-développement économique et d’isolement social et politique. Riche en extraits de films d’archive et d’enregistrements télé de la RAI, le montage du documentaire a requis pratiquement deux ans de travail. Il en découle un film qui soulève une série de questions autour des concepts de "nationalité" et de "régionalisme", ici en l’occurrence spécifiques à l’Italie. Mais il est évident que les mêmes questions pourraient s’appliquer à toute autre identité nationale. (Prix du meilleur documentaire­ Torino Film Festival 2005).
  • 22:00

    Edmond Budina, 2002, IT-AL, 35mm, vo st ang, 84'
    Niko, Albanais, la cinquantaine passée, est sans un emploi fixe et vit grâce à l’argent que lui envoie son fils Mikel, échappé en Italie. Depuis un certain temps il n’a plus de contacts avec lui et tout porte à croire que Mikel se cache, ou alors qu’il a des problèmes. Jusqu’au jour où arrive une lettre qui peut-être pourrait tout éclaircir. Mais, au moment où Niko l’a entre les mains, un soudain coup de vent l’a lui emporte....Il se décide alors à aller chercher le fils en Italie, plongeant du même coup dans des histoires de racket et de prostitution. Réalisé avec un ton qui ne manque pas de rappeler Kusturiça, entre humour et tragédie, "Lettere al vento" s’inspire d’expériences réellement vécues par son auteur. Intellectuel et figure de proue dans l’opposition au régime communiste en Albanie, en 1991 Edmond Budina émigre en Italie où il se retrouve à travailler comme ouvrier dans une usine dans le nord de l’Italie. Il reste un personnage incontournable du monde artistique, politique et social albanais. Rencontre avec Edmond Budina 14.10 > 20:00
  • jeu 12.10.2006
  • 20:00

    Ruth Mader, 2006, AT, 35mm, vo st ang, 74'
    Ewa, une jeune femme polonaise, débarque en Autriche avec sa fille pour y faire la cueillette des fraises. Une fois le travail saisonnier terminé un bus doit la ramener en Pologne. Mais....profitant d’une halte, Ewa s’enfuit. L’espoir d’une vie meilleure la pousse ainsi à vivre en quasi clandestinité, acceptant toutes sortes de petits boulots de survie. Un jour elle rencontre Marold, un agent immobilier, qui lui souffre d’autres malheurs. Une nouvelle vie démarre pour elle, que difficilement on pourrait lui envier... Premier long métrage de Ruth Mader, "Struggle" se situe dans la lignée de ce nouveau cinéma autrichien qui avec austérité, et sans faire de concessions, décortique les phénomènes d’aliénation de notre société. Faisant recours à très peu de dialogues, et adoptant le parti pris de cadrages quasi cliniques, la réalisatrice nous livre un film extrêmement dense au niveau des atmosphères. Un film qui dénonce de façon frontale l’homogénéisation et l’effacement des identités.
    + Wilder Western
    Marion Geyer-Grois, 2006, AT, video, vo st ang, 5'
  • 22:00

    Ulrike Westermann, 2004, DE, video, vo st ang, 52'
    Solomon Mforbi Fusi n’avait que quinze ans quand il mourût d’une terrible façon : en tombant du train d’atterrissage d’un avion où il s’était caché. On le retrouva enfoncé à 20 cm du sol en plein milieu d’une campagne dans le sud de l’Allemagne. A partir d’une série d’infos trouvées dans les journaux, Ulrike Westermann décide d’enquêter sur qui était Solomon et sur pourquoi il avait décider de quitter le Cameroune. Réalisé en trois parties, le film démarre en exposant le "fait divers", en Allemagne. Ayant découvert que c’était la deuxième fois que Solomon s’était enfui de cette façon, la réalisatrice se rend alors en France où auparavant il avait réussi à débarquer ; sain et sauf cette fois-là... Le documentaire se termine au Cameroune où les proches de Solomon nous dévoilent sa vraie personnalité. Sans vouloir porter de jugement, Ulrike Westermann nous met malgré tout face à face à une série de questions.Quel est le sens à donner à la mort quand celle-ci survient d’une façon aussi absurde ? Et quelle mesure trouver pour des rêves qui peuvent déraper ? Nous n’en citons que deux...
  • ven 13.10.2006
  • 20:00

    Lecture avec une mise en voix et en espace d’un texte articulé autour de deux monologues. Une occupation de l’espace par deux personnages ; deux femmes, l’une est narratrice, l’autre le personnage principal qui parcourt le monde,traverse les frontières, raconte ses trajectoires, son regard, ses doutes et ses questionnements, elle visite les remous de l’être et marche, dans ses rencontres,vers le monde houleux et ses divers lignes d’horizons. Tantôt sur le front, tantôt en quête d’un je-devenir où rien, qui ne soit accompli ne sufira à apaiser ce qui lancine. Elle a appris à marcher, sans trêve, à dissiper sa peur et emporter sa liberté affolée parmi les balafres et les malices du monde. Elle tente de rester debout,vive dans l’errance.
  • 22:00

    Xavier Koller, 1991, CH, 35mm, vo st fr, 109'
    Un couple de paysans kurdes décide de quitter le village natal en Turquie et de rallier la Suisse clandestinement. Le départ est particulièrement pénible pour Meryem, la mère, qui va devoir laisser ses sept enfants. Haydar, le père, accepte finalement qu’un des garçons les accompagnent, mais cela compliquera beaucoup leur voyage. Refoulés à Milan, abandonnés par des passeurs, ils se retrouvent dans les neiges du col de Splugen... Basé sur une histoire réelle, "Voyage de l’espoir" a été un des premiers films sur la question de l’immigration en Europe à connaître un large succès public, aidé en partie par le fait d’avoir gagné l’Oscar du meilleur film étranger en 1991. Encore aujourd’hui le film est souvent cité pour le jeu fin et incroyablement réaliste des acteurs. C’est d’ailleurs ici que réside la force du film, dans la capacité émotionelle des acteurs d’exprimer ce que peut être un cycle sans fin d’espoir et de désespoir.
  • 24:00

    Edward D. Wood Jr., 1958, US, 35mm, vo st fr, 79'
    Ed Wood est devenu, aujourd’hui, une sorte de saint-patron des mauvais réalisateurs oubliés. L’histoire a retenu son nom, mais ce n’est qu’un hasard. A coups de diffusions et de rediffusions à la TV américaine dans les 70’s, ses films, aussi mauvais que peu chers à diffuser, ont marqué une génération de téléphages, si bien qu’Ed Wood finira par être proclamé "plus mauvais réalisateur de tous les temps" en 1980, 2 ans après sa mort. Le culte qui naîtra autour de lui aidera à faire ressortir de l’ombre d’autres réalisateurs, qui mériteraient d’ailleurs tout autant le titre ! "Plan 9 From Outer Space", c’est l’histoire incohérente (mais véridique parait-il) d’extra-terrestres réssuscitant nos morts pour nous transmettre un message d’une importance cruciale, mais peu importe. Le film est un enchaînement d’incohérences scénaristiques et d’effets ratés, créant une atmosphère surréaliste de nonsense poétique presque burlesque. Pour ce qui restera son film le plus connu, Wood arrive à réunir de "grands" noms de l’époque au casting : Criswell (fameux voyant qui fait ici le narrateur), Bela Lugosi (mort avant le tournage !...), Vampira et le catcheur Tor Johnson.
  • sam 14.10.2006
  • 20:00

    Edmond Budina, 2002, IT-AL, 35mm, vo st ang, 84'
    Niko, Albanais, la cinquantaine passée, est sans un emploi fixe et vit grâce à l’argent que lui envoie son fils Mikel, échappé en Italie. Depuis un certain temps il n’a plus de contacts avec lui et tout porte à croire que Mikel se cache, ou alors qu’il a des problèmes. Jusqu’au jour où arrive une lettre qui peut-être pourrait tout éclaircir. Mais, au moment où Niko l’a entre les mains, un soudain coup de vent l’a lui emporte....Il se décide alors à aller chercher le fils en Italie, plongeant du même coup dans des histoires de racket et de prostitution. Réalisé avec un ton qui ne manque pas de rappeler Kusturiça, entre humour et tragédie, "Lettere al vento" s’inspire d’expériences réellement vécues par son auteur. Intellectuel et figure de proue dans l’opposition au régime communiste en Albanie, en 1991 Edmond Budina émigre en Italie où il se retrouve à travailler comme ouvrier dans une usine dans le nord de l’Italie. Il reste un personnage incontournable du monde artistique, politique et social albanais. Rencontre avec Edmond Budina 14.10 > 20:00
  • 22:00

    Domenico Distilo, 2006, IT, 16mm > video, vo st ang, 50'
    "Qui cherche l’asile politique en Italie doit craindre pour sa propre survie. Car il y a des années à attendre sans pouvoir ni travailler ni recevoir aucune forme d’assistance de la part de l’Etat. Difficile de trouver un hébergement, de quoi se nourrir, des informations. Les demandeurs d’asile se réunissent en communautés, construisent des refuges, occupent des bâtiments abandonnés près des lieux agricoles où ils trouvent du travail, souvent saisonniers. Ils survivent grâce aux réseaux de solidarité, aux associations bénévoles et au travail "au noir". A partir de Rome, où une large communauté a occupé les ex-dépôts des Chemins de Fer Italiens, le film retrace les étapes du voyage d’une population nomade, de demandeurs d’asile qui passent d’un boulot saisonnier à l’autre, pour pouvoir survivre. Un voyage dans la géographie des exilés, déserteurs et réfugiés provenant des guerres post-coloniales d’Afrique, nouveaux migrants en Europe." (Berlinale 2006) + *Zakaria Gianluca & Massimiliano De Serio, It, 35mm, vo st ang/ov eng ond, 13’* "Je suis Zakaria". - Moi aussi je suis Zakaria. ­ "Seigneur ", dit Zakaria, "donne-moi un signe". ­"Ton signe", (...)
  • dim 15.10.2006
  • 15:00

    Cineketje va vous proposer une séance de courts-metrages d’animation qui démarrera avec le film réalisé lors des atelier autour de l’immigration le weekend avant. Les réalisateurs viendront le présenter et une petite discussion avec le public suivra.Les autres petits films que vous découvrirez ont eux aussi été réalisés lors des ateliers pour enfants mis en place par des associations de Bruxelles, Liège et Anvers. Le film "Quand je suis venue à Bruxelles", du collectif Zorobabel, raconte le vécu des enfants arrivés récemment en Belgique. "Muren" et "Geen spel" réalisés avec le soutien de l’organisation Kidscam, tentent de cerner à travers les yeux enfants belges, leurs idées et sentiments autour de la question des réfugées. "Le voyage d’Epolo" est une création de l’association le Poulallier qui montre les déboires d’Epolo, personnage sympathique qui voit ses terres être envahies par les immeubles crasseux et décide alors de partir vers le pays paradisiaque que lui vante une publicité. Mais y sera-t-il accueilli ? Nous conclurons la séance par un film poétique de Caméra Enfant Admis —Un monde pour Tom". On y parle de l’autre, de la singularité de (...)
  • 18:00

    Nicolas Klotz, 2004, FR-IT, 35mn, vo, 160'
    Depuis des mois Papi, réfugié politique en France, attend que sa femme Blandine vienne le rejoindre de Kinshasa. Finalement un jour il reçoit son coup de téléphone qui lui annonce qu’elle vient de débarquer à Paris. Mais à l’aéroport de Roissy Blandine se fait renfermer dans une cellule d’isolement avec des dizaines d’autres personnes et la police nie que son nom soit repris dans la liste des passagers provenant du Congo. Entre insultes et humiliations, ce qui devait être le début d’une "nouvelle vie" démarre ainsi bien différemment de ce qu’elle avait imaginé. Jusqu’à ce que n’arrive l’incident, la blessure... Transgressant toute règle et code éthique, des officiers essayent par la force de la rapatrier avec d’autres demandeurs d’asile. Réalisé quatre ans après "Paria", autre film sur le monde des exclus, "La blessure" est avant tout une oeuvre de fiction bien qu’elle comporte une forte veine documentaire. Fruit de longues recherches effectuées sur le terrain et d’un minutieux travail d’écriture et de mise en scène, Nicolas Klotz y soupèse presque à l’extrême la signification que chacune des images, voire des séquences, peut induire. Et en ce (...)
  • 21:30

    Parallèlement à la réalisation du film "La blessure" (et de la fiction "Nus" pour la télé) Nicolas Klotz s’est aussi lancé dans la mise en place d’un autre projet, aussi original que primordial : la création d’un site internet, avec Arte-tv, consacré à la question de l’asile. Bourré d’infos, on y découvre aussi bien des témoignages, des réflexions, des tentatives de définition, ... Sur la page d’accueil klotz écrit : "... Il y a beaucoup de confusion et d’ignorance autour de la définition du "droit d’asile", de son histoire, de son interprétation, et de son exercice en Europe. Cette zone floue, entretenue par les pouvoirs politiques, génère quantité d’amalgames, de contrevérités, et de fantasmes dans l’opinion publique, troublant notre perception d’une pratique millénaire, aujourd’hui assimilée par les pouvoirs politiques à un facteur d’insécurité...". Nous aurons l’opportunité de naviguer avec lui dans le site, projeté en direct sur l’écran de cinéma.
  • jeu 19.10.2006
  • 20:00

    Alessandra Celesia, 2006, IT-FR, video, vo st fr, 56'
    Un fois par mois un camion traverse l’Italie, de l’extrême Sud au pied des Alpes, pour délivrer des drôles de paquets. Pots de sauce tomate de nonna Maria, huile pressée à froid par la famille, "antipasti" de légumes du potager de l’oncle Pino...Ces cartons remplis d’affection racontent l’histoire de l’immigration massive du Sud rural et défavorisé vers le Nord industrialisé. Des familles séparées par des milliers de kilomètres essaient ainsi de raccourcir les distances et garder des liens. Portrait d’un pays où la survie est un art.
  • 22:00

    Leïla Kilani, 2002, FR, video, vo st fr, 53'
    Ville-fenêtre du détroit de Gibraltar, Tanger a une identité ouverte. La frontière, à Tanger, est une présence, on la voit, elle apparaît par rebond, on la sent partout : c’est l’eau. En face, il y a une ligne continue : l’Espagne, la dernière avancée naturelle de l’Europe. Les candidats au départ clandestin, Marocains, Maliens, Sénégalais, Mauritaniens et autres Africains affluent massivement et sans discontinuité à Tanger. On les appelle en dialecte marocain les "herraguas", les "brûleurs". Le brûleur est celui qui est prêt à tout accepter pour partir, celui qui est prêt à brûler ses papiers, son identité, pour faire de ce départ une entreprise irréversible. Au-delà de la description globale d’un mouvement de masse, ce film suit l’aventure de quelques brûleurs. Lorsque le film était encore à l’état de projet, la réalisatrice exprimait ainsi ce qu’elle voulait nous montrer au-delà du refoulement : "Je disais vouloir trouver une traduction esthétique et formelle de l’obsession et de l’attente. Je voulais filmer à la fois l’enlisement et le fantasme. Je voulais une traduction cinématographique de la part onirique qui me paraissait toujours éludée. (...)
    + Border
    Laura Waddington, 2004, GB, video, vo st fr, 30'
  • ven 20.10.2006
  • 20:00

    Kenedy partage le destin de nombreux membres de sa communauté. Romani du Kosovo, il pensait pouvoir refaire sa vie en Allemagne, mais est finalement expulsé vers Belgrade, sans espoir ni de pouvoir retrouver son lieu d’origine au Kosovo ni de pouvoir s’établir en Allemagne. Dans le Belgrade exsangue de l’après Milosevic et de l’embargo international, nous suivons Kenedy dans son quotidien fait de débrouilles et de petits boulots en tous genres. Nous le suivons ainsi sur la route de l’aéroport où il propose ses services de taximan... Il y rencontre d’autres Romani expulsés d’Allemagne, complètement déboussolés, atterrissant dans une ville qui leur est inconnue. Kenedy les aide à y faire leurs premiers pas, leur prête une oreille attentive, tout en n’oubliant pas de se faire payer la course ! Il s’agit d’un document lumineux et rare qui nous confronte à l’expérience du retour forcé. Ce film est suivi d’une postface de 26’, Kenedy Lost & found.
  • 22:00

    Marc Isaacs, 2003, GB, video, vo st fr, 58'
    Pour certains touristes britanniques peu fortunés, Calais ca signifie les vacances à bon marché et les produits détaxés. Pour d’autres "voyageurs", venus de pays tourmentés, c’est la dernière étape (Sangatte) avant d’atteindre la terre promise. Le film de Marc Isaacs offre une confrontation saisissante entre ces deux mondes que tout sépare. Perdus au milieu de ces allées-venues, il y a aussi quelques Anglais qui se sont installés à Calais en espérant y faire des affaires et qui finalement se retrouvent endettés. Et tous semblent désemparés, pris au piège de la modernité dans cette ville de transit. L’art documentaire de Marc Isaacs consiste à rendre les personnages de ces films dans toute leur vérité, dans toute leur beauté aussi. Sa caméra sait se faire oublier, pour qu’il ne reste plus que la rencontre entre un documentariste qui cherche à élucider le réel et quelqu’un qui se débat avec ce même réel. La complicité qu’il parvient à créer nous vaut des moments bouleversants ou tragi-comiques.
  • 24:00

    Sidney Pink, 1961, DK, 16mm, vt ang , 83'
    Après avoir travaillé aux USA, Sidney Pink débarque à Copenhague en 1959 où il tournera "Reptilicus", la réponse danoise à Godzilla. Le succès populaire du film et "le courage dont Sid Pink fait preuve en osant montrer son film" lui valent l’admiration de petits producteurs, ce qui lui permettra de financer ses projets de films de sci-fi. Il convaincra même des superstars danoises d’y jouer les rôles principaux. Dans "Journey To The 7th Planet", il envoie une équipe d’explorateurs de l’ONU à la recherche de formes de vie sur Uranus. Mais comment recréer les paysages d’Uranus avec un budget limité ? Et si une entité mystérieuse lisait les fantasmes et les peurs de nos explorateurs et tentait de les amadouer en recréant, devant leurs yeux, leur Danemark familier... et les belles danoises qui vont avec ! Une bonne partie du film se passe ainsi... Dans un village de campagne typiquement danois ! Pour le reste des décors, le studio de tournage était tellement petit que les acteurs, qui se retrouvent toujours aux mêmes endroits, ne devaient surtout pas marcher trop vite pour ne pas sortir du décor ! Les producteurs, trouvant que le résultat manquait (...)
  • sam 21.10.2006
  • 20:00

    André van der Hout, 2003, NL, 35mm, vo st ang, 71'
    L’exil d’un père à la recherche de la terre promise vu, une génération plus tard, par son fils qui revient sur les traces de son histoire familiale. Le père, travaillant à la mine en rêvant d’une autre vie, finit un jour par partir pour l’Amérique. Plein d’espoir et les poches pleines des payes qu’il volera aux autres mineurs avant de fuir, il partira à bord d’une barque, avec comme ramme le "bras de Jesus", un morceau de bois arraché à une énorme effigie du Christ. Le fils, homme d’affaires établi aux USA, connait cette histoire, mais ne sait pas ce qu’il est réellement devenu. Lors d’un voyage aux Pays-Bas, il découvrira que son père n’a finalement pas été aussi loin qu’il le voulait et que son maigre butin et son embarcation de fortune lui permirent tout juste d’atteindre Rotterdam. La plupart des rôles sont joués par les membres du groupe "De Kift", qui interprètent aussi la musique mélancolique qui guide le film. Les images d’archives étranges et poètiques utilisées pour les flashbacks donnent au film un côté mystérieux, qui colle parfaitement avec l’ambiance sonore créée par "De Kift". Un très beau film et une belle illustration de leur (...)
  • 21:30

    Issu des vagues punk hollandaises des années ’80, proche de "The Ex", la troupe "De Kift" a réussit à évoluer au fil des années et des projets jusqu’à être aujourd’hui un des groupes hollandais les plus intéressants, malgré qu’il reste encore relativement méconnu en dehors du monde néerlandophone. Les origines punks sont encore trés présentes, mais depuis que les parents des frères fondateurs ont rejoint la troupe, les instruments et les styles se sont multipliés et diversifiés. Leur musique est à la fois triste et joyeuse, noire et humoristique, mélancolique et sauvage. Les très beaux textes sont souvent inspirés de la littérature, d’écrivains comme Jan Arends, Daniil Harms, Flannery O’Connor, Werner Schwab, ... et se répondent d’une chanson à l’autre (sachez que le groupe s’est récemment mis au français...). Les concerts sont d’ailleurs conçus comme des pièces très théâtrales et les albums comme des oeuvres à part entière (les pochettes, faites à la main par la troupe, en famille, sont magnifiques). Le spectacle qu’ils présenteront en avant-première au Nova fera découvrir les chansons de leur 7e album, "7", à paraître prochainement. http://www.dekift.nl
  • dim 22.10.2006
  • 18:00

    Film en 2 parties ! L’une à 18h et l’autre à 20h "Comment vous appelez-vous ? D’où venez-vous ? Pourquoi venez-vous aux États-Unis ? Quel âge avez-vous ? Combien d’argent avez-vous ? Où avez-vous eu cet argent ? Montrez-le-moi. Qui a payé votre traversée ? Avez-vous signé en Europe un contrat pour venir travailler ici ? Avez-vous des amis ici ? Avez-vous de la famille ici ? Quelqu’un peut-il se porter garant de vous ? Quel est votre métier ? Êtes-vous anarchiste ? Etc." De 1892 à 1924, près de seize millions d’émigrants en provenance d’Europe sont passés par Ellis Island, un îlot de quelques hectares où avait été aménagé un centre de transit, tout près de la Statue de la Liberté, à New York. Mais pourquoi donc vous intéresser à Ellis Island ? Rien dans votre histoire personnelle ne vous y rattache... Tout cela n’est qu’une question de hasard, il s’agit d’un lieu de mémoire potentiel. Comment percevoir ce qui s’est passé là au travers des traces qui en restent ? Comment tenter de représenter ce qui s’est passé là ? Qui sont tous ces gens qui reviennent visiter ce lieu où ils ont passé leurs premières journées d’immigrants ? Le commentaire de (...)
  • 20:00

    Film en 2 parties ! L’une à 18h et l’autre à 20h "Comment vous appelez-vous ? D’où venez-vous ? Pourquoi venez-vous aux États-Unis ? Quel âge avez-vous ? Combien d’argent avez-vous ? Où avez-vous eu cet argent ? Montrez-le-moi. Qui a payé votre traversée ? Avez-vous signé en Europe un contrat pour venir travailler ici ? Avez-vous des amis ici ? Avez-vous de la famille ici ? Quelqu’un peut-il se porter garant de vous ? Quel est votre métier ? Êtes-vous anarchiste ? Etc." De 1892 à 1924, près de seize millions d’émigrants en provenance d’Europe sont passés par Ellis Island, un îlot de quelques hectares où avait été aménagé un centre de transit, tout près de la Statue de la Liberté, à New York. Mais pourquoi donc vous intéresser à Ellis Island ? Rien dans votre histoire personnelle ne vous y rattache... Tout cela n’est qu’une question de hasard, il s’agit d’un lieu de mémoire potentiel. Comment percevoir ce qui s’est passé là au travers des traces qui en restent ? Comment tenter de représenter ce qui s’est passé là ? Qui sont tous ces gens qui reviennent visiter ce lieu où ils ont passé leurs premières journées d’immigrants ? Le commentaire de (...)
  • 22:00

    Georges Perec & Bernard Queysanne, 1974, FR-TU, 35mm, vo, 97'
    "Un homme qui dort" est l’adaptation cinématographique du roman du même nom de Georges Perec. Ce texte, hypnotique, tout entier rédigé à la seconde personne du singulier, énonce la tentative de retrait du monde d’un jeune étudiant parisien. "Ce n’est plus la fascination, mais le "refus" des choses, le refus du monde. (...) Ce n’est pas du tout l’impossibilité de communiquer ; ce n’est pas du tout métaphysique. C’est vraiment l’histoire de quelqu’un qui, un jour, a envie de dire : "Foutez-moi la paix ! Laissez-moi tranquille", qui ne passe pas un examen, et qui traîne pendant deux ans" (Extrait d’un entretien entre Georges Perec & Jean Duvignaud). Le film joue à merveille des scansions du texte qui tissent avec les bruits ambiants une bande-son complexe, décalée et enivrante. Entamé dans un quasi ennui, textes et images presque trouvées évoluent sous l’effet d’une rythmique toujours plus éffrénée, jusqu’au tourbillon. Une expérience de l’errance aussi radicale que peu spectaculaire et une adaptation cinématographique très maîtrisée.
  • jeu 26.10.2006
  • 20:00

    Reprise de l’Open Screen avec, on l’espère, plein de films étonnants. Le principe reste le même : envoyez vos films sur n’importe quel format (sauf digi béta), n’importe quel sujet (sauf des trucs chiants) le tout en dessous de quinze minutes (surtout si c’est chiant !). Pas de censure, tout est accepté à condition que le film soit envoyé une semaine au plus tard avant la séance, au 65 rue de l’Ecuyer, 1000 Bruxelles.
  • ven 27.10.2006
  • 20:00

    Leila Habchi & Benoît Prin, 1994, FR, video, vo, 52'
    Bakhta, Houria et Messaouda sont trois mères de familles algériennes venues en France au début des années soixante. Trente années ont passé, la majeure partie de leur vie s’est déroulée à Grande Synthe, une cité ouvrière du nord de la France. C’est là que leurs maris ont trouvé du travail, c’est là qu’elles ont accompli leur rôle de mère et de grand-mères d’enfants nés et éduqués en France. Loin du cliché de l’épouse soumise et ignorante, elles ont été les témoins d’une histoire de l’immigration au jour le jour. Ce film privilégie les situations de dialogues entre mères et filles ainsi que les réunions de femmes, autant d’occasions de pénétrer au coeur des débats familiaux et de dépasser les discours simplistes et globalisants sur l’intégration ou l’islam. En présence des réalisateurs
  • 22:00

    Près de 40 ans après la fin de la guerre d’Algérie, dans un jardin ouvrier du Nord de la France à Tourcoing, Français et Algériens cultivent leur bout de terre. Ces hommes ont été les appelés, les militants du F.L.N ou les "harkis" d’une guerre coloniale menée par la République française. Ce jardin est donc le lieu d’une mémoire multiple, où se retrouvent des hommes qui auraient pu se rencontrer à la guerre ou à l’usine. C’est la culture d’un potager, activité universelle s’il en est, qui les rassemble ici. Contemporains à distance d’une histoire commune, parfois indifférents, voire hostiles les uns aux autres pour des motifs culturels, sociaux ou politiques, ils travaillent côte à côte le même morceau de terrain.
  • 24:00

    Sidney Pink, 1961, DK, 16mm, vt ang , 83'
    Après avoir travaillé aux USA, Sidney Pink débarque à Copenhague en 1959 où il tournera "Reptilicus", la réponse danoise à Godzilla. Le succès populaire du film et "le courage dont Sid Pink fait preuve en osant montrer son film" lui valent l’admiration de petits producteurs, ce qui lui permettra de financer ses projets de films de sci-fi. Il convaincra même des superstars danoises d’y jouer les rôles principaux. Dans "Journey To The 7th Planet", il envoie une équipe d’explorateurs de l’ONU à la recherche de formes de vie sur Uranus. Mais comment recréer les paysages d’Uranus avec un budget limité ? Et si une entité mystérieuse lisait les fantasmes et les peurs de nos explorateurs et tentait de les amadouer en recréant, devant leurs yeux, leur Danemark familier... et les belles danoises qui vont avec ! Une bonne partie du film se passe ainsi... Dans un village de campagne typiquement danois ! Pour le reste des décors, le studio de tournage était tellement petit que les acteurs, qui se retrouvent toujours aux mêmes endroits, ne devaient surtout pas marcher trop vite pour ne pas sortir du décor ! Les producteurs, trouvant que le résultat manquait (...)
  • sam 28.10.2006
  • 18:00

    Kenedy partage le destin de nombreux membres de sa communauté. Romani du Kosovo, il pensait pouvoir refaire sa vie en Allemagne, mais est finalement expulsé vers Belgrade, sans espoir ni de pouvoir retrouver son lieu d’origine au Kosovo ni de pouvoir s’établir en Allemagne. Dans le Belgrade exsangue de l’après Milosevic et de l’embargo international, nous suivons Kenedy dans son quotidien fait de débrouilles et de petits boulots en tous genres. Nous le suivons ainsi sur la route de l’aéroport où il propose ses services de taximan... Il y rencontre d’autres Romani expulsés d’Allemagne, complètement déboussolés, atterrissant dans une ville qui leur est inconnue. Kenedy les aide à y faire leurs premiers pas, leur prête une oreille attentive, tout en n’oubliant pas de se faire payer la course ! Il s’agit d’un document lumineux et rare qui nous confronte à l’expérience du retour forcé. Ce film est suivi d’une postface de 26’, Kenedy Lost & found.
  • 20:00

    Tristan Wibault, 2006, BE, video, vo st fr, 51'
    16 Iraniens demandeurs d’asile entament une grève de la faim le 30 décembre 2003 dans la sacristie de l’église des Minimes, à Bruxelles. La camera enregistre des paroles individuelles, ce qu’ils ne veulent plus vivre, ce qui les pousse à poser ce geste ultime, le temps qui passe et la vie qui s’échappe. Tout est filmé entre le 9ème et le 10ème jour de la grève, tant qu’il y a encore assez d’énergie pour témoigner. Une grève de la faim n’a de raison d’être que si elle est publique. Dans cette mise en spectacle qui nous est offerte, les cris du public sont attendus avec impatience. Alors que captivés par les récits d’Iran, nous pourrions ne plus percevoir que les narrateurs de leur propre histoire déclinent devant nous, des extraits de la parabole de Franz Kafka, Ein HungerKünstler (Un artiste de la faim), tout en opérant un détour, renvoient à l’essentiel de ce que nous donne à voir les images. Un inconcevable qui veut que nous le regardions, un huis clos présent. (aussi le 12.11 > 20:00)
    + Asyl
    Ina Volmer, 1995, CH, video, vo st fr, 15'
  • 22:00

    Comedia Mundi, c’est une contrebasse, deux accordéons, deux guitares, un violon, une flûte, quelques percussions, des voix "leads" et une chorale. Et puisque ces instruments et cordes vocales ne peuvent jouer seuls, il y a des musiciennes et musiciens, chanteuses et chanteurs. D’abord, c’est la "musique tzigane", de toute l’Europe de l’est, Hongrie, Roumanie, les Balkans, Russie, etc. Mais la distinction entre "musique traditionnelle" et "musique tzigane" est difficile, dans des pays, où ce sont souvent les Roms qui jouent la musique dite folklorique. La musique tzigane n’existe pas en soi comme un genre défini, mais a été, au cours des voyages, transformée par toutes les influences rencontrées. Une danseuse bulgare, à qui nous avions demandé la différence entre les danses des Bulgares et des Roms dans son pays, nous a répondu : "C’est exactement la même chose, avec, chez les Roms, quelques vibrations en plus". C’est aussi pourquoi dans le répertoire inépuisable de chants et de musiques tziganes du groupe, on découvre aussi des chansons françaises, allemandes, parfois anglo-saxonnes et des sonorités de l’Europe du sud, de l’Amérique latine. Le tout, (...)
  • dim 29.10.2006
  • 18:00

    Jonas Mekas, 1976, US, 16mm, vo st fr, 180'
    "La période que je décris à travers ces six bobines de film fut une période de désespoir, de tentatives pour planter désespérément des racines dans cette terre nouvelle, pour créer des souvenirs. À travers ces six douloureuses bobines, j’ai essayé de décrire les sentiments d’un exilé, mes sentiments pendant ces années-là. Elles portent le nom de Lost, Lost, Lost, titre que nous voulions donner, mon frère et moi, à un film que nous voulions faire en 1949 et qui aurait suggéré notre état d’âme en ces temps-là. Le film décrit l’état d’esprit d’une "personne déplacée" qui n’a pas encore oublié son pays natal mais qui n’en a pas encore "gagné" un nouveau. La sixième bobine est une transition, elle montre comment nous commençons à respirer, à trouver quelques moments de bonheur. Une nouvelle vie commence..." - Jonas Mekas, 31 mars 1976Jonas Mekas est né en Lituanie en 1922, au sein d’une famille d’agriculteurs. En 1944, son frère Adolfas et lui sont contraints de fuir leur pays envahi par l’Union Soviétique. C’est ainsi que va démarrer la "deuxième vie" de Jonas Mekas, celle de l’exilé involontaire dont le cinéma va devenir la patrie.
  • 22:00

    Jonas Mekas, 1976, US, 16mm, vo st fr, 180'
    "La période que je décris à travers ces six bobines de film fut une période de désespoir, de tentatives pour planter désespérément des racines dans cette terre nouvelle, pour créer des souvenirs. À travers ces six douloureuses bobines, j’ai essayé de décrire les sentiments d’un exilé, mes sentiments pendant ces années-là. Elles portent le nom de Lost, Lost, Lost, titre que nous voulions donner, mon frère et moi, à un film que nous voulions faire en 1949 et qui aurait suggéré notre état d’âme en ces temps-là. Le film décrit l’état d’esprit d’une "personne déplacée" qui n’a pas encore oublié son pays natal mais qui n’en a pas encore "gagné" un nouveau. La sixième bobine est une transition, elle montre comment nous commençons à respirer, à trouver quelques moments de bonheur. Une nouvelle vie commence..." - Jonas Mekas, 31 mars 1976Jonas Mekas est né en Lituanie en 1922, au sein d’une famille d’agriculteurs. En 1944, son frère Adolfas et lui sont contraints de fuir leur pays envahi par l’Union Soviétique. C’est ainsi que va démarrer la "deuxième vie" de Jonas Mekas, celle de l’exilé involontaire dont le cinéma va devenir la patrie.
  • 22:00

    Michale Boganim, 2004, FR-IL, 35mn, vo st ang, 102'
    Ville que l’on veut fuir, ville que l’on veut retrouver, ville que l’on rêve, Odessa, ville historique d’Ukraine au bord de la mer Noire, elle obsède ses habitants ou ceux qui l’ont quittée. Michale Boganim transmet, dans un défilement permanent de l’image, comme un effleurement de la réalité, une cité qui au fil de son évocation devient un personnage à part entière. Racontée, chantée par ceux qui la connaissent, ou l’ont connue, elle s’identifie à un fantasme, une fiction. Par la beauté de son travail, le film de Michale Boganim devient poème, et ses protagonistes, dans une complicité évidente, participent à cet enchantement du récit. Dispersés aux quatre coins du monde, d’Odessa, de Brighton Beach (New York), d’Israël, ils en parlent comme d’un lieu mythique, idéalisé, comme un paradis perdu. A la fois Juifs, mais devenus Russes, dans cette distance radicale de ceux qui ont vécu dans un monde différent, Odessa est ce qui les rattache à la splendeur rêvée d’un univers à jamais disparu, les souvenirs complexes et ambivalents de la Mitteleuropa et d’une utopie soviétique englouties.
  • jeu 02.11.2006
  • 20:00

    Abderrahmane Sissako, 2002, MR-FR, 35mm, vo st fr & nl, 95'
    "En attendant le bonheur" offre un regard intensément poétique et généreux. Nouadhibou, ville de transit aux confins de la Mauritanie, derrière la mer, où l’on aperçoit les bateaux en partance vers l’Europe, et en face du désert. En attendant un hypothétique départ on finit par y rester, déjà ailleurs, mais toujours loin de la destination. Tout le désir de fuite des voyageurs qui y convergent se trouve condensé dans le personnage de Abdallah, un jeune Malien de 17 ans. Il ignore la langue locale et reste réservé et solitaire malgré les efforts infructueux de sa mère, tout absorbé qu’il est par l’horizon de l’attente et du départ. Entre temps, il observe la vie qui se déroule autour de lui, faite de passation et d’apprentissage, entre souvenir et espoir.
  • 22:00

    Arnaud des Pallières, 2003, FR, 35mm, vo, 125'
    Menacé en Algérie, Ismaël émigre en France, le temps que ceux qu’il fuit l’oublient. Il raconte son parcours clandestin sous la forme d’un conte biblique, l’histoire de Jonas dans la baleine. Ailleurs en France, un vieil agriculteur perd son plus jeune fils. Ses trois enfants l’aident à traverser l’épreuve des funérailles, mais le vieux père sombre dans une sorte d’indifférence mélancolique, perdant peu à peu jusqu’à la force de vivre.Ces deux histoires ne se rencontrent pas. "Arnaud des Pallières ne donne aucune leçon, n’assène aucune solution binaire : il nous propose de participer d’un mystère. Et si toutes les réponses sont absentes, la question du film est posée dans son affolante beauté, renouant ainsi avec la fonction première du cinéma : inviter le spectateur à saisir, le temps d’un film, la beauté complexe d’une époque (la nôtre en l’occurrence), à en ressentir l’émotion parfaitement inouïe" (Vincent Dieutre).
  • ven 03.11.2006
  • 20:00

    Ousmane Sembène, 1966, SN, 35mn, vo fr , 61'
    "La Noire de..." est un film implacable. Le cinéaste sénégalais adapte pour son premier long métrage le récit d’une de ses nouvelles. Une jeune sénégalaise, Diouna, rejoint en France un couple de coopérants. Elle imaginait qu’elle s’occuperait des enfants, découvrirait la France, s’épanouirait... Elle ne sera que la bonne à tout faire de Madame. Face à la condescendance du Blanc et sa position de pouvoir, la situation dégénère rapidement et bientôt, il ne reste à "la Noire de...", isolée des siens, que les postures du refus et du mutisme. Après les indépendances, ce film dénonce la persistence des rapports de dominations. "La Noire de...", devenu un grand classique du cinéma africain, trace une voie que le cinéaste suivra tout au long de son oeuvre, un art populaire et exigeant, un art de la parole donnant matière à dialoguer. " Je ne sais pas pourquoi je filme mais tout un peuple m’habite et je dois témoigner de mon temps. " Sembene Ousmane + *Désolés, Madame, nous arrivons juste du Mali Boubacar Diallo, Fr-ML, video, vo, 13’* Mon rapport avec la société occidentale m’inspire beaucoup dans mon travail : la confrontation des deux cultures. Cette (...)
  • 22:00

    Show-Chun Lee, 2004, FR, video, vo st fr, 48'
    "Ma vie est mon vidéo-clip préféré" est un portrait sensible qui retrace l’arrivée clandestine d’une jeune fille chinoise à Paris. Doucement, et avec une dignité impressionnante, elle évoque l’amitié et l’exploitation qui règnent dans le milieu de l’immigration chinoise, l’arrivée de sa soeur, les inquiétudes de ses parents restés "là-bas" et la monotonie accablante de son travail soumis à des conditions honteuses et impitoyables dans un atelier de textile. Les immigrés chinois qui "réussissent" dans leur vie ont l’habitude de faire des clips vidéo lors des grandes fêtes, mariages, naissances etc. Puis ces clips, où miroite une vie luxueuse à outrance, sont envoyés en Chine. Show Chun Lee nous montre un exemple d’une vie humaine parmi des milliers qui ne correspondent d’aucune façon à la réalité mensongère des vidéo-clips. A travers un film qui évite toute sensiblerie et tout misérabilisme, et dont la dernière image dénonce la société de consommation avec une puissance rare.
    + La femme seule
    Brahim Fritah, 2005, FR, video, vo, 23'
  • 24:00

    Robert Gaffney, 1965, US, 16mm, vo, 78'
    En route pour Mars dans une navette de la NASA, Frank, un astronaute androïde, se fait tirer dessus par des martiens qui vont dans le sens inverse... vers la Terre. Il s’écrase à Puerto Rico, survit, mais ses circuits sont déréglés et il est défiguré... d’où le nom de FRANKenstein ! Petit à petit, l’infâme plan des "rouges" deviendra clair : Une guerre atomique ayant sérieusement réduit la capacité de reproduction de la population martienne, leur armée vient chercher des femmes terriennes pour repeupler Mars. Et pas n’importe lesquelles, ils iront les chercher sur les plages et dans les soirées bikini les plus chaudes de Californie... Avec une histoire pareille mêlant monstres improbables, perverts de l’espace et filles sexy, servie par des effets plus cheap que jamais (les sèche-cheveux pistolets laser !), une bande son swing 60’s et des acteurs oubliant de jouer, le film ne peut être qu’à hurler de rire. Une bonne partie du film est en plus composée d’images d’archive de la NASA et de l’armée, pour ajouter un peu de "crédibilité" ! Le film était un must des drive-in des années 60 et reste une curiosité inégalée. Après avoir fait ce film, le (...)
  • sam 04.11.2006
  • 15:00

    A la recherche de traces, entre lieux et lieux, inévitable voyage-initiation à soi et à l’autre. Mouvements des hommes entre marges et frontières, singularité, étrangeté et remous. Lancinant entre deux souffles ou deux images c’est alors que les mots quittent leurs langues, les images ne prennent pas la forme de l’image. Témoignage qui se fait et se défait dans l’exiguïté du langage et la précarité de la transmission ! Nous quitterons un exil pour un autre, ou d’autres, dans une recontre-tentative comme un risque comme un lien indéfini comme espace précaire comme visage, corps, nom, comme parole dérobée à l’abîme. Rencontre entre passeurs et tisseurs de territoires ou simplement rencontres-partages avec des auteurs et cinéastes qui habitent, tracent et prolongent par leurs oeuvres cet espace tumultueux qu’est l’exil.
  • 18:00

    Alithe Thysen, 2003-2006, NL, video, vo fr , 19' + 8' + 13' + 14'
    "Rue Ponty a été réalisé pour montrer le rejet que les vendeurs de rue de la rue Ponty suscitaient chez mes compagnons de voyage néerlandais. Je voulais leur donner un visage et une voix. Rue Ponty a été pour moi le point de départ d’une série de vidéos sur les migrants-vendeurs de rue sénégalais en Europe. Comment ces nouveaux arrivants peuplent l’espace public. Il est question d’une continuité de pratiques commerciales dans un autre environnement. Sidi M’Baye est le personnage principal de Plaza Duomo. Les circonstances économiques l’ont forcé à quitter le Maroc à la suite du 11 septembre. Il s’y était bâti une existence comme Masaï, esclave, et comme il l’exprime lui-même, de Noir dans des films hollywoodiens américains. Il y a aussi d’autres immigrants qui peuplent la Plaza Duomo à Milan, des Chinois, des Européens de l’Est. A Rotterdam, dans mon lieu favori, j’ai suivi un groupe de vendeurs de rue sénégalais pendant le festival d’été. La combinaison de la politique répressive des autorités néerlandaises et de l’esprit commercial hollando-sénégalais est ici mis en image. Qu’est-ce que l’exotisme ? La parenté couramment supposée en Hollande (...)
  • 20:00

    CaNaFou, 2004, BE, video, vo st fr, 50'
    Le documentaire "Rue du Nord" a été réalisé à l’occasion des 40 ans de l’immigration marocaine en Belgique. C’est l’histoire de personnes qui ont quitté leur pays pour venir travailler en Belgique suite à l’appel du gouvernement belge de l’époque. Chaque personne a son parcours de vie. Elles ont un point commun, travailler en Europe. Comment cela s’est-il passé ? Quelles ont été les aventures rencontrées par ces personnes ? Tout cela avec le regard croisé d’un prêtre ouvrier et d’un syndicaliste. Le documentaire offre un flux de témoignages très riche d’hommes et femmes qui racontent leurs parcours et leurs expertises de l’exils qu’ils vivent. Ces personnes donnent aussi des réponses subjectives aux problèmes spécifiques aux exilés (l’accueil, l’identité, le retour, etc ...). Ce documentaire a été réalisé par des non-professionnels. Avec l’idée de s’en servir comme support pédagogique pour des animations dans des écoles, auprès d’élèves qui ont entre 15 et 17 ans. Et de poser la question de la transmission de cette histoire.
    + Octobre
    Abderrahmane Sissako, 1993, MR-RU, 35mm, vo st fr, 38'
  • 22:00

    Maison de Jeunes Le 88, 2002, BE, video, vo, 35'
    Un groupe de jeunes Maroxellois de la maison de jeunes du quartier des Marolles part à Alméria, en Andalousie, à la rencontre des travailleurs agricoles immigrés clandestins. Nous les voyons découvrir les conditions de travail épouvantables dans lesquelles ces hommes sont maintenus, et avec eux, au fil des rencontres, nous décortiquons un système d’exploitation aussi simple qu’efficace : venus en Europe au péril de leur vie, ces hommes sans-papiers, sont taillables et corvéables à merci. + *Désolés, Madame, nous arrivons juste du Mali Boubacar Diallo, Fr-ML,, video, vo/ov, 13’* Mon rapport avec la société occidentale m’inspire beaucoup dans mon travail : la confrontation des deux cultures. Cette vidéo intitulée " Désolés, Madame nous arrivons juste du Mali ", est l’illustration d’un texte que j’ai commencé à écrire depuis ma venue en France. C’est comme un journal intime dans lequel j’écris les dialogues que j’ai entendus dans le bus, dans des familles, dans le lieu où j’étais hébergé, à l’Ecole des Beaux-Arts... Ce texte, d’abord écrit et édité, a été mis en image de manière à le partager avec le spectateur. Le rapport texte/image illustre la (...)
    + D’une place à l’ATre
    Maison de Jeunes Le 88 & CVB, 2005, BE, video, vo, 24'
  • dim 05.11.2006
  • 18:00

    Appel est lancé aux auteur(e)s afin qu’elles/ils nous fassent parvenir sur CD/CDR/K7 ou MD un enregistrement s’inscrivant dans la création sonore. Ears Open propose régulièrement des écoutes collectives, dans la pénombre, de créations plongeant l’auditrice/eur dans le réel, l’imaginaire, le poétique, le politique... Les enregistrements auront une durée maximale de 10 min et devront nous parvenir pour le 28 octobre au plus tard avec vos coordoonnées au bureau du Nova (c/o Ears Open 65, Rue de l’Ecuyer - 1000 Bruxelles).
  • jeu 09.11.2006
  • 20:00

    Michale Boganim, 2004, FR-IL, 35mn, vo st ang, 102'
    Ville que l’on veut fuir, ville que l’on veut retrouver, ville que l’on rêve, Odessa, ville historique d’Ukraine au bord de la mer Noire, elle obsède ses habitants ou ceux qui l’ont quittée. Michale Boganim transmet, dans un défilement permanent de l’image, comme un effleurement de la réalité, une cité qui au fil de son évocation devient un personnage à part entière. Racontée, chantée par ceux qui la connaissent, ou l’ont connue, elle s’identifie à un fantasme, une fiction. Par la beauté de son travail, le film de Michale Boganim devient poème, et ses protagonistes, dans une complicité évidente, participent à cet enchantement du récit. Dispersés aux quatre coins du monde, d’Odessa, de Brighton Beach (New York), d’Israël, ils en parlent comme d’un lieu mythique, idéalisé, comme un paradis perdu. A la fois Juifs, mais devenus Russes, dans cette distance radicale de ceux qui ont vécu dans un monde différent, Odessa est ce qui les rattache à la splendeur rêvée d’un univers à jamais disparu, les souvenirs complexes et ambivalents de la Mitteleuropa et d’une utopie soviétique englouties.
  • 22:00

    Ascan Breuer, Ursula Hansbauer & Wolfgang Konrad, 2005, DE, video, vo st ang, 50'
    Ce documentaire parle d’une forêt profonde située au milieu de l’Europe, au-delà de toute urbanité et civilisation. Elle abrite une communauté de bannis - un monde d’échoués. Un contrôle aussi total que subtil s’applique à ne pas les laisser émerger dans notre réalité. Dans "Forst", les bannis proclament leur vérité et racontent l’histoire de leur émancipation. Ils se rendent compte, peu à peu, de leur identité de réfugiés et ils se mettent à forger le plan de leur libération. Ce film est réalisé en collaboration avec The Voice, un collectif militant rassemblant des demandeurs d’asile en Allemagne. En se perdant au milieu de bois, il pointe le principe d’exclusion qui fonde la politique d’asile allemande en assignant à résidence les candidats dans des endroits reculés. Avec ses images sombres en noir et blanc, sa musique angoissante, les voix nous font pénétrer dans l’univers d’un film d’épouvante... Cette angoisse est celle de personnes qui demandent l’asile.
    + Rien ne vAT que la vie, mais la vie même ne vAT rien - Bricoler la vie au quotidien
    Moïse Mabouna & Brigitta Kuster, 2002, DE, video, vo fr , 15'
  • ven 10.11.2006
  • 20:00

    Arnaud des Pallières, 2003, FR, 35mm, vo, 125'
    Menacé en Algérie, Ismaël émigre en France, le temps que ceux qu’il fuit l’oublient. Il raconte son parcours clandestin sous la forme d’un conte biblique, l’histoire de Jonas dans la baleine. Ailleurs en France, un vieil agriculteur perd son plus jeune fils. Ses trois enfants l’aident à traverser l’épreuve des funérailles, mais le vieux père sombre dans une sorte d’indifférence mélancolique, perdant peu à peu jusqu’à la force de vivre.Ces deux histoires ne se rencontrent pas. "Arnaud des Pallières ne donne aucune leçon, n’assène aucune solution binaire : il nous propose de participer d’un mystère. Et si toutes les réponses sont absentes, la question du film est posée dans son affolante beauté, renouant ainsi avec la fonction première du cinéma : inviter le spectateur à saisir, le temps d’un film, la beauté complexe d’une époque (la nôtre en l’occurrence), à en ressentir l’émotion parfaitement inouïe" (Vincent Dieutre).
  • 22:00

    En bordure de ville
    Aysum Bademsoy, 2006, DE, video, vo st ang, 83'
    A travers ce documentaire, nous allons à la rencontre de familles turques vivant en Turquie, mais avec cette particularité, ces familles s’inscrivent dans un retour au pays natal. Après de nombreuses années d’émigration en Allemagne, elles achètent des appartements dans de luxueux complexes immobiliers standardisés offrant tout le confort moderne de la société des services... Dans cette cité de rêve, Li Paris II, ils nous parlent de leur vie d’avant, de leurs impressions nouvelles sur la société turque qu’ils redécouvrent. Ce petit quelque chose qui fait qu’ils ne se sentent pas tout-à-fait chez eux, la marque indélébile que leur vie en Allemagne a finalement laissée en eux. Une vision paradoxale et désenchantée sur l’idéal du retour. La réalisatrice vit en Allemagne et fait partie de cette nouvelle génération qui interroge l’histoire des larges communautés immigrées arrivées en Europe après-guerre. aussi le 11.11 à 22:00
    + Grenze
    Christiane Schmidt & Didier Guillain, 2005, DE, video, sans dial, 10'
  • 24:00

    Robert Gaffney, 1965, US, 16mm, vo, 78'
    En route pour Mars dans une navette de la NASA, Frank, un astronaute androïde, se fait tirer dessus par des martiens qui vont dans le sens inverse... vers la Terre. Il s’écrase à Puerto Rico, survit, mais ses circuits sont déréglés et il est défiguré... d’où le nom de FRANKenstein ! Petit à petit, l’infâme plan des "rouges" deviendra clair : Une guerre atomique ayant sérieusement réduit la capacité de reproduction de la population martienne, leur armée vient chercher des femmes terriennes pour repeupler Mars. Et pas n’importe lesquelles, ils iront les chercher sur les plages et dans les soirées bikini les plus chaudes de Californie... Avec une histoire pareille mêlant monstres improbables, perverts de l’espace et filles sexy, servie par des effets plus cheap que jamais (les sèche-cheveux pistolets laser !), une bande son swing 60’s et des acteurs oubliant de jouer, le film ne peut être qu’à hurler de rire. Une bonne partie du film est en plus composée d’images d’archive de la NASA et de l’armée, pour ajouter un peu de "crédibilité" ! Le film était un must des drive-in des années 60 et reste une curiosité inégalée. Après avoir fait ce film, le (...)
  • sam 11.11.2006
  • 18:00

    Show-Chun Lee, 2004, FR, video, vo st fr, 48'
    "Ma vie est mon vidéo-clip préféré" est un portrait sensible qui retrace l’arrivée clandestine d’une jeune fille chinoise à Paris. Doucement, et avec une dignité impressionnante, elle évoque l’amitié et l’exploitation qui règnent dans le milieu de l’immigration chinoise, l’arrivée de sa soeur, les inquiétudes de ses parents restés "là-bas" et la monotonie accablante de son travail soumis à des conditions honteuses et impitoyables dans un atelier de textile. Les immigrés chinois qui "réussissent" dans leur vie ont l’habitude de faire des clips vidéo lors des grandes fêtes, mariages, naissances etc. Puis ces clips, où miroite une vie luxueuse à outrance, sont envoyés en Chine. Show Chun Lee nous montre un exemple d’une vie humaine parmi des milliers qui ne correspondent d’aucune façon à la réalité mensongère des vidéo-clips. A travers un film qui évite toute sensiblerie et tout misérabilisme, et dont la dernière image dénonce la société de consommation avec une puissance rare.
    + La femme seule
    Brahim Fritah, 2005, FR, video, vo, 23'
  • 20:00

    Samy Szlingerbaum, 1979, BE, 35mm, vo yi st fr, 85'
    "Les parents de Samy Szlingerbaum sont venus de Pologne en 1947 avec un visa de transit valable huit jours pour le Costa Rica. Plus qu’un "récit autobiographique", Bruxelles-Transit se veut itinéraire émotionnel. Samy l’a conçu comme un chant de route, comme une confidence arrachée à sa mère qui racone en yiddish l’histoire de son voyage, de son arrivée et son installation à Bruxelles, de ses déménagements successifs, du travail clandestin, de la recherche des papiers. Le film ne comporte aucune archive d’époque ni véritable reconstitution. Son originalité et son authenticité résident dans l’illustration de ce récit en forme de mélopée par quelques scènes de fiction minimale, jouées presque au premier degré. Les "héros" ressemblent davantage à des silhouettes, qui ne parlent pas ou presque (...), dans des confrontations qui sont à chaque fois comme de courtes paraboles évoquant les films muets, ceux de Chaplin en particulier. (...) On entre dans ce film et surtout par la voix (off) qui remplit et entraîne les images, comme dans un rêve éveillé. La pudeur, la chaleur et la simplicité évidente du film, de son écriture, de son propos, ne font jamais (...)
  • 22:00

    Leïla Kilani, 2002, FR, video, vo st fr, 53'
    Ville-fenêtre du détroit de Gibraltar, Tanger a une identité ouverte. La frontière, à Tanger, est une présence, on la voit, elle apparaît par rebond, on la sent partout : c’est l’eau. En face, il y a une ligne continue : l’Espagne, la dernière avancée naturelle de l’Europe. Les candidats au départ clandestin, Marocains, Maliens, Sénégalais, Mauritaniens et autres Africains affluent massivement et sans discontinuité à Tanger. On les appelle en dialecte marocain les "herraguas", les "brûleurs". Le brûleur est celui qui est prêt à tout accepter pour partir, celui qui est prêt à brûler ses papiers, son identité, pour faire de ce départ une entreprise irréversible. Au-delà de la description globale d’un mouvement de masse, ce film suit l’aventure de quelques brûleurs. Lorsque le film était encore à l’état de projet, la réalisatrice exprimait ainsi ce qu’elle voulait nous montrer au-delà du refoulement : "Je disais vouloir trouver une traduction esthétique et formelle de l’obsession et de l’attente. Je voulais filmer à la fois l’enlisement et le fantasme. Je voulais une traduction cinématographique de la part onirique qui me paraissait toujours éludée. (...)
    + Border
    Laura Waddington, 2004, GB, video, vo st fr, 30'
  • dim 12.11.2006
  • 18:00

    Ascan Breuer, Ursula Hansbauer & Wolfgang Konrad, 2005, DE, video, vo st ang, 50'
    Ce documentaire parle d’une forêt profonde située au milieu de l’Europe, au-delà de toute urbanité et civilisation. Elle abrite une communauté de bannis - un monde d’échoués. Un contrôle aussi total que subtil s’applique à ne pas les laisser émerger dans notre réalité. Dans "Forst", les bannis proclament leur vérité et racontent l’histoire de leur émancipation. Ils se rendent compte, peu à peu, de leur identité de réfugiés et ils se mettent à forger le plan de leur libération. Ce film est réalisé en collaboration avec The Voice, un collectif militant rassemblant des demandeurs d’asile en Allemagne. En se perdant au milieu de bois, il pointe le principe d’exclusion qui fonde la politique d’asile allemande en assignant à résidence les candidats dans des endroits reculés. Avec ses images sombres en noir et blanc, sa musique angoissante, les voix nous font pénétrer dans l’univers d’un film d’épouvante... Cette angoisse est celle de personnes qui demandent l’asile.
    + Rien ne vAT que la vie, mais la vie même ne vAT rien - Bricoler la vie au quotidien
    Moïse Mabouna & Brigitta Kuster, 2002, DE, video, vo fr , 15'
  • 20:00

    Eyal Sivan, 1987, FR-IL, 16mm, vo st fr, 81'
    Aqabat-Jaber est l’un des soixante camps de réfugiés palestiniens construits par l’ONU au début des années 1950 au Moyen-Orient. Situé à trois kilomètres au sud de Jéricho, c’était alors le plus grand camp du Moyen-Orient. La plupart de ses 65.000 habitants venaient de villages du centre de la Palestine détruits en 1948. La guerre de 1967 poussa 95% de cette population à fuir vers l’autre rive du Jourdain. Les traces de la guerre et les effets d’érosion du désert accentuent le contraste entre les refuges abandonnés et les cabanes encore habitées. Aqabat-Jaber devient une ville fantôme. Tourné en 1987, quelques mois avant l’Intifada, ce film raconte l’histoire d’une génération déshéritée, élevée dans la nostalgie d’endroits qu’elle n’a jamais connus et qui n’existent plus. L’histoire d’une solution temporaire devenue mode de vie permanent. Un film sur la mémoire et la parole nostalgique, un témoignage sur le vécu de l’absence.
    + Aqabat-Jaber, paix sans retour ?
    Eyal Sivan, 1995, FR-IL, 16mm, vo st fr, 61'
  • 20:00

    Rihty Panh, 1989, FR, video, vo st fr, 90'
    Ce premier long métrage de Rithy Panh, a été réalisé aux abords de la frontière cambodgienne du côté thaïlandais. Le réalisateur revient sur le camp de réfugiés "Site 2" dans lequel 180.000 Cambodgiens survivaient et où il a lui-même séjourné quelques semaines après la fin chaotique du régime des Khmers rouges. Après son arrivée en France, dix ans ont été nécessaires pour se reconstruire, pour retrouver sa langue maternelle qu’il ne voulait plus parler après avoir voulu être "le plus loin possible de son passé". En faisant corps de manière sobre délicate avec l’expérience de Yim Om, survivante du génocide rencontrée dans les dédales du camp, Rithy Panh fait apparaître les conditions de vie qui sont celles de bon nombre des réfugiés de la planète, existences déracinées et en attente, administrées par les institutions humanitaires. Le film esquisse surtout les exigences qui seront celles du réalisateur le long de son parcours cinématographique d’exilé : "Remonter la piste qui mène au coeur de la même question qui a bouleversé mon existence et surtout celle de mon pays : pourquoi ?" + Asyl (voir plus haut)